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mercredi 7 avril 2010

Recycler la vie –suite-

Ma grand mère tricotait de petites œuvres d’arJ+M
Ma grand-mère tricotait de petites œuvres d’art de ficelle et de cordes diverses qui sous ses mains habiles devenaient des tapis, des abat jours, ou encore des gilets. Je retiens avec bonheur le souvenir de ses doigts qui unissaient des fils de couleurs ou de matières différentes et faisaient ainsi chatoyer des mailles que cet alliage embellissait de singulière façon. Cette image m’aide à me représenter un projet, qui est d’unir sa vie de « sac et de corde » au fil d’or que donne Dieu. Les mailles en seront assurément plus solides, et qui sait ? peut-être aussi plus belles.
Pour cela il suffit de trouver Dieu en toutes choses, les yeux toujours fixés sur lui. C’est une affaire de plus en plus simple car il est vraiment partout, agissant partout. Et de plus en plus compliquée : cette recherche subtile bute sur des tas d’épaisseurs, à commencer par la nôtre.
Mais avec ou sans Lui, la vie passe, de la même façon. On entend la voix du maître da l’Evangile affirmer que le soleil brille sur les bons comme sur les méchants (Mt, 5 :45), et le soleil est aussi une course, une unité de temps. Ce temps qui passe s’écoule et peut se perdre ou bien être amassé tel un trésor. Or c’est ce trésor paradoxal de minutes minuscules qui semble désirable … car le temps est limité.

Tisser la vie de menues prières pour rechercher avec obstination ce souffle béni de la philocalie, revient à implorer le don de l’élan hypostatique ou recherche de l’union de la nature humaine à celle de Dieu.

Certes cela ne se produira pas tout seul, sans efforts, mais il est écrit « frappez et on vous ouvrira ». Tout en tissant les minutes creuses avec le fil précieux de la certitude que Dieu viendra au secours de la pauvreté du cœur qui l’implore, je frappe à la porte en répétant selon les antiques et toujours nouvelles paroles liturgiques : Dieu, viens à notre aide.(Ps 70 :12)

Mêler les signes visibles et concrets de cet attachement à la routine quotidienne peut aider. Commencer son travail en priant revient à inviter Dieu dans des retranchements considérés à tort comme ne relevant pas de Lui.

Qu’importe si les crucifix et autres symboles sont à présent bannis des édifices publics s’ils sont inscrits dans les cœurs ? C’est là que leur force opère en réalité.
iA Lisbonne nous avons le privilège de vivre à l’ombre d’un Christ A Lisbonne nous avons le privilège de vivre en présence d'une statue du Christ de dimension imposante. A son ombre sont bénis la vie, le travail et le repos de ceux qui le cherchent, comme dit la liturgie, « avec droiture ».
Il est bon d’enchevêtrer sa vie avec le fil ténu des ave maria qui portent encore quelque chose du souffle angélique qui les prononça pour la première fois à l’Annonciation, et du Oui de Marie qui y répondit, nous donnant d’habiter pour toujours une terre sur laquelle Dieu a marché. Ma grand-mère le faisait en habillant de ficelle ses créations, sa grand-mère le faisait aussi, et j’espère que mes petits enfants en feront de même.
J’aime aussi trouver sur mon bureau images pieuses et rosaires à côté des jeux laissés par les enfants et des revues, j’aime que ces objets parfois porteurs d’une dose de kitch à l’épreuve des balles soient dans ma vie et ma maison.
images pieuses et rosaires à côté des jeux laissés par les enfants

C’est pourquoi j’aime l’idée de recycler ses minutes. C’est peut-être ce qui explique mon insistance sur le fait de recycler la vie, expression qui n’est ni juste ni heureuse mais ouvre des perspectives.
On recycle l’eau faute de la créer, ou de la conserver vive et fraîche indéfiniment. Et l’eau qui s’écoule ressemble tant à la vie, tour à tour limpide ou souillée, et si vite évaporée ! Pour trouver un sens à cette course folle des années et des mois … rien de tel que de se mettre sous le regard de Dieu, de chercher sa présence sans cesse. Recycler ses minutes et ses heures d’aujourd’hui c’est aussi en déposer un bout au Ciel, dans le royaume. Et l’idée du Ciel est si douce, qui aide à aspirer paisiblement aux choses d’en Haut (Col, 3 :1) tout en vivant pleinement celles d’en bas. Pourra-t-on encore le faire demain ?

samedi 7 novembre 2009

São rosas, senhor....

Ce sont des roses,Sire
J+M
7 novembre

Grand privilège ce jour. Invité à Coimbra pour le congrès annuel des professeurs de français j’ai pu lors d’une pause visiter la Cathédrale ancienne (car cette cité en possède deux), authentique forteresse romane qui domine la ville et abrite quelques trésors, dont ce portrait en pied de la reine Sainte, Elisabeth du Portugal. J'ai l'agréable sensation d'avoir été reçu chez la reine !
L’image d’une d’exquise facture maniériste représente cette sainte surprise en train d’apporter des secours aux pauvres par son époux le roi Dom Dinis. Ce dernier n’apparaît pas, il n’est pas le protagoniste de cette histoire, lui qui reprochait souvent à sa femme de faire trop d’aumônes et de négliger son rang. Même s'il est hors champ, on l'imagine en train d'essayer de prendre en défaut son épouse et de demander à la reine ce qu'elle portait dans son tablier.
-- "Ce sont des roses, Sire". Sommée de les montrer, elle s’exécuta et ce fut bel et bien un bouquet de ces fleurs qui apparut en lieu et place des vivres et des pièces qu'elle transportait.
Ce prodige est ainsi représenté avec une clé de lecture : la même reine apparaît dans les mêmes vêtements au second plan, occupée à effectuer précisément ses œuvres de miséricorde.
La phrase qu’elle prononça « Ce sont des roses, Sire » a fait fortune au Portugal où elle est devenue proverbiale.
Un souci exemplaire a de toute évidence présidé à la réalisation du ce retable exposé à la Cathédrale ancienne de Coimbra, destiné à laisser une impression durable sur les âmes, ne serait-ce que par ses dimensions imposantes (286 X 210).
Le tableau montre que Sainte Elisabeth du Portugal a résolument préféré sa vie durant la noblesse du Ciel à celle de la terre. Ni les honneurs, ni la gloire ni les richesses (représentées par sa couronne et ses atours) n’ont pu la faire dévier du cap qu’elle s’était fixé, les yeux vers le Ciel, ce qui fait que sa gloire actuelle est infiniment supérieure à celle qu’en tant que souveraine elle aurait pu amasser en bien terrestres.
L’exemple de ses aumônes à cet égard est éclairant de la justesse de son choix. L’or et l’argent qu’elle aurait pu accumuler, et que d’autres reines ont effectivement accumulés dans d’autres états ne laissent aucun souvenir, passent de main en main et s’évanouissent. Mais ls aumônes de cette princesse, elles, sont définitivement inscrites dans les mémoires, ont fait l'objet d'une représentation iconographique importante et donc inspiré les artistes et, ce qui est plus important, figurent en bonne place dans le grand livre de Dieu.
Dans une certaine mesure la figure de cette noble princesse est donc emblématique de celle des âmes, toutes de rang éminent, puisque nées de Dieu et filles du Roi des Rois.
En arrivant au Ciel, toutes les âmes auront un jour à répondre à la voix de l’Epoux qui les interrogera sur ce que contient leur tablier. Puissions-nous pouvoir répondre comme elle, en présentant au Seigneur le trésor que nous avons rapporté de terre :
Ce sont des roses, Seigneur.
Idée solidaire nº7
Mettre dans les tabliers vides des roses.

Les aumônes de Ste Elisabeth ont tellement plu au Ciel qu’Il lui fit un Miracle pour la tirer d’un mauvais pas. Les aumônes de nos jours, cela peut être de l’argent ; mais aussi du temps, une parole, un sourire ; l’oubli d’une offense, (le pauvre étant l’offenseur, pauvre dans ce cas précis en charité).
Il y a tant de pauvretés à soulager, la principale étant le tragique dénuement de ceux qui sont privés de leur dignité de fils de Dieu par leur ignorance. Le tout avec toute la bienveillance du monde ; et en ce mois des âmes, pour elles.

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Les armes du combat :

Matthieu 6:21
Car là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur
Colossiens 3:1
Aspirez aux choses d'en haut