mercredi 25 novembre 2009

Un splendide anachronisme



J+M
Pietro di Cristoforo Vannucci (Il Perugino)

La Vierge et l'enfant Jésus avec Sainte Catherine d'Alexandrie et Saint Jean Baptiste

Date : vers 1500
Taille : 63 cm x 81 cm
Achat par Louis XVIII (1821)


Cliquer sur l'image pour la voir plus grande.


Aujourd’hui 25 novembre c’est la fête de sainte Catherine d’Alexandrie, noble vierge qui préféra la martyre à la profanation.
En l’honneur de l’illustre égyptienne je vous propose de regarder un tableau du Pérugin exposé au Louvre qui la représente en compagnie de Saint Jean Baptiste et de la Vierge avec l’Enfant Jésus.
Faisons-le poussés par un souci cathartique au sens noble, celui qui permet de trouver du repos dans la contemplation des œuvres d’art face aux agressions de la laideur, de la vulgarité et de la pornographie qui tapissent joyeusement le monde. Voilà qui restitue le sens premier des représentations religieuses, qui est bien de favoriser le recueillement. Ainsi le regard devient porteur de prière et autorise le bel élan de la “prière hypostatique”, quête d’éternité qui cherche et, par grâce, finit par trouver, au plus intime de nos âmes, la plénitude de l’humanité telle qu’elle fut voulue par Dieu.

La composition de ce tableau donne un relief particulier- et c’est justice- à l’Enfant divin, complètement nu à la différence des adultes qui sont richement parés d’atours. Cette nudité est toute biblique, elle exprime le dépouillement de celui qui s’est appauvri de sa divinité pour nous en enrichir.
Elle illustre l’ineffable mystère de l’Incarnation et rive leur clou aux nestoriens qui traîneraient encore au fond des âmes et s’aventureraient à nier la double nature de Jésus-Christ, vrai Dieu vrai homme.
L’enfant est nu, il bénit. Complètement vulnérable, jusqu'à à en périr sur la Croix, Jésus se présente d’emblée dans cette huile comme innocent et magnanime, même si un détail nous interroge : pourquoi ne regarde-il pas dans notre direction ? Nous y reviendrons, car il est patent que cette énigme a une visée pédagogique.
Au deuxième plan, une deuxième énigme se présente, autour d’un splendide anachronisme ; Jean Baptiste, même s’il est son Précurseur est le contemporain de Jésus. Sa mère Ste Elisabeth l'attendait tandis que Marie attendait Jésus.
Or il y a ici une différence d’âge délibérée qui ne peut pas passer inaperçue et dont le but est bien évidement de faire réfléchir aux choses saintes.
Faisons le pari que le Pérugin a donné des pistes de réponse dans son œuvre même et continuons notre découverte priante de cette toile dont 5 siècles nous séparent mais qui est toujours habitée par un souffle extraordinaire. Souffle qui très certainement est redevable du traitement de la lumière qui semble émaner des personnages. Il n’y a pas de doute possible, tant les atours que l’éclairage nous situent dans une perspective céleste, nous sommes face à des habitants des Cieux et non dans la représentation d’une scène terrestre.
Pour ce qui est de la composition Marie est au centre, vêtue de velours vert et de pourpre filigranée d’or qui la désigne comme une reine. Auréolée comme le sont les 4 personnages de cette scène elle présente son Enfant à la vénération.
Derrière elle, au second plan, les deux saints montrent tous les signes extérieurs de la dévotion. Ils expriment une sérénité et une paix qui est dans la perception chrétienne le privilège de ceux qui sont au Ciel. Sainte Catherine, martyre, porte la palme qui lui revient et qui exprime la gloire de son sacrifice. Cette palme est de proportions modestes, à peine plus grande qu’une plume. Ses atours aussi sont modestes, même si l’étoffe en est riche, et le velours noir qui l’habille, s’il met en valeur la beauté de sa chevelure du même blond que celle de la Vierge Marie, n’est pas de la teinte que l’on s’attend à voir en ces contrées. Cette surprise rejoint celle que l’on éprouve en découvrant que l’artiste italien a représenté Sainte Catherine et Marie avec un visage si semblable qu’il est permis de se demander qui est qui, car seuls leurs vêtements permettent de distinguer les deux héroïnes.
Le message qui transparaît dans cette lumière traitée subtilement semblant sourdre des personnages plus que les nimber s’inscrit doucement dans le cœur de celui qui observe le tableau. Il est confirmé par l’expression d’une parenté de plus en plus frappante : Jean Baptiste son parent et sainte Catherine ressemblent à Marie et donc à Jésus qui lui doit ses traits.
C’est ainsi toute une réflexion sur la sainteté qui nous est présentée, et que valide la représentation du Précurseur, lui aussi de pourpre revêtu, en hommage à son martyre et sans doute aussi parcequ’il est considéré comme le plus grand du royaume de cieux, et comme le nouvel Elie (Mat 11, 7-14).


Le regard et les manières de ces habitants des cieux montrent qu’ils sont configurés paisiblement au Christ, Prince de la Paix, qu’ils lui sont devenus si proches qu’ils sont ses semblables, ce qui actualise de saisissante façon l’exclamation du Seigneur que rapporte Luc « qui sont mes frères ; qui est ma mère ? Ce sont ceux qui écoutent ma parole et la mettent en pratique ».

Dans cette perspective, il est clair que ce tableau aux ambitions immenses, quasi théophaniques (Dieu s’y manifeste) veut dire Dieu aux hommes et leur rappeler la noblesse de leur vocation à être saints comme Il est saint. Et pourtant cette sainteté bien entendu se présente tant pour le peintre du début du XVIème siècle que par l’homme du XXI ème comme un horizon hors de portée et d’atteinte.
Il faut donc un puissant encouragement pour en prendre le chemin. Cette décision ne peut se faire qu’avec l’aide de Dieu, signifiée ici par la bénédiction que donne l’Efant, comme immédiate et sans réserves, puisque donnée par une personne peinte de si gracieuse façon qu’elle ne saurait inspirer de crainte.
Et si le pécheur d’aventure craignait d´être mis en présence d’un juge par trop rigoureux, le souvenir de ce tableau lui montrerait que son Dieu ne regarde pas dans la direction de son péché mais dans celle où Il l’attend et qu’il le revêt par avance de riches vêtements pour assister aux noces l’agneau en arrivant au Ciel. C’est lui qui a conquis notre rachat, le peintre le sait. Le génial anachronisme qui fait du Baptiste, contemporain absolu de Jésus un adulte contemplant un enfantelet, (un enfançon comme on disait jadis et comme on dit encore dans les cantiques de Noël) nous montre comment nous avons à considérer nous même Jésus pour recevoir sa bénédiction, laquelle nous mettra en route vers les choses d’En Haut.
C’est le message du Pérugin, qui n’a pas pris une ride depuis 500 ans et nous concerne tous.
Avec l’aide de nos compagnons de route, de St Jean Baptiste et de Ste Catherine d’Alexandrie approchons nous avec confiance de l’Enfant en cette période qui lui est consacrée et qui est celle du bonheur de l’attente. Elle va s’ouvrir cette semaine, c’est celle de l’Avent.

******

Les armes du combat :

2 Cor 8 : 9
Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s'est fait pauvre, de riche qu'il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis.

Luc 8 . 21
Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique.

Idée solidaire nº 19
Prier avec Sainte Catherine pour les âmes du Purgatoire.
La prière des saints nous fait entrer dans l’immense solidarité de la communion des saints. Nous pouvons – et devons- y puiser à pleines mains.

mardi 24 novembre 2009

Chercher Ton visage

le visage du Christ. Icône.Roumanie.

J+M

Chercher Ton visage
inlassablement
au fond de nos propres cœurs.
Là où il est profondément enfoui,
Te chercher

Que trouverons-nous dans cette quête
si ce n’est des rictus, des caricatures,
rien qui n’évoque Ta beauté ?

Que trouverons nous en Te cherchant ?
Peut être au fond de nous le souvenir
de ta voix qui nous a convoqués hors du néant au début de notre
histoire personnelle.

Mais en Te cherchant nous avons la certitude
de te trouver
car Tu es en nous, plus intime et fidèle que nous-mêmes.

Ton visage est celui que contempla Véronique
Poussière et sang, sueur et larmes.
Il nous dessine : c’est nous que nous voyons;
en voyant Ta souffrance, nous savons ce que nous sommes.

Idée solidaire n°18 :

Embellir le visage du Christ grâce aux âmes du Purgatoire.
Les âmes sont la Gloire du Sauveur. Toute âme sauvée est un joyau qui
resplendit sur sa couronne.
"Ah! Voici comment je serai la providence du bon Dieu: Il aime tant les
âmes du Purgatoire et il ne peut les délivrer à cause de sa justice!
Eh bien! Moi, je lui donnerai ces âmes qu'Il aime et je demanderai à
tout le monde de Lui en donner par des prières et par de petits
sacrifices".
Sœur Marie de la Providence à l'âge de 12 ans


jeudi 19 novembre 2009

Un oiseau mazouté


C’était je crois un Guillemot de Troïl. Un oiseau de mer d’ordinaire farouche aperçu de loin et surtout connu par les planches des livres qui tapissaient ma chambre quand j’avais 20 ans et que la passion de l’ornithologie m’habitait. Mais là il était bien vivant, incongru dans cet enchevêtrement de planches et de cordes rejetées avec la laisse de la nuit. Son aspect était pathétique et mouillé. Oui mouillé, ce qui est tout de même étonnant chez ces oiseaux qui toujours hantent l’eau mais en sont protégés par une combinaison étanche faite de plumes et de secrétions grasses dont ils s’enduisent abondamment. Il y avait dans son apparence un je ne sais quoi d’indifférent à l’homme qui m’alerta. Je m’en approchai il ne s’envola pas : ils était mazouté et ne pouvait plus bouger.
Je le pris dans mes mains, m’étonnai de sa légèreté et partis un peu tremblant en quête d’un centre de secours pour oiseaux, ce qui n’est pas chose aisée. L’animal avait froid et faim, il était complètement frigorifié, il semblait avoir jeûné au-delà de ses forces et sa maigreur avait quelque chose d’improbable.
Le mazout avait fait de son plumage une masse compacte et répugnante.
Visqueuses et froides, comme une sorte de feutre imbibé d’huile ses plumes le minéralisaient, lui faisaient perdre sa qualité d’animal à sang chaud. Elles étaient devenues ses pires enemies, il aurait fallu les arracher pour rendre à sa chair un aspect vivant.
Bien sùr aucun centre n’en voulait, après la marée noire les capacités d’intervention s’étaient épuisées. Je tentais de le tirer d’affaire tout seul et le mis sous la douche avec du liquide vaisselle plein les plumes. Rien n’y fait, il fallait de toute évidence pour le débarrasser de cette pollution un solvant bien plus efficace que celui que j’avais à la maison.
Entouré dans une serviette l’oiseau fut finalement conduit dans un centre dépendant de la faculté des sciences du musée maritime.
Il fut pris en charge par une personne très sympathique qui l’introduisit dans une sorte de lave-vaisselle dont seule sa tète émergeait. Elle m’en expliqua le fonctionnement et la difficulté, j’en fus étonné.
L’effort pour enlever la crasse chimique tombée sur cet oiseau est considérable et sans cette intervention il était absolument impossible que le guillemot s’en sorte.
Je me souviens en ce moment de cette histoire par analogie, bien sùr. Nous avons du mal à comprendre les affaires de la vie spirituelle, et les comparaisons intelligibles sont les bienvenues. L’oiseau représente nos âmes, le mazout c’est le péché (le mien, le tien, celui du monde).
Le purgatoire c’est la machine qui lave et rend à la vie les pauvres âmes mazoutées, qui peuvent alors reprendre leur essor vers l’infini de Dieu, figuré par l’océan. La seul solvant pour enlever les péchés ce n’est ni le liquide vaisselle, ni un vague repentir, c’est le sang du Christ intégralement versé pour chacun d’entre nous.

Les Armes du combat :

He 9 : 14 combien plus le sang de Christ, qui, par un esprit éternel, s'est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des oeuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant!


Idée solidaire nº 17 :
Offrir à Dieu le sang du Christ pour les âmes du Purgatoire, selon la formule de la sainte d’Helfta (dernier message) et particulièrement à la messe pendant l’Offertoire.

- La prière de l’ange enseignée à Fátima :

Très Sainte Trinité,
Père, Fils et Saint-Esprit,
je Vous adore profondément
et je Vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ
présent dans tous les tabernacles du monde,
en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences
par lesquels il est Lui-même offensé.
Par les mérites infinis de Son Très Saint-Cœur
et du Cœur Immaculé de Marie,
je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs.

lundi 16 novembre 2009

En la fête de Sainte Gertrude d'Helfta

Sainte Gertrude
Comme une halte à mi parcours sur l’étape du mois de novembre, mois des âmes, leurs amis entrent dans la joie de la célébration liturgique de sainte Gertrude fêtée le 16 novembre (on le faisait jadis le 15 ou le 14, peu importe).
Sainte Gertrude est allemande, c’est une bénédictine du moyen Age (deuxième partie du 13ème siècle) qui nous est incroyablement proche, comme le sont tous ceux qui sont dans le cercle intime de Dieu quand on le cherche de toutes ses forces.
Sa vie et son œuvre "Le Héraut de l’Amour divin"sont longuement expliquées dans de belles et nobles et hagiographies, je n’ai rien à ajouter, si ce n’est le témoignage de la forte impression que m’a produite sa pensée, claire et forte.
Sa vie mystique, sa relation quasi permanente avec le Seigneur nous valent des pages précieuses d’un enseignement lyrique, mais bien documenté, étayé par une connaissance fine des textes patristiques et de la Bible.

Sa vision du purgatoire, qu’elle ne désigne presque pas sous ce vocable, (elle parle de Purification) est extrêmement intéressante car sa perception du Cœur de Jésus le montre désireux de suppléer lui même aux défauts et imperfection des âmes. Cette notion mérite qu’on s’y arrête car elle jette une lumière très bienvenue sur l’importance de nos actions, qui doivent toutes trouver leur source dans l’amour de Dieu. A ce titre, il est bon de se plonger dans ses écrits, dont la saveur surannée peut surprendre, mais dont la beauté cherche - et parvient - à exprimer un reflet de celle de l’amour de Dieu pour nous.

Idées solidaires nº16 :
2 prières pour les âmes avec Sainte Gertrude parmi bien d'autres (elles sont réputées capables de délivrer des multitudes d’âmes à chaque récitation faite avec amour)

1º Prière de sainte Gertrude pour les âmes du purgatoire (on y retrouve l’excellence de la notion de suppléance, qui fait que Dieu offre pour nous l’immensité de ses mérites, et rend efficaces nos demandes).

Très doux Seigneur Jésus, je te prie de bien vouloir exaucer, par les mérites de ta très sainte vie, cette prière que je t’adresse pour les défunts de tous les temps, et spécialement ceux pour qui l’on ne prie jamais.

Je te demande de suppléer à tout ce que ces âmes ont négligé dans l’exercice de tes louanges, de ton amour, de la reconnaissance, de la prière, des vertus et de toutes les autres bonnes œuvres qu’elles auraient pu accomplir et qu’elles n’ont point faites, ou qu’elles ont accomplies avec trop d’imperfection.

Amen.


5 Notre Père - 5 Je vous salue Marie.

2º Prière de sainte Gertrude pour les âmes du purgatoire
Père éternel, je vous offre le Sang très précieux de votre divin Fils Jésus, en union avec les messes célébrées aujourd’hui dans le monde entier, pour toutes les saintes âmes du purgatoire, pour les pécheurs du monde entier et de l’Église universelle, en particulier ceux de ma famille! Amen!

dimanche 15 novembre 2009

Ton Cœur comme une source

ô Jésus, Fontaine inépuisable de charité, j’ai confiance en Vous
J+M


Dans nos aridités Seigneur
Tu te fais Source
Dans nos douleurs
Tu es douceur immortelle
Dans nos trahisons
Tu consoles et restaures
La fidélité perdue.

Bien incapable de t’aimer,
Aussitôt qu'avec peine nous avons balbutié
Un vague désir de ta présence
Te voici, tu accours
Tel le plus doux des pères.
Le Roi de gloire se penche
Vers l’humanité qui l’ignore.

A présent vers Toi nos âmes gémissent
Accablées par leur ingratitude
Et tu nous offres à nouveau ton Cœur
Comme une source
Pour irriguer le désert
qu’ont été nos vies, nous qui avons adoré
Tous les faux dieux, tous les veaux d’or
Et qui voudrions tout de suite ton Ciel en rétribution.


Les armes du combat :


Jean 2 20-21

Les Juifs dirent: Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours tu le relèveras! Mais il parlait du temple de son corps.

Jean 19 : 34

mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il sortit du sang et de l'eau.

Ezéchiel 47 : 1-2

Il me ramena vers la porte de la maison. Et voici, de l'eau sortait sous le seuil de la maison, à l'orient, car la face de la maison était à l'orient; l'eau descendait sous le côté droit de la maison, au midi de l'autel. 2 Il me conduisit par le chemin de la porte septentrionale, et il me fit faire le tour par dehors jusqu'à l'extérieur de la porte orientale. Et voici, l'eau coulait du côté droit.

Ezéchiel 47 : 12

Sur le torrent, sur ses bords de chaque côté, croîtront toutes sortes d'arbres fruitiers. Leur feuillage ne se flétrira point, et leurs fruits n'auront point de fin, ils mûriront tous les mois, parce que les eaux sortiront du sanctuaire. Leurs fruits serviront de nourriture, et leurs feuilles de remède

Idée solidaire nº15


Donner à boire à ceux qui sont dans un Purgatoire aride, parce que peu arrosé des larmes du repentir et de la reconnaissance. Leur bilan est un désert où ne poussent guère que des épines, et aucun des arbres de la charité dont les fruits sont savoureux et les feuilles sont des remèdes. La source du Coeur de Jésus, qui sort du nouveau Temple est ce qui convient le mieux pour ces âmes là.
Il est donc solidaire de prier avec elles en disant “ ô Jésus, Fontaine inépuisable de charité, j’ai confiance en vous” ou toute autre invocation à ce Divin Cœur.

samedi 14 novembre 2009

La reine qui anticipait

 Isabel de Portugal Zurbarán 1640, óleo sobre lienzo, 184 x 98 cm
J+M

Santa Isabel de Portugal [Zurbarán] 1640, huile sur toile, 184 x 98 cm Musée du Pardo

Parmi tous les privilèges de la sainteté, celui de pouvoir contempler dès ici bas la réalité des valeurs éternelles n’est pas le plus mince. Or c’est ce qu’il advint à Sainte Elisabeth, reine du Portugal et dont le célèbre miracle des roses donne un exemple frappant (São rosas, senhor....). Car au fond on pourrait penser qu’en informant son mari sur le contenu de son tablier, la sainte avait menti, ce qui n’est pas considéré comme une vertu, bien au contraire. Elle portait, on le sait, des secours pour les nécessiteux.
Or sa réponse "Ce sont des roses, Seigneur" pour désigner l'argent des aumônes, validée par le Ciel, pose un problème car elle ne dépeint pas exactement ce qu’elle portait, mais dans un raccourci, anticipe la réalité future de son geste. Donner à manger à ceux qui ont faim est certainement une œuvre de miséricorde, qui permet de poser des gestes pour l’éternité. Leur valeur devient alors éternelle. Les quelques biens matériels qu’elle avait destinés à cette action sont devenus des roses célestes, plantées dans un jardin qui n’a pas vocation à se flétrir.
On peut retenir de ce miracle plusieurs choses quoi nous concernent aujourd’hui et maintenant.
- En premier lieu, la reine est devenue alchimiste par amour, elle a été capable de transformer de la matière périssable en symbole immortel. C’est cette alchimie que le chrétien est appelé a effectuer au long de sa vie et qui est rendue possible par la gràce du baptême, elle est la noblesse de sa vocation qui fait de lui un prophète, un prêtre et un roi.
Prophète qui parle au nom de Dieu, prêtre qui offre le sacrifice de ses prémices (de sacrum, neutre de sacer « ce qui est sacré » et facere « faire ; accomplir une cérémonie sacrée. Rendre sacré est précisément ce qu’a fait Sainte Elisabeth qui a transformé en roses immortelles et sacrées, agréables à Dieu un peu d’or terrestre).
Roi enfin en sa qualité de fils du Roi des rois.
- Ensuite elle a été capable d’une acuité spirituelle extraordinaire, qui lui a permis de reconnaître le Christ dans l’Autre, dans les pauvres démunis et malodorants qui se traînaient devant son palais, car c’est bien le Christ qui a opéré le prodige de transmuer en roses les secours qu’elle portait.
- Enfin, son action a eu une portée exemplaire et extraordinaire sur son mari, lequel n’ignorait pas ce qu’elle faisait et lui avait tendu un piège pour la mettre en difficulté.
A n’en point douter, le sire portugais tout pétri de machisme a dû passer un drôle de moment devant l´évidence de la sainteté de sa femme alors qu’il s’apprêtait à lui donner une leçon d’économie domestique. Rebondissement inattendu, mais logique, l’oeuvre de charité simple devient spirituelle, car corriger ceux qui se trompent (sous entendu avec douceur mais fermeté) est aussi une des oeuvres de miséricorde que le chrétien doit accomplir pour remplir son propre panier avant de le présenter au Seigneur lors de l’examen appelé jugement particulier .

La triple portée de cette scène doit nous parler aujourd’hui.
Les pièges de l’argent, de l’individualisme et de l’égoïsme sont insidieux mais prégnants. A l’inverse, la vraie noblesse est à la portée de tous, elle est dans le partage et l’accomplissement de la volonté de Dieu.
Nous avons tous à anticiper la réalité future de nos gestes, et avec notre temps, notre argent et nos efforts d’aujourd’hui nous pouvons planter des roses pour éternité, ce soin n’est pas réservé aux princesses.
Roses de prières et roses de sacrifices, roses d’aumônes et roses de miséricorde. Aujourd’hui comme hier le pauvre est à nos portes et a faim, qu’il soit pauvre de pain ou pauvre d’estime de soi, pire encore, pauvre au point d’avoir oublié la noblesse de sa vocation et ne savoir ni qu’il est fils de Dieu, ni même qu’il y a un Dieu.
La gloire du chrétien c’est sa rapidité à lui apporter secours en lui montrant Dieu essentiellement à travers sa propre manière de dire Dieu, c'est à dire en agissant avant tout par amour, en donnant l’exemple du pardon et de la générosité.

En ces jours de novembre, il y a aussi une pauvreté à soulager, ce sont les besoins des âmes du Purgatoire.
Âmes paradoxales, si pauvres qu’elles ne peuvent plus rien faire pour elles mêmes, si riches d’avoir déjà la certitude (que nous n'avons pas) qu’elles seront un jour avec Dieu.
A l’exemple de sainte Elisabeth du Portugal, soyons généreux avec elles, même – et surtout – si nous n’avons que quelques miettes à offrir. Souvenons nous de la multiplication des pains faite par le Seigneur. Elle ne s’est pas faite ex nihilo, mais à partir du goûter qu’un enfant a mis à la disposition du groupe des apôtres, un peu de pain et de poisson.
Ces miettes serviront, après avoir été bénies par le Seigneur, à alimenter une foule de 5000 hommes.
Si nous donnons au Seigneur une miette pour les âmes, Lui il agira. Et nous aurons la joie insigne d’avoir contribué à l’arrivée au Ciel de ceux qui nous ont fait arriver sur terre, ancêtres, amis, parents, bienfaiteurs défunts.


Idées solidaire nº14 :
Apporter des miettes à Dieu pour la foule des défunts, sachant qu’Il les multipliera.
Miette de temps : réciter une dizaine de chapelet, dire une courte prière en passant devant un cimetière…
Miette d’argent : faire dire une messe (17 € dans les diocèses de France), donner une aumône, répondre à une sollicitation pour une ONG ….
Miette de solidarité : poser un geste de miséricorde pour les âmes, qui peut aussi n'être que ce que qu’une simple écoute généreuse des souffrances d’un(e) importun(e)…
Il y a des tas de miettes qui ne demandent qu’à être bénies par Dieu, à nous de les trouver. Petit à petit nous apprendrons à donner de plus en plus, nous savons qu'un jour où il faudra bien tout Lui remettre, alors autant s'entraîner.


Marc 6:41-42


Il prit les cinq pains et les deux poissons et, levant les yeux vers le ciel, il rendit grâces. Puis, il rompit les pains, et les donna aux disciples, afin qu'ils les distribuassent à la foule. Il partagea aussi les deux poissons entre tous. Tous mangèrent et furent rassasiés,


Mat 25:40

Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites.

vendredi 13 novembre 2009

C’est la Croix qui nous porte

c’est la Croix qui nous porte
J+M

La Croix, en ce vendredi, comme une évidence :
c’est la Croix qui nous porte, la Croix qui nous sauve.
Cette Croix comme une arche, nous contient tous, nouveaux Noé
appelés à voir la Colombe nous annoncer de nouveaux rivages
après le déluge de grâces du baptême.
C’est la Croix aussi qui conduit les défunts
à travers l’immensité des abîmes jusqu’au port de Son coeur.

Sur la Croix, le très gracieux et très aimable enfant de David n’avait plus figure humaine
et sur les gibets de nos avis, de nos opinions, de nos lâchetés,
Sa Parole est pareillement défigurée et trahie.


Idée solidaire nº 13


Réciter le Chemin de Croix pour les âmes ou encore regarder un crucifix avec un cœur contrit et reconnaissant, non pas comme un objet, mais comme un sceau sur une lettre d’amour.
Le faire en solidarité avec les âmes pour qui nous prions en ce mois de novembre, mois des âmes, mois des fiançailles du Christ avec toute leur cohorte immense qui se purifie pour entrer dans les noces éternelles.
Trop peu de chrétiens acceptent de regarder la Croix avec toute la reconnaissance due au Maître de la vie, qui a accepté pour chacun d'entre nous une injuste condamnation, suivie d’une exécution atroce. Or c’est par elle que nous sommes sauvés, il ne faut donc pas hésiter, en compensation de toutes ces froideurs, à montrer beaucoup d’attachement à cette croix dans une démarche solidaire de réparation et d’amour.


Les armes du combat :

Colossiens 2-15 :

Il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d'elles par la croix

jeudi 12 novembre 2009

Quel est donc le jeûne qui me plaît (Isaïe 58)

délier les attaches
J+M

L’exercice du jeûne -on l’a vu- est efficace pour tourner les cœurs vers l’essentiel, et purifier les excès des appétits divers. A ce titre, s’il est offert, accompagné de prière et d’actes de solidarité, il peut constituer une aide efficace pour les âmes du Purgatoire. Il est de plus accompagné de grandes joies pour celui qui le pratique.
Mais le mot jeûne, pris dans une dimension surnaturelle, au-delà des limites simples de la nature, là où intervient la grâce, peut revêtir d’autres aspects.
On peut jeûner et s’abstenir de nourriture mais aussi de télévision, mais aussi d’Internet (un jeûne qui, pour ma part, me coûte quelques combats), de tabac ….
Bref d’un tas de choses qui nous font vivre, mais aussi mourir.
Il y a enfin une dernière catégorie de jeûne que Dieu aime, et qui est très explicitement exprimée dans la Bible :

Votre jeûne se passe en disputes et querelles, en coups de poings sauvages. Ce n'est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd'hui que vous ferez entendre là-haut votre voix.
Est-ce là le jeûne qui me plaît ? Est-ce là votre jour de pénitence ? Courber la tête comme un roseau, coucher sur le sac et la cendre, appelles-tu cela un jeûne, un jour bien accueilli par le Seigneur ?
Quel est donc le jeûne qui me plaît ? N’est-ce pas faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ?
N'est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, recueillir chez toi le malheureux sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ?
Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement.
Ta justice marchera devant toi, et la gloire du Seigneur t'accompagnera. Isaïe 58:4-8.


« Délier les attaches du joug » est une expression particulièrement éclairante. Le joug plus lourd à supporter c’est celui de l’estime de soi, lorsqu’elle est hypertrophiée et qu’elle empêche l’homme d’humilier son âme.


L’expression « faire tomber les chaînes injustes » nous convie à entrer dans une lecture surnaturelle des injonctions naturelles de ce chapitre d’Isaïe. Elle est soulignée par un procédé d’insistance des plus efficaces, la triple répétition. Aussi il est permis de penser que sur le plan spirituel les œuvres de miséricorde qui sont décrites et traduisent toutes des expressions actives de la charité peuvent se transposer dans la dimension surnaturelle, et nous faire dénouer les liens de ceux qui séjournent hors de portée naturelle, c'est à dire au Purgatoire.

« Partager ton pain » ressemble fort à une invitation à offrir le Pain de vie de la communion pour les âmes qui n'y ont plus accès.
«Recueillir chez toi le malheureux » : accepte que le souvenir des chers défunts soit présent dans ton cœur, sans en chasser la mémoire parce qu’elle est trop lourde ou trop douloureuse ou trop angoissantr.

«Couvrir celui que tu verras sans vêtement»
Il est peu probable que cela nous arrive au sens propre aujourd’hui (mais sait-on jamais), cela dit au plan surnaturel, être dépouillé de la vie et de la capacité de mériter pour soi est une forme de nudité que la prière charitable peut couvrir (cf billet d’hier et la réponse du Seigneur à l’offrande de son demi manteau à St Martin).
Nos amis du Purgatoire apprécieront, à n’en point douter, que l’on les délie des liens qui les entravent et les privent de la vision béatifique de Dieu. Ils s’empareront alors de la promesse qui figure leur entrée dans la cité céleste et qui éclate à la fin des versets d’Isaïe :
Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement.
Ta justice marchera devant toi, et la gloire du Seigneur t'accompagnera.


Idée solidaire nº 12

Se souvenir des défunts dans la prière et les présenter au Seigneur lors de la Communion.
Jeûner- (au sens d’Isaïe) ou faire le sacrifice d’une émission de télé, ou d’une ballade sur Internet et les remplacer par un moment de lecture de la Bible pour eux.


Les armes du combat, d'après Isaïe 58,4-8 .

-Détache les chaînes de la méchanceté
-Dénoue les liens
-Que l’on rompe toute espèce de joug
-Partage ton pain
-Fais entrer dans ta maison les malheureux
-Si tu vois un homme nu couvre-le

mercredi 11 novembre 2009

Guerre et paix


J+M
11 novembre : Guerre, ou plutôt fin de la Grande guerre, la der des der. Que de braves, de moins braves, de désespérés qui ne demandaient qu’à vivre tombés directement du champ d’honneur ou des tranchées dans les bras de Dieu.
Que de monuments aux morts croulant de noms en Lozère dans des villages dépeuplés.

11 novembre : Fête d‘un soldat ami de la paix, qui utilisa son sabre pour couper en deux son manteau et donner à un pauvre la part qui lui était propre, le reste appartenant son paquetage.
Le Seigneur apparut à Martin vêtu de ce demi manteau.
Idée solidaire nº 11:

Prier pour les soldats défunts. Ils sont donné leur vie, donnons leur nos prières.
Prions St Martin, afin qu’il les recommande au Pauvre parmi les Pauvres, le Christ, riche de l’Univers mais pauvre de notre amour. Lui qui nous enrichit sans cesse de sa vie divine.
L’Amour n’est pas aimé.(St François)
En L’aidant à intégrer dans son Ciel les âmes du Purgatoire, nous lui offrons un acte d’amour.
Vêtons-les du manteau (ou demi manteau) de notre solidarité inter-ecclésiale, la charité recouvre une multitude de péchés, les leurs, les nôtres.
Ils sont morts de la Guerre, qu'ils reposent en paix, dans les bras du Prince de la Paix.

mardi 10 novembre 2009

La joie du jeûne



J+M


Oui, il existe une joie du jeûne, une joie de cette solidarité avec les pauvres, avec les petits, les humbles et les affamés. Il revêt des formes diverses et variées, du simple jeûne au pain et à l’eau, à celui plus difficile et strict qui exclut toute aucune absorption d’aliment ou de liquide comme celui qui est décrit dans le livre d’Esther. et qui précéda le relèvement de tout le peuple d'Israël. Le jeûne volontaire pour l'amour de Dieu, pratiqué depuis toujours (on en retrouve mention dans l'Evangile. Alors que les pharisiens s'étonnaient que les disciples du Seigneur ne le pratiquaient pas ils s'entendirent répondre :
Les jours viendront où l'époux leur sera enlevé, alors ils jeûneront en ces jours-là. ). Cette réplique du Seigneur annonce bien que les chrétien intégreront cette pratique, le jeûne est en effet une bénédiction que Dieu accorde gracieusement, il suffit de la demander.

Marie dans ses messages l’a souvent demandé, notamment à Medjugorje , où il est de tradition de jeûner 2 fois par semaine au pain et à l’eau.
La pratique du jeûne est un peu remisée, mise au placard dans notre religion. Elle est en revanche tout à fait considérée et respectée si elle concerne un régime, une diète, c'est à dire une activité de peu de substance spirituelle.

Jeûner pour l'amour de Dieu, en solidarité avec les pauvres, et au premier chef les plus pauvres des pauvres, les défunts qui ne peuvent plus rien pour eux mêmes, est pourtant une aventure spirituelle simple et riche de découvertes, ne serait-ce que parce que cela dégage du temps pour la lecture de la Parole de Dieu, car l'homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole de Dieu. (Lc 4 :4) .
Le jeûne agrandit l'âme et lui donne des perspectives plus humbles, il est bon d'avoir faim, de ne pas assouvir instantanément ses pulsions, et de se contenter modestement de découvrir ses propres limites. Cela permet d'acquérir de la patience et de sortir de la tyranie de l'instant.
Le jeûne revêt tout son sens s'il est précédé de la prière, accompagné de la lecture de la Parole et suivi d'une aumône.
A ce titre, ces pratiques pieuses et joyeuses peuvent être utiles à nos défunts qui profiteront de cette solidarité pour être libérés du poids de leurs possibles dérèglement en ce qui concerne l'appétit ou la gourmandise; et des tristesses qui vont avec.
C’est donc un projet gagnant gagnant, où tout le monde trouve son compte : le croyant qui entre dans la joie du jeûne, et les âmes qui par l’effet de cette solidarité entrent plus vite dans la joie du Ciel. Il existe en outre un nombre considérable de bénéfices adjacents, comme celui de de donner du repos à l’organisme du jeûneur et … qui sait, si cette pratique se généralisait, la planète s’en toute entière s’en porterait-elle plus mal ?

Idée solidaire nº 10 : En ce mois de novembre, entrer dans la joie du jeûne en solidarité avec les àmes du Purgatoire

Les armes du combat :

Lc 17 :21
Et il leur dit: Cette sorte ne peut sortir en aucune façon,
si ce n'est par la prière et par le jeûne. ...


Prière attribuée à St Ephrem le Cyrien
(voir le magnifique commentaire de cette prière sur les site des Assomptionistes)

PRIERE POUR LES JOURS DE JEÛNE

" Seigneur et maître de ma vie,
Ne m'abandonnez pas à l'esprit d'oisiveté, d'abattement,
De domination et de vaines paroles.
Mais accordez-moi l'esprit d'intégrité, d'humilité,
De patience et d'amour,
A moi votre serviteur.
Oui, Seigneur Roi,
Donnez-moi de voir mes fautes
Et de ne pas juger mon frère,
car Vous êtes béni dans les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.
Ô Dieu, purifie-moi, pêcheur.

lundi 9 novembre 2009

On dit que sur ces rivages



J+M

On dit que sur ces rivages
La clarté est douce et les cœurs sont sereins
pleins d’une nostalgie joyeuse, d’une ardente patience.

On dit que sur ces rivages
Le visage de Dieu est inscrit à l'intime de soi
Et que nulle lumière n’est plus poignante aux souvenirs dans la plus âpres des nuits.

On dit que là bas les peines sont dures et que les cœurs sont doux
à ceux qui ont entrevu la Cité sans portes où la fête les attend.

On dit que sur ces rivages
Nulle monnaie n’a cours si ce n’est l’amour qui a été donné ;
Et que sans le donner on en pourrait mourir.

On dit que sur ces rivages
Tu viens parfois Marie apporter de l’eau sainte aux altérés.

On dit que sur ces rivages
Les anges feront un pont de leurs ailes
pour escorter les épouses vers l’Epoux qui les appelle.



Idée solidaire nº 9
: Réciter un psaume pour les défunts

*****
Les armes du combat :
Tous les psaumes appelés cantique des montées ou des degrés soit du Ps 120 au 134 sont particulièrement indiqués,(y compris le psaume appelé De profundis, le 130). Les prier en se souvenant que Jérusalem figure la Patrie Céleste et qu’Israël est notre nom à tous.

dimanche 8 novembre 2009

L'aigle et l'oiseleur

Notre Dame du Mont Carmel délivrant les âmes du purgatoire. Celles qui ont été délivrés sont autour d'elle, vêtues de blanc. Epoque coloniale, Pérou
Tout.
Tu as tout prévu Seigneur, ton inépuisable providence est confondante pour un esprit humain
Tu as assumé tous les risques et payé tous les prix, toutes le dettes
Il ne nous reste qu’a nous abandonner et à te faire confiance
Aujourd’hui, tandis que je regarde avec une confiance émerveillée les étapes du pèlerinage où tu me conduis je veux te remercier pour le concept de «suppléance» que je viens de découvrir et me donne de nouvelles ailes pour voler vers Toi
Vers toi qui nous fais rajeunir comme l’aigle.(Psaume 103:5)

Cette suppléance ou communion de saints est une bien grande merveille. Tu nous donnes tout en rétribution de notre rien, à condition de t'offrir notre rien en union avec ton tout, si j’ai bien compris.
Par exemple je te donne mes pauvres prières et tu en fais toi-même l’offrande à ton Père.
Elles perdent alors leurs limites et tu en fais une offrande parfaite puisque présentée par Tes mains.Toi qui appelles les étoiles par leur nom et les fais briller, tu peux appeler dans le néant de mon cœur la prière qui t’agrée et lui donner ton éclat par association avec ta lumière incréée..
En ce mois de pélerinage où tu nous invites à regarder cette invention de ta grâce qu’est le Purgatoire, en solidarité avec nos frères morts depuis longtemps, dans Ton éternel présent je te donne mes instants, mes prières balbutiées mais solidaires, fais en une goutte d’éternité par ton amour, qu’elles soient cette menue monnaie qui rachète les captifs que l’on vend pour deux sous dans le marché où guette avidement l’horrible oiseleur.

Car il est écrit
Il restaure mon âme Psaume 23:3

Car il est écrit
Ce qu’au Père vous demanderez en mon nom, Il vous le donne Jean 15:16

Car il est écrit
Notre âme comme un oiseau s'est échappée du filet de l'oiseleur. Le filet s'est rompu et nous avons échappé;
notre secours est dans le nom de Yahvé qui a fait le ciel et la terre. (Psaume 124 (123), 7)

Idée solidaire 8 : Dans la communion des saints, offrir à Dieu en union avec les mérites de Jésus et dans un esprit de réparation un temps de lecture de la Bible pour les âmes du Purgatoire qui n’ont pas su, ou voulu le faire.
Lire la Bible est un plaisir, mais aussi un devoir, car s’il s’agit du seul savoir qu’il soit réellement important d’acquérir au long de notre chemin sur la terre, c’est souvent celui qui est le plus négligé.

samedi 7 novembre 2009

São rosas, senhor....

Ce sont des roses,Sire
J+M
7 novembre

Grand privilège ce jour. Invité à Coimbra pour le congrès annuel des professeurs de français j’ai pu lors d’une pause visiter la cathédrale ancienne (car cette cité en possède deux), authentique forteresse romane qui domine la ville et abrite quelques trésors, dont ce portrait en pied de la reine Sainte, Elisabeth du Portugal. J'ai l'agréable sensation d'avoir éte reçu chez la reine !
L’image d’une d’exquise facture maniériste représente cette sainte surprise en train d’apporter des secours aux pauvres par son époux le roi Dom Dinis. Ce dernier n’apparaît pas, il n’est pas le protagoniste de cette histoire, lui qui reprochait souvent à sa femme de faire trop d’aumônes et de négliger son rang. Même s'il est hors champ, on l'imagine en train d'essayer de prendre en défaut son épouse et de demander à la reine ce qu'elle portait dans son tablier.
-- "Ce sont des roses, Sire". Sommée de les montrer, elle s’exécuta et ce fut bel et bien un bouquet de ces fleurs qui apparut en lieu et place des vivres et des pièces qu'elle transportait.

Ce prodige est ainsi représenté avec une clé de lecture : la même reine apparaît dans les mêmes vêtements au second plan, occupée à effectuer précisément ses oeuvres de charité.
La phrase qu’elle prononça « Ce sont des roses, Sire » a fait fortune au Portugal où elle est devenue proverbiale.
Un souci exemplaire a de toute évidence présidé à la réalisation du ce retable exposé à la Cathédrale ancienne de Coimbra, destiné à laisser une impression durable sur les âmes, ne serait-ce que par ses dimensions imposantes (286 X 210).
Le tableau montre que Sainte Elisabeth du Portugal a résolument préféré sa vie durant la noblesse du Ciel à celle de la terre. Ni les honneurs, ni la gloire ni les richesses (représentées par sa couronne et ses atours) n’ont pu la faire dévier du cap qu’elle s’était fixé, les yeux vers le Ciel, ce qui fait que sa gloire actuelle est infiniment supérieure à celle qu’en tant que souveraine elle aurait pu amasser en bien terrestres.
L’exemple de ses aumônes à cet égard est éclairant de la justesse de son choix. L’or et l’argent qu’elle aurait pu accumuler, et que d’autres reines ont effectivement accumulés dans d’autres états ne laissent aucun souvenir, passent de main en main et s’évanouissent. Mais ls aumônes de cette princesse, elles, sont définitivement inscrites dans les mémoires, ont fait l'objet d'une représentation iconographique importante et donc inspiré les artistes et, ce qui est plus important, figurent en bonne place dans le grand livre de Dieu.

Dans une certaine mesure la figure de cette noble princesse est donc emblématique de celle des âmes, toutes de rang éminent, puisque nées de Dieu et filles du Roi des Rois.
En arrivant au Ciel, toutes les âmes auront un jour à répondre à la voix de l’Epoux qui les interrogera sur ce que contient leur tablier. Puissions nous pouvoir répondre comme elle, en présentant au Seigneur le trésor que nous avons rapporté de terre :
Ce sont des roses, Seigneur.

Idée solidaire nº7
Mettre dans les tabliers vides des roses.

Les aumônes de Ste Elisabeth ont tellement plu au Ciel qu’Il lui fit un Miracle pour la tirer d’un mauvais pas. Les aumônes de nos jours, cela peut être de l’argent ; mais aussi du temps, une parole, un sourire ; l’oubli d’une offense, (le pauvre étant l’offenseur, pauvre dans ce cas précis en charité).
Il y a tant de pauvretés à soulager, la principale étant le tragique dénuement de ceux qui sont privés de leur dignité de fils de Dieu par leur ignorance. Le tout avec toute la bienveillance du monde ; et en ce mois des âmes, pour elles.


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Les armes du combat :


Matthieu 6:21

Car là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur

Colossiens 3:1
Aspirez aux choses d'en haut

vendredi 6 novembre 2009

Repos et Lumière



Tu es le Dieu des vivants Seigneur

En toi nous avons la vie depuis les origines
Depuis cet abîme de temps où se perd notre pauvre contemplation,
Tu nous connais et nous appelles à vivre en Toi.
Comme dans les origines
Il y eut pour chacun d’entre nous un Soir, et il y eut un Matin et ce fut notre Jour.

Ce soir crépusculaire est notre vie entière, vite entrée dans la nuit de la mort terrestre,
Et vite ressortie, dans le grand et lumineux matin de l’éternité où tu prends le risque de nous aimer,
Tu es le Dieu de la Vie et nous sommes vivants en Toi
Dans une chaîne de désir et de plénitude que Toi seul combles
Ainsi, Tu es notre seul repos (Mt 11 :28)

Car nos âmes ne trouvent qu’en Toi cette immensité qui seule peut contenir leur essor.
Seules Tes Ailes peuvent nous porter sur les vents vers lesquels tendent nos désirs
Afin de Te trouver en Tout.
Tu es le Dieu de la lumière ;
Lumière incréée des aubes qui n’ont pas de fin.

Enfin notre obscurité gémit vers Toi, sûre de Te trouver et craintive de T’accueillir
Pour cela Seigneur donne repos et lumière à nos âmes altérées et pèlerines
Phalènes éblouis brûlés à toutes les lampes de l’illusion
Et continue de nous créer en Toi éternellement par le souffle de Ta pensée amie.


Idée solidaire nº 6 :

Réciter la Prière du repos et de la lumière pour nos défunts :
En français :
Donne-leur Seigneur le repos éternel
Et que la lumière sans brille à jamais sur eux
Qu'ils reposent en paix. Amen

En latin , comme au temps jadis :
Requiem æternam dona eis, Domine,
et lux perpetua luceat eis.

Requiescant in pace, Amen

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Les armes du combat :

Matthieu 22:32
Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob. Dieu n'est pas Dieu des morts, mais des vivants.

Genèse 1 :5
Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le premier jour.

Matthieu 11 :28
Venez à Moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos

Prière
Requiem æternam dona eis, Domine,
et lux perpetua luceat eis.
Requiescant in pace, Amen

jeudi 5 novembre 2009

De l’importance de la prière pour nos défunts

equiem æternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis. Te decet hymnus Deus, in Sion, et tibi reddetur votum in Jerusalem. Exaudi orationem meam; ad te omnis caro veniet. Requiem aeternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis.
J-+M

Lors de l’angélus du 1er novembre la Saint Père a rappelé l’importance de la prière pour les défunts en ces termes : “Leurs âmes - comme le dit l'Ecriture - sont déjà «dans la main de Dieu» (Sg 3, 1)

Aussi le moyen le plus approprié et efficace de leur rendre hommage est-il de prier pour eux, en offrant des actes de foi, d'espérance et de charité.
En union au Sacrifice eucharistique, nous pouvons intercéder pour leur salut éternel, et faire l'expérience de la communion la plus profonde, dans l'attente de nous retrouver ensemble, pour jouir à jamais de l'Amour qui nous a créés et rachetés.”

Je n’aura pas l’outrecuidance de rajouter quoi que ce soit ce tour à ce propos magistral, je signale simplement les textes des actes en question, pour le plaisir et l’édification des lecteurs de ces lignes.


Idée solidaire nº5

- Réciter plusieurs fois par jour des actes de foi, d’espérance et de charité pour ceux qui ne peuvent plus le faire.


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Les armes du combat :


Acte de foi

Mon Dieu, je crois fermement toutes les vérités que vous m’avez révélées et que vous nous enseignez par votre sainte Eglise, parce que vous ne pouvez ni vous trompez, ni nous tromper. Dans cette foi, puis je vivre et mourir

Acte d'espérance

Mon Dieu, j'espère avec une ferme confiance, que vous me donnerez, par les mérites de Jésus-Christ,votre grâce en ce monde et, si j'observe vos commandements, le bonheur éternel dans l'autre, parce que vous l'avez promis et que vous êtes fidèle dans vos promesses.

Acte de charité

Mon Dieu, je Vous aime de tout mon coeur, et plus que tout,
parce que Vous êtes infiniment bon.
Et j'aime mon prochain comme moi-même
pour l'amour de Vous.


Sagesse, 1-7


Les âmes des justes sont dans la main de Dieu, et le tourment ne les atteindra pas. Aux yeux des insensés, ils paraissent être morts, et leur sortie de ce monde semble un malheur, et leur départ du milieu de nous un anéantissement; mais ils sont dans la paix. Alors même que, devant les hommes, ils ont subi des châtiments, leur espérance est pleine d'immortalité. Après une légère peine, ils recevront une grande récompense; car Dieu les a éprouvés, et les a trouvés dignes de lui. Il les a essayés comme l'or dans la fournaise, et les a agréés comme un parfait holocauste. Au temps de leur récompense, ils brilleront; comme des étincelles, ils courront à travers le chaume.

mercredi 4 novembre 2009

Salve Regina


J+M


La Prière du Salve Regina semble avoir été rédigée pour les âmes souffrantes. Il est doux de la prier en ce mois de novembre, et de le faire solidairement avec elles :


Salut, ô Reine, Mère de Miséricorde, notre vie, notre douceur, et notre espérance, salut.
Vers vous nous élevons nos cris, pauvres exilés, malheureux enfants d'Eve.
Vers vous nous soupirons, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes.
De grâce donc, ô notre Avocate, tournez vers nous vos regards miséricordieux.
Et, après cet exil, montrez-nous Jésus, le fruit béni de vos entrailles.
Ô clémente, ô miséricordieuse, ô douce Vierge Marie.


Audacieuse et inspirée, cette prière n’hésite pas à s’adresser à la Reine, l’appelant, « notre vie, notre douceur, et notre espérance ».
Notre vie. Le terme est juste, car c’est Marie qui nous engendre à la vie divine. Notre douceur est une invocation plus audacieuse encore, mais tout aussi juste. Dans la brutalité du combat spirituel, où souvent tous les coups semblent permis de la part de l’Adversaire, la douceur de Marie est notre seule planche de salut.
Son nom Marie semble dériver d’une racine hébraïque marah, « amère ». Cet oxymore résume les 2 étapes de l’histoire du Salut dans un parcours synesthésique :
- Eve est tentée par la douceur d’un fruit figuré qui, consommé, empoisonne l’humanité
- La guérison vient de l’amertume bue par Marie à la Croix. Elle donne à l’humanité le breuvage salvifique – contrepoison amer qui nous rend la vie.

Dans ce parcours mystique de correspondances sacrées, le bois de la Croix –qui nous fait vivre- est le contrepoint sensible de l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal à l'ombre duquel ont péri Adam et Eve.
Cette amertume donc est celle que Marie -notre douceur- a dû absorber pour devenir notre mère à tous. Elle qui est la Nouvelle Arche d’Alliance abrite toutes les douceurs de la nouvelle Manne donnée au peuple en route vers la Patrie : le Pain de Vie, Jésus Lui-même. Le rôle eucharistique de Marie est ainsi patent chez celle que le Verbe de Dieu a habité en premier.
Le vocable « espérance » rend un tribut mérité à la Mère de Dieu, dont l’intercession est si puissante qu’elle peut tout obtenir de Lui. Dans la perspective des âmes du Purgatoire, il résume de saisissante façon son rôle de Porte du Ciel, elle qui est si souvent honorée et représentée dans l’iconographie – et tout particulièrement celle du Carmel- en train de délivrer les âmes, les aidant à enjamber le fossé qui les sépare du lieu où sont les justes.
Enfin l’exil que mentionne le texte liturgique peut concerner la Terre, lieu de l’église militante, et le Purgatoire, ou Eglise souffrante. La vraie patrie étant la Maison du Père, où habite Jésus, Celui que Marie nous montrera à la fin de notre pèlerinage.

Idée solidaire nª4

- Prier plusieurs fois par jour avec dévotion la prière du Salve Regina pour les âmes en imaginant leur joie quand Marie ; vie, douceur et espérance, leur montrera Jésus à la fin de leur exil.
- Ecouter un Salve Regina en le priant. Les Vêpres (Monteverdi, Haendel, Rosenmuller, Vivaldi, ….) concluent généralement avec ce chant ou une autre antienne mariale.

********
Les armes du combat
:

Salve, Regina, mater misericordiae. Vita, dulcedo et spes nostra, salve.
Ad te clamamus, exsules filii Evae.
Ad te suspiramus, gementes et flentes in hac lacrimarum valle.
Eja ergo, advocata nostra, illos tuos misericordes oculos ad nos converte.
Et Jesum, benedictum fructum ventris tui, nobis post hoc exilium ostende.
O clemens, o pia, o dulcis Virgo Maria !

mardi 3 novembre 2009

Adoration


J+M
Suite des méditations sur la solidarité avec les défunts.

Chez les auteurs mystiques qui se sont penchés (ou élevés) sur le sujet du Purgatoire ; une constante : cette affaire concerne la bonté de Dieu qui n’éteint pas la mèche qui fume encore et admet parmi ses élus l’âme la plus noire, à condition qu’elle éprouve un parfait repentir au moment de sa mort. Reste à se blanchir, et c’est une autre histoire.
Mais il faut bien être certain que la providence de Dieu a tout prévu pour ses prédestinés (une remarque en passant, nous sommes tous, absolument tous prédestinés sinon Dieu n’aurait pas pris le risque de nous appeler à l’existence) de telle sorte que nous n’ayons point à passer par le Purgatoire à l’heure de notre mort. Cette étape est due à la miséricorde qui nous permet de rattraper nos erreurs, et surtout nos froideurs.
Combien d’heures passés en futilités, devant des programmes de télé abrutissants ou dans des discussions fumeuses, et combien d´heures passées à remercier Dieu pour la Croix qui nous sauve et le sacrifice de Son fils ? Cette simple comparaison montre que nous avons tendance à perdre de vue l’essentiel avec une désarmante facilité ; il va falloir essayer de récupérer cela tant pour soi que pour les autres, ceux qu’on aime et qui sont passés de l’autre côté.
Pas question de stresser. Dieu a tout prévu, il suffit d’entrer dans Sa miséricorde. Sachant que la charité efface une multitude de péchés, accourons à cette Charité qui est présente chez nous, sans nécessité de remuer Ciel et Terre : Jésus hostie est dans tous les tabernacles du monde ; il est si facile d’aller adorer comme le faisait notre ami Saint Fray Maria Rafael qui parlait de « son tabernacle » (mi sagrario) tant il s’impliquait dans cette relation d’adoration.
Adorons –Le.
Il est là, soleil de justice avec la guérison sans Ses rayons. Guérison pour nos froideurs, notre inconstance, notre insouciance. Pour notre incroyable capacité à devenir la brebis perdue.
Prenons 5 minutes après l’action de grâce, prenons un instant lors de nos courses en ville (je vous garantis que vous ne serez pas gêné par la foule ; et que si vous avez au passage un souci à confier au Seigneur vous serez écoutés attentivement).
Et si vous avez la chance d’habiter une paroisse où le St Sacrement est exposé, profitez-en et adorez-Le !
Adorons-le pour nous même, c’est une doux devoir, et pour les autres nos amis défunts en réparation solidaire. Les minutes que nous passons avec Lui valent sans doute de petites éternités de l’autre côté, tant la mesure de réponse du Seigneur est démesurée.

Idée solidaire 3 :


Passer un peu de temps en adoration devant le St Sacrement pour nos défunts qui, hors du temps, ne peuvent pas le faire.

******
Les armes du combat :

Luc 6 :38
Donnez, et vous recevrez : une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans votre tablier ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous.


Éphésiens 1:4
En lui [le Christ Jésus] Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant Lui

lundi 2 novembre 2009

2 Novembre, jour des défunts

Cimetiere La Paz Obrages Bolivie Novembre 2006
J+M

Belle tradition, qui consiste à faire mémoire de ceux qui nous sont chers et qui ne sont plus. Enfin, plus de la même façon, parce que pour ce qui est d’« être», je crois sincèrement qu’ils « sont « plus que nous, se trouvant dans l’Eternité.
Visiter les tombes, les fleurir, se recueillir, prier avec eux et pour eux, c'est un travail de deuil et de maturation, une préparation à cet abandon, cet acte de confance en Dieu au cours duquel nous lui remettrons notre vie à notre tour (hodie mihi, cras tibi).
Je déplore avec force l’intrusion dans notre paysage spirituel de l’abominable Halloween, mix recyclé de superstitions celtiques et de néo paganisme a la sauce orange saveur citrouille ; alors que nous avons la paisible possibilité en ce temps de Toussaint de nous recueillir et de nous réjouir, sachant que nos proches disparus nous accompagnent de leur présence invisible et de leur prière.
Ce détournement est avant tout regrettable chez les enfants qui perdent le Nord spirituel, confondent défunts et monstres et ne voient plus dans les cimetières, ces espaces saints qu’en espagnol on appelle campo santo le lieu où est semée l’espérance mais le théâtre de confuses opération dites « gothiques ».
Ce tour de passe-passe spirituel est à l’évidence, car nous n’ignorons pas ses desseins, signé de celui qui veut nous priver de l’espérance, (Sur le chemin du salut, sur le chemin charnel, sur le chemin raboteux du salut, sur la route interminable, …., la petite espérance s’avance. C’est elle, cette petite, qui entraîne tout. Car la foi ne voit que ce qui est. Ch. Peguy)

Cette espérance est aussi la nôtre. Il existe une sorte de doux devoir -espérer en la miséricorde de Dieu, doux devoir de croire en son propre salut (et à fortiori en celui des autres) qui donne leur sens à nos cimetières. Ne les perdons pas de vue en ces jours de fête.

Et comme jadis Esaü n’échangeons pas nos privilèges et notre héritage de fils de Dieu contre un triste plat de lentilles. Notre espérance est bien de ressusciter au dernier jour, semés corruptibles et ressuscités vêtus du lin spirituel du Paradis. L’espoir de revoir nos êtres chers est fondé, pas celui de les voir se diluer dans un magma primal où la Pacha Mama sud-américaine emboîte le pas des forces telluriques celto-orientales, des chenilles et des papillons. Non. Pas d’obscure réincarnation ; à la lumière de la fête de tous les saints nos défunts ressusciteront. Semés mortels il seront engrangés immortels dans les greniers de Dieu.
La parole de Dieu est très claire là-dessus.
Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement, (Hébreux 9:27)

Nous les retrouverons tels qu’ils nous ont aimés, et non pas transformés en improbables énergies.
Et c’est précisément pour hâter ces retrouvailles qu’il nous appartient solidairement de les aider dans leur parcours de purification, par tous les moyens que la Providence mis à notre portée : la prière, l’aumône, les sacrifices (ramasser une petite épingle comme sainte Thérèse sans protester peut être un sacrifice de grande valeur).

Idée solidaire 2 :
Donner des aumônes pour les défunts
Le Seigneur Lui même nous y invite : Donne à celui qui te demande (Mat 5 :42)
Cette monnaie là donnée à ceux qui sont pauvres parmi les pauvres(les défunts n’ont plus rien) a cours au paradis, à l’inverse de nos richesses. Et puis il y a partout des pauvres qui tendent la main...


Les armes du combat :

Luc 16:9


Et moi, je vous dis: Faites-vous des amis avec les richesses injustes, pour qu'ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels, quand elles viendront à vous manquer.

Hébreux 9:27
Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement

dimanche 1 novembre 2009

Chic c’est novembre.

C'est Ta croix qui nous sauve, Seigneur, béni sois-Tu
J+M
Un mois avec les âmes.

Chic c’est novembre. Un mois qui commence bien, avec la fête de tous les saints pour laquelle la liturgie de ce dimanche a revêtu le célébrant de beaux habits blancs, qui rappellent la couleur des vêtements des invités aux noces de l’agneau.
D’ailleurs cette affaire de beaux habits blancs sera le fil rouge si j’ose dire de ce mois qui est traditionnellement consacré aux âmes du purgatoire, dans la foulée du jour des défunts (le 2).
Voici l’affaire. Le Ciel est ouvert à tous, il est bien entendu que ce lieu saint n’a pas de portes, comme le dit Sainte Catherine de Gênes qui a eu le privilège non seulement d’y entrer de son vivant, mais encore de pouvoir en revenir et nous le raconter. Pas de portes, certes, mais des invités bien vêtus et surtout un Maître de maison éblouissant de sainteté, de beauté, de bonté, qui inspire à l’âme les désirs les plus doux : elles ont été crées par Lui et Pour lui.
Or, lors de leur atterrissage, une fois accomplies les démarches et formalités, que se passe-il lorsqu’une de ces âmes n’est pas trouvée dans l´état d’élégance et de propreté que requièrent un tel séjour ?
Là aussi, là encore, la Miséricorde divine a tout prévu, et il existe un lieu où les âmes vont de leur propre chef chercher cet éclat qui leur fait défaut. Elles y resteront jusqu’à ce qu’elles aient payé le dernier centime de leurs frais de nettoyage, ce qui peut prendre un certain temps. Ce qui est dommage c’est que, pressées d’entrer dans l’Eternité, ce temps leur semble bien long, surtout qu’elles le consacrent à un douloureux décapage.
La bonne nouvelle de toute cette affaire c’est qu’entre les Eglises (on s’en doutait) règne une certaine solidarité.
De même que celle du Ciel intercède et porte secours à celle de la Terre, l’Eglise de la Terre (c'est-à-dire nous) peut aider celle qui souffre au Purgatoire (à la Blanchisserie du Ciel).
Il est bien évident que nous n’allons pas limiter cette solidarité au seul mois de novembre, mais nous pouvons nous servir de ce pense-bête liturgique pour accélérer l’entrée dans le grand monde des invitées restées dans la buanderie. Dans cette démarche de solidarité tout est bon : la messe, les prières, les aumônes.
On va essayer d’être présent sur tous ces fronts tous les jours de ce mois, gardant à l’esprit la belle formule attribuée à la B. Marguerite Marie de la Visitation « jamais l’ingratitude n’est entrée dans le Ciel »

Idée solidaire 1 : Faire dire des messes pour les âmes à un prêtre d’un pays où la foi catholique n’est pas libre, ou encore à un missionnaire grâce aux bons offices de l’AED (Aide à l’Eglise en Détresse), ce qui permet de faire d’une pierre 2 coups


Lecture intéressante pour approfondir (avec imprimatur) : l’ouvrage du Père Abbé François-Xavier Schouppe,s.j. (1823-1904)
Le Dogme du Purgatoire illustré par des Faits et des Révélations Particulières

(qu’on peut lire en ligne)


Les armes du combat :


Mt 25,35-36 :
Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire, j'étais un étranger et vous m'avez accueilli,nu et vous m'avez vêtu, malade et vous m'avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir.