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vendredi 25 mars 2011

Le premier Angelus


J+M

En ce 25 mars, jour de l’Annonciation, nous fêtons à l’intime des cœurs, dans une jubilation qui ne peut que grandir, le premier angelus carillonné sur cette terre. Les anges tiraient les cloches à la volée et la femme presqu’encore enfant de Nazareth ouvrait par son oui les écluses du salut pour une terre qui en était assoiffée.
Ivres de joie, vous puiserez les eaux
Au sources du salut
 avait en son temps prophétisé Isaïe. C’est désormais chose faite.

Depuis l’Annonciation, et pour l’éternité, Marie est celle avec qui est le Seigneur. Le Seigneur est avec vous, prient mille lèvres à chaque instant, disant et actualisant ainsi le bonheur de celle que toutes les générations proclameront bienheureuse. Et le Seigneur, Marie ne le garde pas, mais nous le donne, il devient par son miraculeux truchement “notre” Seigneur, notre Emmanuel,
Il est grand au milieu de nous le saint d’Israël disait encore Isaïe au même chapitre.

Et ça c’est vraiment une bonne nouvelle !


Voir aussi sur ce sujet un précédent billet : L’angélus

samedi 19 mars 2011

Passion du Seigneur vue par Marie d'Agreda

Marie d'Agreda

Paroles de Marie à la vénérable Marie d'Agreda
Paragraphes 1264 à 1267
1264. Le renoncement (reniement) de Pierre causa une plus grande douleur à notre divin Maître que le soufflet qu'il reçut; car autant le péché était contraire et odieux à son immense charité, autant et plus les souffrances lui étaient agréables et douces, parce qu'elles lui servaient à vaincre nos propres péchés. Après ce premier renoncement, Jésus-Christ pria le Père éternel pour son apôtre, et disposa que la grâce et le pardon de ses trois renoncements successifs lui seraient ménagés parle moyen de l'intercession de la bienheureuse Marie. Cette auguste Princesse voyait de son oratoire tout ce qui se passait, ainsi que je l'ai indiqué. Et comme elle avait dans son sein le propitiatoire et le sacrifice,
(1) Joan., XVIII, 16. — (2) Ibid.. 17.
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c'est-à-dire son adorable Fils lui- même sous les espèces eucharistiques , elle lui adressait ses amoureuses prières, exerçant des actes sublimes de compassion, de reconnaissance et. d'adoration. Quand elle eut connu le renoncement de saint Pierre,
le renoncement de saint Pierre elle pleura amèrement , et elle n'arrêta point ses larmes qu'elle n'eût su que le Très-Haut ne lui refuserait point ses grâces, et qu'il le relèverait de sa chute; Cette tendre Mère sentit aussi dans son corps virginal toutes les douleurs et toutes les blessures de son Fils, et aux mêmes endroits que lui. Et lorsque le Seigneur fut garrotté avec les cordes et les chaînes, elle éprouva aux mains un mal si violent, que le sang en jaillit comme si elles eussent été fortement litres; et il en arriva de même pour les autres blessures qu'il recevait sur sa personne sacrée. Comme à ces souffrances corporelles se joignait la douleur qui déchirait son âme en la vue des tourments qu'endurait notre Seigneur Jésus-Christ, elle finit par verser dans cet amoureux martyre des larmes de sang, prodige qu'opéra te bras du Seigneur. Elle sentit aussi le soufflet qui fut donne à son très-saint Fils comme si la même main sacrilège eût frappé en même temps et le Fils et la Mère: Pendant tous ces mauvais traitements que le Sauveur subissait, elle imita les saints anges à glorifier et à adorer leur Créateur avec elle, pour réparer les outrages que les pécheurs lui faisaient; et communiquant aux mêmes anges ses profondes et douloureuses réflexions, elle s'entretenait avec eux du triste sujet de sa compassion , de ses amertumes et de ses larmes
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Instruction que la grande Reine de l'univers m'a donnée.
1265. Ma fille, la lumière divine que vous recevez pour connaître les mystères renfermés dans ce que mon très-saint Fils et moi avons souffert pour le genre humain et pour apprécier le peu de retour qu'il nous rend pour tant de bienfaits, vous appelle à de grandes choses. Vous vivez dans une chair mortelle, et par conséquent vous êtes exposée aux mêmes ingratitudes; mais la force de la vérité que vous comprenez, produit souvent en vous des mouvements de surprise, de douleur et de compassion, en raison du peu de réflexion que font les mortels sur de si hautes merveilles, et à la vue des biens qu'ils perdent par leur lâcheté. Or, si vous êtes dans ces sentiments, quelles doivent être les pensées des anges et des saints sur ce sujet? Que dois-je penser moi-même sous les yeux du Seigneur, envoyant le monde et les fidèles dans un état si dangereux et dans un oubli si déplorable, après que mon très-saint Fils a souffert une mort si cruelle, tandis qu'ils peuvent m'invoquer comme leur Mère et leur avocate, et quand son admirable vie et la mienne leur servent d'exemple? Je vous dis en vérité, ma très-chère fille, que mon intercession et les, mérites que je représente au Père éternel de son Fils et du mien, peuvent seuls apaiser sa juste colère, et,empêcher qu'il ne détruise le monde et qu'il ne punisse
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rigoureusement les enfants de l'Église, qui savent la volonté du Seigneur, et ne l'accomplissent point (1). Mais je suis fort indignée d'en trouver si peu qui s'affligent avec moi, et qui consolent mon Fils dans ses peines, comme dit David. (2) Cette insensibilité sera ce qui couvrira d'une plus grande confusion les mauvais chrétiens au jour du jugement; parce qu'ils connaîtront alors avec une douleur irréparable qu'ils ont été non-seulement ingrats, mais inhumains et cruels envers mon très-saint Fils, envers moi et envers eux-mêmes.
1266. Réfléchissez donc, ma fille, à vos obligations, élevez-vous au-dessus de tout ce qui est terrestre et au-dessus de vous-même; car je vous appelle et vous choisis, afin que vous m'imitiez et m'accompagniez là où les créatures me laissent si seule, après tant de faveurs que mon très-saint Fils et moi leur avons faites. Considérez avec toute l'attention dont vous êtes capable combien il en a coûté à mon Seigneur de réconcilier les hommes avec son Père et de leur mériter son amitié (3). Gémissez de ce que tant d'hommes vivent sans y songer, et semblent travailler de toutes leurs forces à détruire et à perdre ce qui a coûté le sang et la mort de Dieu même, ce que je leur ai procuré dès ma conception , et ce que je ne cesse de solliciter et de tâcher d'obtenir pour leur salut. Pleurez amèrement de ce qu'il se trouve dans la sainte Église plusieurs successeurs de ces pontifes
(1) Joan., IV, 25. — (2) Ps. LXVIII, 21. — (3) Colos., I, 22.
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hypocrites et sacrilèges, qui sous prétexte de piété condamnèrent Jésus-Christ; de ce que l'orgueil et beaucoup d'autres grands péchés sont autorisés et applaudis; de ce que l'humilité, la vérité, la justice et les vertus sont opprimées; et de ce qu'il n'y a que la cupidité et que la vanité qui triomphent. Bien peu de personnes connaissent la pauvreté de Jésus-Christ,. bien moins de personnes encore veulent l'embrasser. Les progrès de la sainte foi sont arrêtés par l'ambition excessive des puissants du monde, et chez un grand nombre de catholiques elle est oiseuse et stérile; tout ce qui doit avoir vie est mort, et tout marche à une ruine irréparable. Les conseils de l'Évangile sont oubliés, les préceptes transgressés, la charité presque éteinte. Mon Fils et mon Dieu a présenté ses joues avec une patience et une douceur ineffable pour être frappé (1). Qui est celui qui pardonne une injure pour l'imiter? Au contraire le monde a fait des lois pour se venger, et non-seulement les infidèles, mais aussi les enfants de la foi et de la lumière les pratiquent.
1267. Je veux que, connaissant l'énormité de ces péchés, vous imitiez ce que j'ai fait dans le cours de la passion et durant toute ma vie; car j'exerçais pour tous les hommes tous les actes de vertu contraires aux différents vices. Pour les blasphèmes et les injures que l'on adressait à mon adorable Fils, je le bénissais et le louais; pour les infidélités que l'on pratiquait à son égard, je croyais en lui, et ainsi de toutes les
(1) Thren., III, 30.
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autres offenses. C'est ce que je veux que vous fassiez dans le monde où vous vivez et que vous connaissez. Que l'exemple de Pierre vous fasse fuir aussi les dangers auxquels exposent les créatures; car vous n'êtes pas plus forte que cet apôtre de Jésus-Christ, et si votre fragilité vous fait parfois tomber, pleurez aussitôt comme lui, et ayez recours à mon intercession. Réparez vos fautes journalières par la patience dans les adversités, recevez-les avec joie, sans trouble et sans aucune distinction , quelles qu'elles puissent être; suit les maladies, soit les insultes des créatures, soit les agitations et la lutte des passions que vos ennemis invisibles feront naître dans votre âme (1). Il y a dans tout cela de quoi souffrir, et vous devez vous y résigner avec foi, espérance et magnanimité. Croyez bien qu'il n'y a point d'exercice plus profitable pour l'âme que celui des tribulations ; elles éclairent, détrompent et éloignent le coeur humain des choses terrestres, et le portent au Seigneur, qui vient au-devant de lui; car il habite avec les affligés, il les délivre et les protège (2).

samedi 20 novembre 2010

Irak : l’AED lance une neuvaine à Notre Dame du Perpétuel Secours


S’il-vous-plaît, priez pour nous


« S’il-vous-plaît, priez pour nous. C’est un temps vraiment difficile pour l’Irak actuellement. C’est le chaos. Les gens souffrent tellement de la peur. Il y a de la rage et de la détresse, et ils ne savent pas où se tourner »,
supplie Mgr Bashar Warda, archevêque chaldéen d’Erbil.
Alors prions !
L’AED lance une large neuvaine à Notre Dame du Perpétuel Secours, puisque c’est dans l’église du même nom que le 31 octobre 2010, 2 prêtres, 44 fidèles (chiffre variable selon les sources) ont trouvé la mort, auxquels il faut ajouter de nombreux blessés.
Nous vous proposons de débuter cette neuvaine ce dimanche 21 novembre 2010, puisque nous fêterons le Christ, Roi de l’univers dont Saint Paul dit : « Dieu a voulu que, dans le Christ, toute chose ait son accomplissement total. Il a voulu tout réconcilier par lui et pour lui, sur la terre et dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix. » (Col 1,19-20)
En pénétrant dans l’église, les assaillants ont mitraillé la Croix en se moquant et en disant aux fidèles : « Dîtes-lui de vous sauver ! » Dans l’Evangile de ce dimanche, on retrouve les mêmes paroles dans la bouche d’un des malfaiteurs crucifié en même temps que Jésus : « N’es-tu pas le Messie, sauve-toi toi-même, et nous avec ! »
Ensemble, prions Marie d’intercéder auprès de son Fils, le Christ, Roi de l’univers, pour que l’Irak retrouve la paix.
L’AED propose de commencer la neuvaine le 21 novembre 2010, fête du Christ-Roi.

Prière proposée par l’AED pour la neuvaine à Notre Dame du Perpétuel Secours
,
Donne la paix à la terre d’Irak

Ô Notre Dame du Perpétuel Secours
Nous confions à ton cœur et à ton amour
Le peuple irakien et l’Eglise de cette terre.

Garde-les de toute injustice,
De toute division,
De toute violence et de toute guerre.
Garde-les de la tentation
Et de l’esclavage de la vengeance.
Sois avec eux !

Aide-les à vaincre le doute par la foi,
La peur par la confiance,
La haine par l’amour.

Ô Mère du Christ,
Sois leur réconfort
Et donne force à tous ceux qui souffrent :
Aux persécutés,
Aux réfugiés.

Donne la paix à cette terre divisée
Et à tous, la lumière de l’espérance.

Prière inspirée de Jean-Paul II

vendredi 28 mai 2010

Le mois de Marie

C'est le mois de MARIE
C’est le mai, le joli mai. Et Dieu sait s’il est joli sous ces cieux atlantiques où le ciel et l’Océan se rejoignent dans une étreinte éclaboussée d’un bleu si beau qu’il est aussi celui que poursuivent à perdre haleine les fabricants d’azulejos depuis des siècles. J’ai déjà parlé des prairies de l’Alentejo, lesquelles au fait n’ont rien à envier à celles de l’Algarve ou de Tras os Montes. Oui mai est bien un moment merveilleux ici.

Le mai, le joli mai tire à sa fin. Nous avons installé un oratoire pour le mois de Marie, l’enthousiasme incertain devant cette évidente réactivation de la piété enfantine des temps jadis. Il paraît qu’on à l’age de ses enfants et les nôtres ont entre 7 et 11 ans. L’oratoire fut dressé, la plus jeune l’a orné de compositions de son cru, avec des crucifix sur lesquels fleurissent des roses dans un raccourci fascinant, comme si sa jeune âme avait déjà compris que le salut à fleuri sur l’arbre de la croix. Et, avec une incertaine et chancelante fidélité, nous avons essayé de prier en famille devant le petit oratoire. Il faut bien reconnaître que les fleurs champêtres qui auraient dû logiquement l’orner faisaient défaut, mais une mousse verte et synthétique acquise avec un bouquet a fait des prodiges sur nos gerberas urbains.

Et puis…avant hier ma douce moitié m’a appelé pour me demander d’acheter des fleurs. Une statue de la Vierge venait d’arriver dans notre foyer, poussée par des zéphyrs mystérieux !
La pèlerine est une reproduction de la Vierge de Schoenstatt, celle qui nous accueillait à La Paz pour la messe dominicale, et dont nous avions une petite reproduction à la maison. Cette touchante coïncidence me fait chaud au cœur.
Sur l’autel du mois de Marie il y a des roses portugaises, comme celles de Sainte Isabelle, et des alstrœmères, lis des Incas que nous achetions par grands bouquets en Bolivie. C'est pour ainsi dire l'histoire de notre épopée familiale... mise devant Marie.

C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau !

jeudi 13 mai 2010

Ce 13 mai

Un demi-million de personnes ont participé, jeudi 13 mai, à la messe célébrée par Benoît XVI à Fatim

Ce 13 mai revêt une triple importance pour le chrétien du Portugal et du monde entier (c’est ça l’avantage d’être catholique, c’est à dire universel).
En effet trois fêtes confluent ce jour, illuminant la méditation dans une nette perspective de réjouissance. Elles ont un point commun : blancheur et élévation.

La première est la fête liturgique de l’Ascension.
En toute rigueur, si l’on s’en tient à une lecture superficielle du fait de l’Ascension, on pourrait imaginer que c’est un événement triste, puisqu’il marque une rupture dans la présence physique et visible de Dieu sur nos chemins. Mais si l’on y regarde de plus près il n’y a aucune raison de refuser la joie qui sourd des promesse faites par le Seigneur lui-même qui nous assure avant de monter rejoindre son Père et le nôtre, cf Jean 20 :17) qu’il est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde.

Nous sommes contemporains du Christ au même titre que ceux qui le virent sous sa forme humaine il y a vingt siècles, Il est dans notre vie, palpable par la foi et l’amour tout comme il le fut jadis en Palestine, et sans doute même plus, car la communion Le rend encore plus proche qu’Il ne l’était à ses disciples et amis. Le Christ qui affirme qu’Il est avec nous ne ment pas, il faut simplement L’accueillir et l’aimer à l’intime de soi pour découvrir la vie qu’Il veut nous donner, comme l’ont reçue les éclopés de la vie et de la grâce qu’Il soignait sur les routes de la terre sainte.
L’Ascension démultiplie donc si l’on peut s’exprimer ainsi les grâces que Jésus accorde aux hommes, car elle Lui restitue sa vraie stature de Fils de Dieu sans le dépouiller de sa condition d’homme. Homme et Dieu, Il est doublement attentif aux hommes non encore divinisés par Lui. Avec une double pitié Il se rapproche de nous, joignant à Sa puissance au sein même de la Trinité une perception humaine et solidaire de nos besoins.

Première élévation donccelle du Christ montant vers son Père et notre Père, nous ouvrant le chemin des cieux et nous attirant dans son sillage.

Deuxième tableau à méditer en ce grand jour de fête, celui de la lande de Fatima au centre du Portugal.
Il y a 93 ans, un 13 mai comme aujourd’hui Marie est venue dans l’histoire des hommes parler à des enfants. Elle leur a indiqué un chemin qui passe par la joie, le sacrifice et la solidarité avec les hommes, tous les hommes, y compris ceux qui refusent l’idée même de Dieu ou celle de la rédemption. Les enfants l’ont compris et admis, et sous la tutelle maternelle de Marie, ont gravi le chemin de l’héroïsme avant l’âge de 10 ans.
A ce jour, deux de ces trois enfants (Jacinthe et François) ont été inscrits sur le livre des saints et la troisième, Lucie, qui devait décéder à l’âge de 97 ans au printemps 2005 figurera sans doute un jour à leur côté mais en condition d’adulte.
Retenons de cette date anniversaire du 13 mai que Marie, messagère de Dieu, intervient dans notre histoire au même titre que Jésus, pour nous élever et nous arracher à la succion de la boue, si l’on veut bien considérer que le péché est un enlisement dans des sables mouvants.
Son message à trois enfants très jeunes ni particulièrement disposés ni particulièrement instruits en a fait des saints à une vitesse fulgurante tout en les remplissant de la plus belle des sollicitudes pour le genre humain : en effet ils n’ont jamais cessé de prier et de s’offrir pour les pécheurs.
Marie les a donc conduits très haut sans les déconnecter aucunement de la vie et de la condition humaine. Lucie a pris une autre voie mais sa solidarité personnelle s’est exprimée au moyen d’une vie de carmélite vivant dans l’oblation et l’intercession.

La hauteur à laquelle sont parvenus les enfants de Fatima là encore nous concerne tous, car elle indique un jalon sur notre propre parcours d’hommes qui ne peuvent en aucune façon s’élever sans les autres ou déconnectés des autres. C’est le désir de partager les grâces venues d’En Haut et la sollicitude pour les pécheurs (les enfants ont eu la révélation de l’enfer, ce qui les a rempli de compassion pour les âmes qui risquaient d’y tomber) qui a fait de ces trois jeunes portugais du début du XXº siècle des référents pour notre époque.
Fatima est devenu le lieu ou Marie parle au monde actuel, où elle annonce la victoire de son Cœur Immaculé.
C’est donc un lieu où le Ciel se fait proche, où plus exactement la distance entre le Ciel et la terre apparaît dans sa vérité : elle est infime, le simple battement amoureux d’un cœur en réponse à l’amour de Dieu peut admettre en sa présence selon la promesse du Christ.

On comprend pourquoi le pape a tenu à s’y rendre. Où mieux qu’à Fatima (ou plus de 500 000 personnes l'ont acclamé et suivi tout ce jour) peut-il parler de la proximité du Ciel et de la joie du salut ? Cette journée du 13 mai invite toute la catholicité à s’élever vers Dieu en se laissant porter par l’ascenseur céleste inauguré par Jésus Christ, monté vers son Père et Notre Père, pour inscrire notre nom dans le livre des Cieux et nous revêtir par avance d’un vêtement de fête dépassant en blancheur tout ce que nous pouvons imaginer ou rêver.

samedi 20 mars 2010

Pour qu'il siège parmi les princes

Saint JosephJ+M

De la poussière il relève le faible,
il retire le pauvre de la cendre
pour qu'il siège parmi les princes (Ps 112 : 7)


Le carême est cette période privilégiée où nous pouvons, par la médiation, la prière, l’aumône, secouer la poussière qui nous colle à l’âme avec l’aide de Dieu. Nous y sommes tombés tous solidairement avec Adam, qui était argile animée par le Souffle de Dieu, et par sa chute a vu le pourcentage de poussière de son être croître dans des proportions alarmantes. Mais aussitôt que l’homme tomba, Dieu lui fit la promesse de son relèvement.
Le psaume 112 célèbre cette promesse et donne des détails passionnants, à lire sur plusieurs niveaux, polyphonie harmonieuse et paisible où s’entendent les voix de la terre, du Ciel, et du dessein de Dieu.

Le premier sens est littéral : l’homme est le faible par excellence, celui qui, mû par la force de la gravité, est toujours est attiré par le bas, la poussière, la terre d’où il fut tiré. Dieu, inlassablement, l’aime, ce qui lui permet, s’il en a le souhait, de se relever. A nouveau debout il peut retrouver la position de prière, les bras tendus vers le Ciel qui sera, il le sait malgré ses débilités, sa patrie pour toujours. C’est là qu’il siègera parmi les princes, les « premiers » au sens strict, c’est à dire les anges, créés avant l’homme, et surtout avec le Prince de paix, le Roi des Rois, Jésus Christ Notre Seigneur.

Dans une perspective mystique on trouvera encore bien des beautés - sources d’émerveillement -dans ces versets.
En ces jours de mars, on se souvient de Joseph, charpentier de Nazareth, que l’Evangile mentionne comme un descendant de David en Mat 1 : 16 : Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ.
Joseph et Marie, de la lignée de David, le roi-prophète étaient des princes. Leur compagnie est quotidienne pour le croyant par la prière et la contemplation. Marie nous donne accès à Jésus autant de fois que nous le lui demandons, elle nous Le donne en nous disant comme à Cana « Faites tout ce qu’Il vous dira » (Jean 2, 5). Ainsi, sans mystères ni miracles tonitruants, nous nous retrouvons dans le Royaume dès cette vie, siégeant au milieu des princes, redevenus princes nous-mêmes après avoir retrouvé notre noblesse, nous qui sommes fils de Dieu et non pas du Néant, de l’évolution absurde et aveugle ou du hasard.

On trouvera encore dans la voix liturgique des résonances de ces versets : de la poussière de son péché, triste flamme bien vite éteinte qui ne laisse que cendre et mort, l’homme est relevé par la main bienveillante de Dieu et sa propre volonté qui sait que Dieu n’est que pardon, pour être placé dans la compagnie des princes. Ce miracle intervient pour le chrétien autant de fois qu’il assiste à l’eucharistie. C'est le lieu où sa condition finie devient infinie en Dieu qui l’admet à son sacrifice en présence de la Cour céleste. Tout entière émerveillée, elle assiste à ce don capable de redire au Père dans les mêmes termes l’offrande totale du Fils à la Croix.

samedi 13 mars 2010

Cette huile fait de nous des princes

L'onction de Saul
J+M

Le fait est là, humble et inexplicable. La presse le rapporte abondamment : d’une icône représentant la Vierge Marie suinte de l’huile à Garges-lès Gonesse en région parisienne. Les commentaires des lecteurs visibles sur les éditions en ligne des journaux expriment dans leur grande majorité incrédulité et sarcasme, ils constituent une manifestation épidémique plus qu’épidermique, un prétexte à l’expression de la sévère christianophobie de cette époque.
Ce qui est frappant dans ce concert c’est l’incompréhension. L’idée même qu’une icône puisse représenter- et encore plus émettre- quoi que ce soit indigne ces contempteurs, qui saisissent l’occasion pour manifester avec une mâle assurance leurs certitudes inexpugnables. Quand celle-ci fait défaut, c’est l’insulte, la comparaison scatologique, la provocation gratuite. Encore une occasion de perdue pour eux de se remettre en cause et de faire preuve de cet esprit critique qu’ils recommandent furieusement aux autres.
Pourtant, il y a beaucoup à apprendre de cette petite icône de papier collée sur du bois, pour peu que l’on soit capable une certaine curiosité et non pas agité de convictions antichrétiennes pavloviennes.

Avant tout, il est bon de garder à l’esprit ce que représente l’icône. Hergé par la voix de son capitaine Haddock, au verbe haut a jadis remis en selle le mot iconoclaste et c’est heureux car ce terme bariolé est riche d’enseignements.
Iconoclaste
Les iconoclastes s’opposaient pour des raisons scripturaires à la représentation du Christ et des saints. Ils furent déboutés lors du second concile de Nicée en l’an 787 au motif que si le Christ s’est incarné, il est possible de représenter physiquement le Fils de Dieu, et de peindre les saints. Les ennemis des icônes n’ont malgré tout jamais cessé leurs offensives contre ces images vénérées en leur qualité de fenêtres ouvertes sur l’Invisible. Le culte qui est rendu ne s’adresse pas à elles (ce ne sont pas des idoles) mais à la Personne céleste qu’elles représentent. Leur fonction est essentiellement liturgique.
A ce titre, de pieuses traditions rapportent de tout temps que des icônes ont servi à la transmission de messages aux fidèles.
Ces messages sont essentiellement d’ordre symbolique, car s’ils peuvent avoir une vocation locale leur portée est universelle.
Les larmes, les parfums, les baumes, et même le sang comme à Syracuse où une image de la Vierge pleure régulièrement sont des symboles universels dont la compréhension est immédiate. On pourrait écrire des volumes entiers sur ces manifestations, mais est-ce bien nécessaire ? Le peuple de Dieu ne s’y trompe pas, comme le montre sa réponse fervente. Seul les ignorants et les audacieux se contentent de nier sans examen, pétris de certitudes et mus par le même esprit de dérision qui accable les miracles de Lourdes par exemple d’un mépris souverain.
Mais personnellement cette huile qui suinte dans une famille chrétienne de la banlieue parisienne me réjouit, et j’y vois dans les vacarmes assourdissant des catastrophes et des crises dont l’actualité est si friande une des rares bonnes nouvelles qui mérite d’être rapportée et commentée, un peu comme une fleur délicate qui aurait poussé entre les pavés gris dont notre quotidien (et l’enfer peut être au bout du compte) sont pavés.
C’est pourquoi, dans le but annoncé de ce blog qui est de prier, de respirer et de vivre, je ne me priverai pas du bonheur de respirer cet effluve peut-être venu du ciel, d’en rechercher le sens et les vertus, et d’inviter mes lecteurs à un pèlerinage du côté de l’Eden, lieu de la rencontre avec Dieu qui est si près, si proche que le voile qui nous en sépare devint de plus en plus ténu.
Une promenade rapide dans le jardin biblique nous montre diverses valeurs attribuées à l’huile, toutes bonnes à prendre. Je n’en retiendrai que douze, car ce chiffre est lui aussi symbolique, et je crois fermement que l’huile est plus que jamais nécessaire à cette époque marquée par l’ivresse de la déconstruction mais surtout meurtrie et laissée au bord de la route par toutes sortes de vendeurs d’idéologies plutôt frelatées.
Ne sommes-nous pas grâce à tous ces libérateurs des avatars de cet homme dépouillé par les bandits qui descendait de Jérusalem à Jéricho, et qui avait pour guérir besoin de l’huile et du vin que seul le Bon Samaritain – Le Christ lui-même, bien sûr- pouvait appliquer sur ses plaies.
Car qu’est-ce que l’huile, si ce n’est l’élément essentiel pour la confection du baume ?
Le Baume le plus précieux est celui du Salut qui a été versé par le Sauveur au Jardin des Oliviers. La simple mention des Oliviers renvoie à la valeur symbolique de cet arbre dont s’écoule cette huile de joie destinée à rayonner sur le front des rachetés du Seigneur, comme l’annonce le Psaume 23. Toute la Bible converge vers cette Bonne et Unique Nouvelle : Dieu nous crée et nous sauve en permanence. Qu’elle soit préfigurée dans l’Ancien Testament ou accomplie dans le Nouveau, cette nouvelle en informe chacune des pages.

Et ce baume est annoncé dès les origines, figuré de façon très spéciale par la Vie Fraternelle qui indique la paix et l’harmonie du paradis.

Oh! qu'il est agréable, qu'il est doux pour des frères de demeurer ensemble!
C'est comme l'huile précieuse qui, répandue sur la tête,
Descend sur la barbe, sur la barbe d'Aaron,
Qui descend sur le bord de ses vêtements.

Le Psaume 133 (Cantique des montées) donne une image exubérante et conviviale de cette joie en l’associant à l’huile qui dégouline sur la barbe d’Aaron, le frère de Moïse qui accompagna l’exode des hébreux. A ce titre elle est sacerdotale et signe de cohésion. Cette onction unit dans la joie une communauté autour de son prêtre pendant un long voyage initiatique comparable à la vie même, quelle belle image de l’Eglise préfigurée dans cette famille réunie pour un pèlerinage sous l’autorité d’un chef qui conduit dans la joie les exilés vers leur patrie future ! Le besoin de ce baume se fait chaque jour sentir de façon plus poignante. Une goutte symbolique surgit dans une famille chrétienne près de Paris ? Merci Marie ! C’est précisément ce dont nous avions besoin ! Le résultat, rapporté par une presse hostile mais médusée est que des chrétiens de toute confession accourent ensemble à Garges-lès Gonesse, sans parler de ceux qui ne croient pas et de ceux qui n’ont pas de religion. Tous repartent émerveillés. Cette huile est pour eux, et donc aussi pour nous, signe du Royaume.
Royaume qui s’instaure aussitôt que le Culte de louange et de reconnaissance est établi dans le sanctuaire des cœurs. On en voit l’image dans les nombreuses mentions de l’huile cultuelle rapportées par la Bible. Ainsi....

"le chandelier d'or pur, …. les lampes préparées, tous ses ustensiles, et l'huile pour le chandelier" (Exode 39-37)
Dans les livres de l’Exode et du Lévitique une double valence est accordée à l’huile : culte et bénédiction.
Le Culte à rendre à Dieu est représenté par les chandeliers d’or qui seront garnis d’huile consacrée. Cette prescription engage de son côté Dieu qui la rétribue en bénédictions pour son peuple. Cette huile qui sert à éclairer le sanctuaire apparaît comme la diffraction de la sainte présence de Dieu, la Sherina, ce qui l’ennoblit et la divinise. Or c’est exactement ce à quoi nous sommes nous-même appelés. Nous sommes, par l’effet du Salut accordé par le Sauveur, devenus nous-mêmes Temples, (1Co 6 :19) et cette huile est le Saint-Esprit lui-même qui nous arrache à notre condition de pécheurs et nous divinise. C’est Lui en effet qui nous fait passer des ténèbres du péché à son admirable Lumière.

La Lampe des vierges sages
On retrouve encore de l’huile dans la parabole bien connue des vierges folles vs les vierges sages. On sait que les vierges sages ont veillé pour attendre l’Epoux, le Bien Aimé, celui qui doit, in fine, épouser splendidement et pour l’éternité nos âmes. C’est l’huile qu’elles ont accumulée dans leur lampe qui les distingue des étourdies, vierges follettes qui n’ont pas su trouver ce précieux combustible dans lequel on a vu le signe des vertus, du baptême, ou encore des œuvres de foi. Personnellement je préfère, suivant en cela la spiritualité de nos frères orthodoxes, y voir une représentation de l’effusion du Saint-Esprit. S’il est nécessaire pour le salut que le doux hôte de nos âmes –souvenons-nous que la liturgie appelle « onction céleste le Saint-Esprit » - remplisse lui-même notre lampe, on comprend mieux l’urgence de la manifestation de Marie, qui symboliquement implore pour nous cette chrismation.

Et bien sûr la contemplation du mystère du mariage mystique des âmes avec leur Dieu convoque aussitôt dans le cœur du croyant le texte sponsal par antonomase, celui du Cantique, qui s’ouvre sur une déclaration sans équivoque : « Ton nom, une huile parfumée qui se répand (Ct, 1 : 3) ».
Oui, notre secours est dans le nom du Seigneur, ce Nom au-dessus de tout Nom, que nous avons plus que jamais, en cette époque guettée par la déchristianisation, besoin de proclamer, d’invoquer et de chérir.

L’huile, comme c’est le cas à Garges-lès-Gonesse provoque parfois d’extraordinaires surprises. Comme Saul, parti chercher ses ânesses qui s’étaient échappées reçut l’onction du prophète pour … régner sur Israël, combien partent vaquer à des soucis pas toujours essentiels avant de recevoir de Dieu un signe merveilleux et inattendu qui les instaure ou les restaure dans leur dimension de fils, de prêtres, de prophètes et de … rois ?
Samuel prit une fiole d'huile, qu'il répandit sur la tête de Saül. Il lui donna un baiser, et dit : l'Eternel ne t'a-t-il pas oint pour que tu sois le chef de son héritage ?

Car il y a une dimension sacrée et royale dans l’onction chrismale, et même si c’est de confuse façon, tout cœur y aspire. La nostalgie du Royaume est en effet profondément inscrite dans nos gènes spirituels. Créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, et capable de Dieu, il arrive à l’homme de se souvenir de cette lignée et de dire, comme l’enfant prodigue, « oui, je me lèverai, et j’irai vers mon Père »

Depuis Sarepta, on sait que cette huile est inépuisable, aussi inépuisable que nos besoins. (1Rois 17, 8-15)

Elie a trouvé aux confins de Tyr et de Sidon une veuve assez généreuse malgré son dénuement pour partager avec lui ce qu’il lui restait de provisions (de l'huile et de la farine) avant de mourir de faim.
Cette veuve, claire image d’une humanité dépouillée de ses richesses par la convoitise et le manque de solidarité, s’apprête à mourir quand survient l’homme de Dieu. De cette rencontre, de la foi qui jaillit naît la vie, et la vie en abondance : non seulement elle ne mourut pas, mais elle put manger avec son fils et le prophète pendant un an du contenu de ses cruches devenues cornes d’abondance. Quel programme pour une époque où, dépouillés de notre dignité d’enfants de Dieu, roués de coups et meurtris par tant de pseudo-libérateurs ou, pire encore, par un relativisme desséchant, nous sommes prêts à mourir de froid et de tristesse loin de notre héritage !
L’huile devenue abondante sauve clairement cette habitante de Sarepta. Son fils qui retrouve la vie marque la pérennité de la bénédiction reçue.
Aujourd’hui, cette même huile sourd d’une icône de la Vierge Marie, elle a pour vocation de nous arracher à la mort spirituelle clamée, martelée haineusement par les voix des prétendues "lumières" mais en aucun cas inéluctable. La faim, la soif, la solitude - terribles miroirs que nous tend l’ennemi pour nous arracher à la paix de l’âme et à la prière - sont définitivement anéanties par la rencontre avec l’Eglise (le saint homme de Dieu) et avec la foi dans une démarche de partage et d’abandon.

Il reste encore une huile suprême à évoquer dans ce très rapide inventaire, simple effleurement de la richesse biblique, c’est celle qui fait du Seigneur Jésus le Christ, l’Oint du Très haut. L’onction reçue par Saul, puis par David et tant d’autres princes n’est qu’une préfiguration de celle, définitive, que reçut l’Envoyé de Dieu en accomplissement de la promesse de relever l’humanité captive du péché. Le mot Christ, devenu si commun, si dévirtualisé à force d’être prononcé pas toujours avec respect, ne signifie pas autre chose. Le Christ est l’Oint, celui qui a reçu l’Onction définitive, celle qui sera communiquée à ceux qui croiront en Lui. Car l’Huile par nature se répand, se donne, s’écoule, elle n’a pas vocation à être stockée ni arrêtée dans sa course. Il en va ainsi de tous les privilèges que nous regardons parfois avec suspicion, en dignes héritiers d’un Adam devenu méfiant et calculateur à l’instigation du serpent dans le Jardin du Paradis.
Non, Dieu ne s’est pas réservé l’exclusivité du Bien et du Beau. L’acte même de la Création est une volonté de se donner et de rencontrer la créature sur son terrain, par l’amour, afin de la combler.
Non, Dieu ne se réserve pas le meilleur pour priver ses enfants de la connaissance ou de la liberté. Il a créé et mis dans nos cœurs ce à quoi nous aspirons. La Croix est la réponse définitive d’un Dieu attentif, qui se donne Lui Même en complète solidarité avec les plus faibles, les plus malades, les plus méprisés et avilis. Venu marcher sur notre terre, il a pris la place la plus humble, la plus méprisée, la plus rebutante. Qui irait de gaieté de cœur naître dans une étable un soir d’hiver au milieu des excréments d’animaux ? Qui accepterait de se laisser percer les mains et les pieds et de mourir sous la torture pour racheter au prix de toutes ses larmes et de tout son sang l’humanité enchaînée par l’ennemi de nos âmes ? Et ceci que pour ne parler que de son arrivée et de son départ !
Jésus le Christ, l’Oint du Seigneur s’est fait salut en acceptant d'être broyé, trituré même sur le moulin de la croix comme le sont les olives. Sa mort ignominieuse a fait de lui au plan symbolique l’huile inépuisable qui se communique et resplendit sur le front des rachetés, pour les introduire dans la vie fraternelle définitive, pour les combler en abondance, pour leur donner le nom qui sauve, pour en faire des princes. Marie sa mère, présente à la Crèche et à la Croix est intimement associée à cette œuvre de salut.
C’est elle qui a donné le jour à la Lumière, elle, la seule vierge sage, qui a rempli la lampe de l’humanité, qui a conçu le seul Culte parfait par son Fiat, écho respectueux et puissant du Fiat Lux des origines. C’est elle, mère attentive et généreuse, qui a reçu de Dieu l’huile qui redonne la vie à son fils (l’humanité) sur le point de mourir de faim. A Garges sur une icône, et partout dans le monde, elle ne cesse de la partager avec nous pour que nous soyons une communauté fraternelle en route pour l’éternité, pour que nous soyons rétablis dans notre vraie dimension de fils de Dieu.
Cette huile fait de nous des princes, laissons-la couler sur nos cœurs.
A la place de tes pères se lèveront tes fils ; sur toute la terre tu feras d'eux des princes.

IconeGarge-lès-Gonesse

samedi 12 décembre 2009

Notre Dame de Guadalupe

Visage de Notre Dame de Guadalupe 
Basilique de ND de Guadalupe, Mexique
J-+M


Comment ne pas rompre une lance le jour de sa fête en l’honneur de la Toute Belle Vierge de Guadalupe, qui se présente à l’humanité - le jeune indien Nahuatl Juan Diego - comme mère de Tloquenahuaque, Mère du Dieu Tout Puissant et Unique en 1531 ?
Comment ne pas fléchir le genou devant la Toute Sainte qui apparaît sous les traits d’une métisse et imprime son visage sur la trame d’une tilma indigène ?
Métisse… dès lors que toutes les races nées d’Eve se fondent en la Nouvelle Eve, Epouse et Mère de Dieu.
Comment ne pas verser une larme devant cette femme qui porte un enfant divin et répète à l’indien qui l’implore : Ecoute moi et comprends bien, mon tout petit enfant, rien ne doit t’effrayer ou te peiner. Que ton cœur ne soit pas troublé. N’aies pas peur [de cette maladie], ni d’aucune autre maladie ou angoisse. Ne suis-je pas là, moi qui suis ta Mère ? N’es-tu pas sous ma protection ?
Comment ne pas être saisi d’une douceur immense à la pensée de la Toute Pure qui porte tous les enfants du monde dans son sein pour les faire naître à la vie divine ?
Et la Mère de Dieu a laissé une image acheiropoïete ("non faite de main d'homme") que depuis 5 siècle le peuple américain vénère au Mexique. Cette image miraculeuse contient de nombreux signes prodigieux, et plus spécialement un clin d’œil que les scientifiques devaient découvrir 5 siècles plus tard grâce aux progrès de la photographie et du microscope : dans le regard de Marie se reflète, à une échelle microscopique, la scène qui La vit remettre au jeune homme un bouquet de roses pour signer le message adressé à l’évêque du lieu.

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Les armes du combat :
Retenir le souffle coupé par l’émotion la phrase que Marie nous adresse à travers saint Jean Diego :
Ne suis-je pas là, moi qui suis ta Mère ? N’es-tu pas sous ma protection ?


Site de Notre Dame de Guadalupe au Mexique (en français)


lundi 7 décembre 2009

Devenir immaculés comme Elle

2. Miquel Bestard (1592-1633) L’Immaculée Conception Dimensions et technique non précisées Palma, église de Monti-sion Photo : Jaume Gual-Sa NostraJ+M


7 décembre
Veille de la fête de l’Immaculée Conception
Il y a des doubles liesses.
Celle de l’Avent (mot "valise" qui enferme les notions d’avant et celle d’avènement). L’attente de Jésus qui se fait désirer dans les cœurs avant de venir, sautant sur les collines que mentionne le Cantique et qui sont nos cœurs encombrés de soucis et de fatras.
Et celle de l’Immaculée Conception.
Dans la grisaille de l’humanité courbée par le poids de la faute originelle, une lumière se fait. C’est Marie, la toute pure et la toute belle, la colombe parfaite du cantique des cantiques

Elle est exempte de faute, c’est énorme, c’est la plus grande nouvelle de tous les temps car c'est la première fois que cela se produit depuis la Chute d'Adam et d'Eve. Rage dans les cohortes infernales qui voient se déchirer le filet si bien ourdi pour entraîner toute l'humanité en enfer !
Heureusement la Colombe en question est au Temple, où elle s’instruit, et grandit dans la connaissance de Dieu et des écritures dans le plus grand secret.
Sa vie est toute donnée. Cette oblation commence tôt. A trois ans à peine la Tradition rapporte que Ste Anne et Saint Joaquim l’emmènent au Temple. Héroïque sacrifice. Les saints parents ne tarderont pas à mourir. Avaient-ils l’intuition du rôle très éminent qui serait celui de leur enfant ? Sans doute non. Nous ne le savons pas de source sûre, mais si l’on songe à la surprise de Marie lors de l’Annonciation, on peut imaginer que le jardin secret de l’Immaculée était bien clos, puisqu’elle même ne savait pas qu’elle serait la mère du Sauveur.

Une fois qu’elle l’a su, elle L’a donné au monde. Dès avant sa naissance à
Elisabeth et Zacharie - Jean Baptiste leur enfant, le Précurseur en sautera de joie-. Elle le donne à sa naissance aux bergers de Bethléem venus L'adorer. Elle ne cessera jamais de le donner, jusqu’à la Croix, et c’est une des raisons qui nous aident à comprendre qu’elle est la Reine de Patriarches, la Reine des Prophètes et la Reine des Martyrs. Elle continue d’enseigner ceux qui lui ouvrent leur cœur avec humilité.

L’Immaculée nous rend immaculés, car son privilège n’est pas exclusif mais contagieux. Marie nous communique la grâce qu’elle a reçue avec la même générosité qui lui fit accepter le sacrifice de son Fils pour le salut du monde. A nous de saisir cette grâce, de nous laisser saisir plutôt par elle, et d’aller avec confiance dans l’intimité d’une Mère qui a tant à enseigner. Nous apprenons d’elle à recevoir Jésus, à Lui faire de nos âmes un abri quand il Lui prend le désir de naître dans la pauvreté (et parfois la saleté) de nos cœurs qui sont dans leur genre aussi des étables où soufflent non seulement un âne et un bœuf, mais bien toute une basse-cour de passions empoulaillées.
Si nous n’avons pas la moindre idée de ce qu’il faut faire pour aimer Jésus et l’accueillir, Marie le sait et nous l’enseigne. A son contact, par osmose et par imprégnation, nous apprenons à l’imiter, et ce n’est peut-être pas si difficile, il suffit d’avoir le désir de l’aimer. Elle est capable de mener ce désir à son terme et de nous donner un cœur configuré au sien.
Ce qui nous permettra aussi de goûter avec toutes les générations à la joie de proclamer que Marie est bienheureuse ! (Lc, 1 :48) comme nous y invite la Fête du 8 décembre.

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Les armes du Combat :

Psaume 124:7
Notre âme s'est échappée comme l'oiseau du filet des oiseleurs ; Le filet s'est rompu, et nous nous sommes échappés.

Cantique des Cantique 5:2
J'étais endormie, mais mon cœur veillait... C'est la voix de mon bien-aimé, qui frappe : -Ouvre-moi, ma sœur, mon amie, Ma colombe, ma parfaite!

Cantique des Cantique 2:8
C'est la voix de mon bien-aimé ! Le voici, il vient, Sautant sur les montagnes, Bondissant sur les collines.

Luc 1 :47-48
Alors Marie dit : Mon âme magnifie le Seigneur ;
Et mon esprit s'est égayé en Dieu, qui est mon Sauveur.
Car il a regardé la bassesse de sa servante ; voici, certes désormais tous les âges me diront bienheureus
e.

mercredi 25 novembre 2009

Un splendide anachronisme



J+M
Pietro di Cristoforo Vannucci (Il Perugino)

La Vierge et l'enfant Jésus avec Sainte Catherine d'Alexandrie et Saint Jean Baptiste

Date : vers 1500
Taille : 63 cm x 81 cm
Achat par Louis XVIII (1821)


Cliquer sur l'image pour la voir plus grande.



Aujourd’hui 25 novembre c’est la fête de sainte Catherine d’Alexandrie, noble vierge qui préféra la martyre à la profanation.
En l’honneur de l’illustre égyptienne je vous propose de regarder un tableau du Pérugin exposé au Louvre qui la représente en compagnie de Saint Jean Baptiste et de la Vierge avec l’Enfant Jésus.
Faisons-le poussés par un souci cathartique au sens noble, celui qui permet de trouver du repos dans la contemplation des œuvres d’art face aux agressions de la laideur, de la vulgarité et de la pornographie qui tapissent joyeusement le monde. Voilà qui restitue le sens premier des représentations religieuses, qui est bien de favoriser le recueillement. Ainsi le regard devient porteur de prière et autorise le bel élan de la “prière hypostatique”, quête d’union qui cherche et, par grâce, finit par trouver, au plus intime de nos âmes, la plénitude de l’humanité telle qu’elle fut voulue par Dieu.

La composition de ce tableau donne un relief particulier- et c’est justice- à l’Enfant divin, complètement nu à la différence des adultes qui sont richement parés d’atours. Cette nudité est toute biblique, elle exprime le dépouillement de celui qui s’est appauvri de sa divinité pour nous en enrichir.
Elle illustre l’ineffable mystère de l’Incarnation et rive leur clou aux nestoriens qui traîneraient encore au fond des âmes et s’aventureraient à nier la double nature de Jésus-Christ, vrai Dieu vrai homme.
L’enfant est nu, il bénit. Complètement vulnérable, jusqu'à à en périr sur la Croix, Jésus se présente d’emblée dans cette huile comme innocent et magnanime, même si un détail nous interroge : pourquoi ne regarde-il pas dans notre direction ? Nous y reviendrons, car il est patent que cette énigme a une visée pédagogique.
Au deuxième plan, une deuxième énigme se présente, autour d’un splendide anachronisme ; Jean Baptiste, même s’il est son Précurseur est le contemporain de Jésus. Sa mère Ste Elisabeth l'attendait tandis que Marie attendait Jésus.
Or il y a ici une différence d’âge délibérée qui ne peut pas passer inaperçue et dont le but est bien évidement de faire réfléchir aux choses saintes.
Faisons le pari que le Pérugin a donné des pistes de réponse dans son œuvre même et continuons notre découverte priante de cette toile dont 5 siècles nous séparent mais qui est toujours habitée par un souffle extraordinaire. Souffle qui très certainement est redevable du traitement de la lumière qui semble émaner des personnages. Il n’y a pas de doute possible, tant les atours que l’éclairage nous situent dans une perspective céleste, nous sommes face à des habitants des Cieux et non dans la représentation d’une scène terrestre.
Pour ce qui est de la composition Marie est au centre, vêtue de velours vert et de pourpre filigranée d’or qui la désigne comme une reine. Auréolée comme le sont les 4 personnages de cette scène elle présente son Enfant à la vénération.
Derrière elle, au second plan, les deux saints montrent tous les signes extérieurs de la dévotion. Ils expriment une sérénité et une paix qui est dans la perception chrétienne le privilège de ceux qui sont au Ciel. Sainte Catherine, martyre, porte la palme qui lui revient et qui exprime la gloire de son sacrifice. Cette palme est de proportions modestes, à peine plus grande qu’une plume. Ses atours aussi sont modestes, même si l’étoffe en est riche, et le velours noir qui l’habille, s’il met en valeur la beauté de sa chevelure du même blond que celle de la Vierge Marie, n’est pas de la teinte que l’on s’attend à voir en ces contrées. Cette surprise rejoint celle que l’on éprouve en découvrant que l’artiste italien a représenté Sainte Catherine et Marie avec un visage si semblable qu’il est permis de se demander qui est qui, car seuls leurs vêtements permettent de distinguer les deux héroïnes.
Le message qui transparaît dans cette lumière traitée subtilement semblant sourdre des personnages plus que les nimber s’inscrit doucement dans le cœur de celui qui observe le tableau. Il est confirmé par l’expression d’une parenté de plus en plus frappante : Jean Baptiste son parent et sainte Catherine ressemblent à Marie et donc à Jésus qui lui doit ses traits.
C’est ainsi toute une réflexion sur la sainteté qui nous est présentée, et que valide la représentation du Précurseur, lui aussi de pourpre revêtu, en hommage à son martyre et sans doute aussi parcequ’il est considéré comme le plus grand du royaume de cieux, et comme le nouvel Elie (Mat 11, 7-14).


Le regard et les manières de ces habitants des cieux montrent qu’ils sont configurés paisiblement au Christ, Prince de la Paix, qu’ils lui sont devenus si proches qu’ils sont ses semblables, ce qui actualise de saisissante façon l’exclamation du Seigneur que rapporte Luc « qui sont mes frères ; qui est ma mère ? Ce sont ceux qui écoutent ma parole et la mettent en pratique ».

Dans cette perspective, il est clair que ce tableau aux ambitions immenses, quasi théophaniques (Dieu s’y manifeste) veut dire Dieu aux hommes et leur rappeler la noblesse de leur vocation à être saints comme Il est saint. Et pourtant cette sainteté bien entendu se présente tant pour le peintre du début du XVIème siècle que par l’homme du XXIème comme un horizon hors de portée et d’atteinte.
Il faut donc un puissant encouragement pour en prendre le chemin. Cette décision ne peut se faire qu’avec l’aide de Dieu, signifiée ici par la bénédiction que donne l’Enfant, comme immédiate et sans réserve, puisque donnée par une personne peinte de si gracieuse façon qu’elle ne saurait inspirer de crainte.
Et si le pécheur d’aventure craignait d´être mis en présence d’un juge par trop rigoureux, le souvenir de ce tableau lui montrerait que son Dieu ne regarde pas dans la direction de son péché mais dans celle où Il l’attend et qu’il le revêt par avance de riches vêtements pour assister aux noces l’agneau en arrivant au Ciel. C’est lui qui a conquis notre rachat, le peintre le sait. Le génial anachronisme qui fait du Baptiste, contemporain absolu de Jésus un adulte contemplant un enfantelet, (un enfançon comme on disait jadis et comme on dit encore dans les cantiques de Noël) nous montre comment nous avons à considérer nous-même Jésus pour recevoir sa bénédiction, laquelle nous mettra en route vers les choses d’En Haut.
C’est le message du Pérugin, qui n’a pas pris une ride depuis 500 ans et nous concerne tous.
Avec l’aide de nos compagnons de route, de St Jean Baptiste et de Ste Catherine d’Alexandrie approchons nous avec confiance de l’Enfant en cette période qui lui est consacrée et qui est celle du bonheur de l’attente. Elle va s’ouvrir cette semaine, c’est celle de l’Avent.

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Les armes du combat :
2 Cor 8 : 9
Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s'est fait pauvre, de riche qu'il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis.

Luc 8. 21
Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique.

Idée solidaire nº 19
Prier avec Sainte Catherine pour les âmes du Purgatoire.
La prière des saints nous fait entrer dans l’immense solidarité de la communion des saints. Nous pouvons – et devons- y puiser à pleines mains.