mercredi 30 mars 2011

Entendu à la messe 2

J+M

dis seulement une parole et je serai guéri

… dis seulement une parole et je serai guéri …

Ta parole crée, sans effort aucun
Mais notre guérison te coûte la passion
alors
Sois libre de dire toutes les paroles que tu veux en moi et je serai guéri
Agis en moi et je serai guéri
Exerce ta volonté en moi et je serai guéri
Regarde avec mes yeux et je serai guéri
Viens vivre en moi et je serai guéri.

Sois libre en moi et je serai guéri
Sois libre de me guérir toi qui as été attaché à la croix pour le faire
Sois libre de vouloir et de faire en moi ce que tu veux
Sois tout en moi, que je sois moins et toi toujours plus
Alors je serai vraiment moi.

Tu es la vie et la guérison
Le médecin des âmes, de toutes les blessures
De tous les cœurs
Et ta Parole guérit ceux qu’elle a créés.
… dis seulement une parole et je serai guéri …

vendredi 25 mars 2011

Le premier Angelus


J+M

En ce 25 mars, jour de l’Annonciation, nous fêtons à l’intime des cœurs, dans une jubilation qui ne peut que grandir, le premier angelus carillonné sur cette terre. Les anges tiraient les cloches à la volée et la femme presqu’encore enfant de Nazareth ouvrait par son oui les écluses du salut pour une terre qui en était assoiffée.
Ivres de joie, vous puiserez les eaux
Au sources du salut
avait en son temps prophétisé Isaie. C’est désormais chose faite.

Depuis l’Annonciation, et pour l’éternité, Marie est celle avec qui est le Seigneur. Le Seigneur est avec vous, prient mille lèvres à chaque instant, disant et actualisant ainsi le bonheur de celle que toutes les générations proclameront bienheureuse. Et le Seigneur, Marie ne le garde pas, mais nous le donne, il devient par son miraculeux truchement “notre” Seigneur, notre Emmanuel,
Il est grand au milieu de nous le saint d’Israël disait encore Isaïe au même chapitre
et ça c’est vraiment une bonne nouvelle!



Voir aussi sur ce sujet mon précédent billet : L’angélus

mercredi 23 mars 2011

PRIÈRE D'UN MATIN BLEU


Allez, deux textes pour aujourd'hui, pour célébrer mon retour dans le blog et la venue du printemps. Le premier, "Entendu à la messe" voudrait être une tentative de commentaire emerveillé de ces mots sculpté dans l'or de la piété populaire et de la parole de Dieu. Il aimerait être le premier d'une série, tant sont nombreuses les flèches d'amour décochée par la liturgie dans le coeur qui cherche Dieu.
Le second, tiré des Musardises d'Edmond Rostand, a bercé mon enfance. Il gît dans un injute oubli depuis des lustres, mais ce blog a décidé de faire briller à l'air de Cantabrie aujourd'hui bleu ses adorables vielles dentelles.
Et puis j'aime aussi beaucoup les cyclamens, les delphiniums, les myosotis et les iris !
Outre la prouesse stylistique il y a dans cette humble contemplation toute une théologie, celle de la louange de toute la création qui est très finement captée - et rendue -par un poète tout vibrant de foi.

Voici en guise d'introduction le texte latin du Pater Noster pour ceux qui l'auraient perdu de vue (il n'a plus la côte, un peu comme les delphiniums et l'aneth, mais le recent motu propio de Benoit XVI lui rendra peut être droit de cité hors des bastions tradi).

Pater Noster, qui es in caelis,
sanctificétur nomen Tuum,
adveniat Regnum Tuum,
fiat volúntas tua,
sicut in caelo et in terra.
Panem nostrum quotidiánum
da nobis hódie,
et dimitte nobis débita nostra,
sicut et nos dimittímus
debitóribus nostris;
et ne nos indúcas in tentationem,
sed libera nos a malo.

Voici maintenant le texte du poète de Cambo-les-bains, immortel auteur de Cyrano de Bergerac, maître rimeur s'il en est. Il est capable de trouver une rime ( improbable) à merinos et à reseda. Il a aussi son actif, outre la rédaction de Cyrano de Bergerac, dernier surgeon du romantisme français un siècle après Victor Hugo, le fait d'avoir pemis à des tas de jeunes contemporains qui en sont privé par les exigences des programmes de lettre d'entendre sans défaillir force alexandrins... et de n'en point mourir.

PRIÈRE D'UN MATIN BLEU

Tout est bleu d'éther.
L'abeille du lys
Dit : « Pater noster
Qui es in cœlis... »

Le moineau des toits.
Le lézard du mur
Disent à la fois :
« Sanctifîcetur... »

« Nomen... », dit le jonc.
« Tuum... », dit l'étang.
Et le doux et long
Delphinium blanc

Répète : « Tuum... »
Sur autant de tons
Qu'un delphinium
A de clochetons!

Que dit l'eau du puits?
« Adveniat... » L'air?
Regnum tuum... » Puis
Tout devient plus clair !

Bien qu'entre les pins
Glisse un canon mat,
Là-bas les lapins
Ont gémi : « Fiat!... »

Ayant accepté
Qu'un plomb la tuât,
La caille a chanté :
« Voluntas tua !... »

Un pigeon luisant
Quitte le bouleau
Et monte, en disant :
Sicut in cœlo... »


La bêche, à ce vol
Dont elle vibra,
Droite dans le sol
Gronde : « Et in terra ! »

Et : « Panem nostrum... ».
Dit le sol vermeil.
« Qotidianun... »,
Répond le soleil !

Le ciel est si bleu
Que tout, ce matin,
Pense qu'il ne peut
Prier qu'en latin !

C'est le réséda
D'aube irradié
Qui murmure : « Da
Nobis ho die... »

« Dimitte nobis
Débita nostra... ».
Bourdonne l'iris
Où l'abeille entra.


Le fenouil léger
Qu'on appelle aneth
Dans le potager
A dit : « Sicut et... »

« Nos dimittimus . . . »,
Disent à mi-voix,
« Debitoribus . . . »,
Les fourmis du bois.

Dans ses petits pots
Le myosotis
S'éveille à propos
Pour dire : « Nostris... »

Blanc d'avoir traîné,
Le pur Lohengrin,
Le cygne dit : « Ne
Nos inducas in ... »

Un corbeau plus vieux
Que Mathusalem
Croasse un pieux :
« Tentationem. »

« Sed libéra nos... »,
Bêlent en marchant
Les doux mérinos
Qui broutent le champ.

Ayant le premier
Fait le mal subtil,
Que dit le pommier?
« A malo ! » dit-il.
Il dit : « A malo... »
Et le cyclamen
Incliné sur l'eau
Lui répond : « Amen ! »

Entendu à la messe

Viens Seigneur Jésus
Viens dans nos vies
Dans nos actions
Dans nos projets
Dans nos souvenirs
Dans notre volonté
Viens dans nos cœurs pour y faire ta demeure
Et les enflammer du feu de ton amour

Viens Seigneur Jésus
Dans nos familles
Dans le cœur de nos enfants
Dans nos élèves
Dans nos communes
Dans la vie des hommes
Dans leurs églises

Viens Seigneur Jésus
Dans nos regrets
Dans nos repentirs
Dans nos actions de grâces
Dans nos louanges

Viens Seigneur Jésus, sois tout en nous
Soyons tout en Toi
Viens, sans Toi nous ne sommes pas
Et tu nous appelles à l’existence par ta venue
Maranatha !

samedi 19 mars 2011

Passion du Seigneur vue par Marie d'Agreda

Marie d'Agreda

Paroles de Marie à la vénérable Marie d'Agreda

La Cité Mystique de Dieu

Paragraphes 1264 à 1267

1264. Le renoncement (reniement) de Pierre causa une plus grande douleur à notre divin Maître que le soufflet qu'il reçut; car autant le péché était contraire et odieux à son immense charité, autant et plus les souffrances lui étaient agréables et douces, parce qu'elles lui servaient à vaincre nos propres péchés. Après ce premier renoncement, Jésus-Christ pria le Père éternel pour son apôtre, et disposa que la grâce et le pardon de ses trois renoncements successifs lui seraient ménagés parle moyen de l'intercession de la bienheureuse Marie. Cette auguste Princesse voyait de son oratoire tout ce qui se passait, ainsi que je l'ai indiqué. Et comme elle avait dans son sein le propitiatoire et le sacrifice,

(1) Joan., XVIII, 16. — (2) Ibid.. 17.

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c'est-à-dire son adorable Fils lui- même sous les espèces eucharistiques , elle lui adressait ses amoureuses prières, exerçant des actes sublimes de compassion, de reconnaissance et. d'adoration. Quand elle eut connu le renoncement de saint Pierre,

le renoncement de saint Pierre elle pleura amèrement , et elle n'arrêta point ses larmes qu'elle n'eût su que le Très-Haut ne lui refuserait point ses grâces, et qu'il le relèverait de sa chute; Cette tendre Mère sentit aussi dans son corps virginal toutes les douleurs et toutes les blessures de son Fils, et aux mêmes endroits que lui. Et lorsque le Seigneur fut garrotté avec les cordes et les chaînes, elle éprouva aux mains un mal si violent, que le sang en jaillit comme si elles eussent été fortement litres; et il en arriva de même pour les autres blessures qu'il recevait sur sa personne sacrée. Comme à ces souffrances corporelles se joignait la douleur qui déchirait son âme en la vue des tourments qu'endurait notre Seigneur Jésus-Christ, elle finit par verser dans cet amoureux martyre des larmes de sang, prodige qu'opéra te bras du Seigneur. Elle sentit aussi le soufflet qui fut donne à son très-saint Fils comme si la même main sacrilège eût frappé en même temps et le Fils et la Mère: Pendant tous ces mauvais traitements que le Sauveur subissait, elle imita les saints anges à glorifier et à adorer leur Créateur avec elle, pour réparer les outrages que les pécheurs lui faisaient; et communiquant aux mêmes anges ses profondes et douloureuses réflexions, elle s'entretenait avec eux du triste sujet de sa compassion , de ses amertumes et de ses larmes

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Instruction que la grande Reine de l'univers m'a donnée.

1265. Ma fille, la lumière divine que vous recevez pour connaître les mystères renfermés dans ce que mon très-saint Fils et moi avons souffert pour le genre humain et pour apprécier le peu de retour qu'il nous rend pour tant de bienfaits, vous appelle à de grandes choses. Vous vivez dans une chair mortelle, et par conséquent vous êtes exposée aux mêmes ingratitudes; mais la force de la vérité que vous comprenez, produit souvent en vous des mouvements de surprise, de douleur et de compassion, en raison du peu de réflexion que font les mortels sur de si hautes merveilles, et à la vue des biens qu'ils perdent par leur lâcheté. Or, si vous êtes dans ces sentiments, quelles doivent être les pensées des anges et des saints sur ce sujet? Que dois-je penser moi-même sous les yeux du Seigneur, envoyant le monde et les fidèles dans un état si dangereux et dans un oubli si déplorable, après que mon très-saint Fils a souffert une mort si cruelle, tandis qu'ils peuvent m'invoquer comme leur Mère et leur avocate, et quand son admirable vie et la mienne leur servent d'exemple? Je vous dis en vérité, ma très-chère fille, que mon intercession et les, mérites que je représente au Père éternel de son Fils et du mien, peuvent seuls apaiser sa juste colère, et,empêcher qu'il ne détruise le monde et qu'il ne punisse

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rigoureusement les enfants de l'Église, qui savent la volonté du Seigneur, et ne l'accomplissent point (1). Mais je suis fort indignée d'en trouver si peu qui s'affligent avec moi, et qui consolent mon Fils dans ses peines, comme dit David. (2) Cette insensibilité sera ce qui couvrira d'une plus grande confusion les mauvais chrétiens au jour du jugement; parce qu'ils connaîtront alors avec une douleur irréparable qu'ils ont été non-seulement ingrats, mais inhumains et cruels envers mon très-saint Fils, envers moi et envers eux-mêmes.

1266. Réfléchissez donc, ma fille, à vos obligations, élevez-vous au-dessus de tout ce qui est terrestre et au-dessus de vous-même; car je vous appelle et vous choisis, afin que vous m'imitiez et m'accompagniez là où les créatures me laissent si seule, après tant de faveurs que mon très-saint Fils et moi leur avons faites. Considérez avec toute l'attention dont vous êtes capable combien il en a coûté à mon Seigneur de réconcilier les hommes avec son Père et de leur mériter son amitié (3). Gémissez de ce que tant d'hommes vivent sans y songer, et semblent travailler de toutes leurs forces à détruire et à perdre ce qui a coûté le sang et la mort de Dieu même, ce que je leur ai procuré dès ma conception , et ce que je ne cesse de solliciter et de tâcher d'obtenir pour leur salut. Pleurez amèrement de ce qu'il se trouve dans la sainte Église plusieurs successeurs de ces pontifes

(1) Joan., IV, 25. — (2) Ps. LXVIII, 21. — (3) Colos., I, 22.

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hypocrites et sacrilèges, qui sous prétexte de piété condamnèrent Jésus-Christ; de ce que l'orgueil et beaucoup d'autres grands péchés sont autorisés et applaudis; de ce que l'humilité, la vérité, la justice et les vertus sont opprimées; et de ce qu'il n'y a que la cupidité et que la vanité qui triomphent. Bien peu de personnes connaissent la pauvreté de Jésus-Christ,. bien moins de personnes encore veulent l'embrasser. Les progrès de la sainte foi sont arrêtés par l'ambition excessive des puissants du monde, et chez un grand nombre de catholiques elle est oiseuse et stérile; tout ce qui doit avoir vie est mort, et tout marche à une ruine irréparable. Les conseils de l'Évangile sont oubliés, les préceptes transgressés, la charité presque éteinte. Mon Fils et mon Dieu a présenté ses joues avec une patience et une douceur ineffable pour être frappé (1). Qui est celui qui pardonne une injure pour l'imiter? Au contraire le monde a fait des lois pour se venger, et non-seulement les infidèles, mais aussi les enfants de la foi et de la lumière les pratiquent.

1267. Je veux que, connaissant l'énormité de ces péchés, vous imitiez ce que j'ai fait dans le cours de la passion et durant toute ma vie; car j'exerçais pour tous les hommes tous les actes de vertu contraires aux différents vices. Pour les blasphèmes et les injures que l'on adressait à mon adorable Fils, je le bénissais et le louais; pour les infidélités que l'on pratiquait à son égard, je croyais en lui, et ainsi de toutes les

(1) Thren., III, 30.

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autres offenses. C'est ce que je veux que vous fassiez dans le monde où vous vivez et que vous connaissez. Que l'exemple de Pierre vous fasse fuir aussi les dangers auxquels exposent les créatures; car vous n'êtes pas plus forte que cet apôtre de Jésus-Christ, et si votre fragilité vous fait parfois tomber, pleurez aussitôt comme lui, et ayez recours à mon intercession. Réparez vos fautes journalières par la patience dans les adversités, recevez-les avec joie, sans trouble et sans aucune distinction , quelles qu'elles puissent être; suit les maladies, soit les insultes des créatures, soit les agitations et la lutte des passions que vos ennemis invisibles feront naître dans votre âme (1). Il y a dans tout cela de quoi souffrir, et vous devez vous y résigner avec foi, espérance et magnanimité. Croyez bien qu'il n'y a point d'exercice plus profitable pour l'âme que celui des tribulations ; elles éclairent, détrompent et éloignent le coeur humain des choses terrestres, et le portent au Seigneur, qui vient au-devant de lui; car il habite avec les affligés, il les délivre et les protège (2).