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mercredi 22 juin 2011

Les chardons sont souvent plus chrétiens que nous

J+M



C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. On ne cueille pas du raisin sur des épines, ni des figues sur des chardons (Matthieu 7 :15) 
J’aime ce verset de l’évangile du jour rapporté par Matthieu. Il mobilise les humbles connaissances botaniques des contemporains du Seigneur. Jésus, en qui se trouve tous les trésors de la sagesse et de la science, se met à leur portée afin d’en être compris.

Et pour toutes sortes de raisons ce verset riche en chlorophylle me parle. Il s’adresse, selon la belle formule de Saint Augustin, directement aux oreilles de mon cœur.

On retrouve à nouveau la règle toute simple souvent mentionnée : les réalités terrestres sont l’image de celles d’en Haut.

Jésus Christ, vivant au milieu de nous, nous parle encore aujourd’hui par ces mots. Le raisin évoque bien sûr le vin, qui représente à son tour la vie qu’Il nous donne 
(je suis venu pour qu’ils aient la vie, et la vie en abondance). Dieu a souvent dans l’Écriture comparé Israël à une vigne. Israël, vigne du Seigneur, devait selon les termes du pacte passé avec Dieu lui rapporter raisin, vin, fête et joie. Lui rendre un tribut festif d’adoration et de louange. Ce raisin est donc celui que le Maître de la vigne appelle de ses vœux et ne trouve pas en Israël.
 Il faudra donc que le Christ fasse couler ce vin de la vie et la joie, celui du Royaume. Il le fera couler avec libéralité à Cana lors de son premier miracle, à la demande expresse de Sa mère.

Ce vin n’est pas un symbole nébuleux : il appartient au quotidien. Nul besoin de théologie pour en percevoir le sens immédiat. Or on ne le trouvera pas dans les épines, c'est-à-dire dans tout ce qui limite l’homme, l’empêche de marcher, l’étouffe et le prive de sa ressemblance avec Dieu, de sa qualité de fils de Dieu, cohéritier du Christ. La quête de Dieu est l’ouverture d’un chemin de liberté, en aucun cas elle ne peut être synonyme d’enfermement.

Je pense à mon chardon d’hier, qui avait su franchir ses propres épines et sauter du coup au-delà des barbelés qui le voulaient enfermer. Belle leçon qu’il nous a donnée. Les chardons sont souvent plus chrétiens que nous.

Donc, pour avancer dans la liberté des enfants de Dieu, il faut en quelque sorte accepter de nous laisser agrandir par Dieu lui-même. Il nous hisse jusqu’en son Immensité en renonçant à nos propres prétentions à la grandeur et à l’autosuffisance. On reconnaît à cela l’œuvre de vie de Dieu en nous : c’est le raisin qui pousse quand nous, les sarments, acceptons de recevoir la vie du Cep qui est le Christ.

Pour continuer de filer la métaphore de la vigne, on ne cueillera donc pas la vie éternelle dans les épines des doctrines revenues à l’état sauvage, qui font fi de l’union de l’homme à Dieu, ou pis encore, qui font de l’homme son propre Dieu, le réduisant au terrible esclavage que dénonçait en ces termes le Poète dans Recueillement des Fleurs du Mal : « Sous le fouet du plaisir, ce bourreau sans merci ... »

Qu’en est-il de la figue, celle qu’il est impossible de cueillir sur les chardons ?

On sait que ce fruit calme la faim et la soif, au point qu’il était jadis un aliment complet capable de nourrir son homme à la belle saison. On se souvient que le Seigneur lui-même demanda un jour des figues à un arbre qui n’en avait pas et qu’à la stupéfaction de Ses apôtres, ce figuier se dessécha puis mourut en quelques heures. 
Tragique dénouement.

Les figues représentent le fruit que Dieu attend de nous. « J’ai soif » a-t-il dit à la Croix. A ce moment terrible, aucun fruit de douceur n’a été donné à Dieu par l’homme, si ce n’est tout le contraire : une éponge imbibée de fiel !

Reste qu’il nous est possible de donner à Jésus de ce fruit qu’il lui plaît de nous demander, et que dans sa bienveillance il veut bien accepter de nous (nous qui n’avons, soit dit en passant, rien à lui offrir qu’Il ne nous ait déjà donné lui-même).

Comment ?

En les cherchant pas sur les chardons, sur ce qui pousse spontanément comme le dit le texte que Matthieu applique aux faux prophètes. Mais en les cultivant avec constance et humilité au fond d’un cœur qui s’exerce à la charité. En répétant avec amour nos allégeances à Son Amour. En produisant un fruit de bienveillance et de douceur qui Lui ressemble. Là est la vraie saveur des fruits que nous lui pouvons tendre, nous les ouvriers de Son Jardin, invités à travailler dans sa vigne pour sa Gloire lors des quelques instants qui constituent toute notre vie.

Épines et chardons, amis de mes courses folles dans les chemins creux, vous ne semblez pas avoir la côte avec le Seigneur. En effet vous piquez, lacérez et blessez, vous obstruez le passage et ne laissez pas l’aventurier avancer librement là où son gré le conduit.

Et cependant vous avez porté un jour un fruit inouï.

Les 
épines qui ont blessé la tête du Sauveur ont fait couler le sang qui nous rachète.

Dieu a libéré sa créature par cela même qui l’entravait !

C’est pourquoi on ne peut s’empêcher de regarder ces épines d’un œil contrit et aimant.

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Les armes du Combat 

Jean 10 :10
Je suis venu pour qu’ils aient la vie, et la vie en abondance

Matthieu 7 :15
C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. On ne cueille pas du raisin sur des épines, ni des figues sur des chardons

mardi 25 août 2009

Confiture

mûres Août 2009
Contrairement à ce que j’avais affirmé haut et fort dans un précédent billet (nos cœurs n’en sont pas à une contradiction près, Toi qui les as créés Tu le sais bien Seigneur) je me suis accordé le plaisir d'enfance de partir en vadrouille dans les alpages pour y cueillir des mûres et ainsi rapporter un peu du parfum de ces chemins agrestes ; en prévision des jours moins généreux où le travail prélève la part du lion sur nos minutes.
Pendant que je remplissais un fond de seau de son maigre et épineux butin il m’est venu à l’esprit une comparaison certes pas ou peu novatrice ; mais qui m’a ouvert de nouvelles perspectives de méditation.
Ne sommes-nous pas semblables à ces fruits sylvestres et méchants qu’il Te faut recueillir en Te piquant (comment ne pas penser à Ta couronne d’épines alors qu’on se trouve au milieu des ronces ?) afin d’en faire une confiture pour le Royaume, où rien d’amer ne peut entrer ?
Pour une mûre à peu près présentable, combien de baies à moitié rongées par les punaises, les vers et autres ravageurs ?
Combien de fruits pourris, blets et acides, d’autres en revanche pas assez mûrs, mais tous nichés au milieu d’inextricables épines ?
Et avant de trôner fièrement dans un bocal bien propre sur la nappe du petit-déjeuner familial, en quelle compagnie étaient ces fruits !
Ici une araignée gavée des insectes attirés par la pitance sucrée ; tout à son affaire dans sa toile, là une mouche irisée mais crottée, là encore une affreuse limace venant participer lentement au festin des mûres sur les ronciers ?
Et que dire des punaises qui dégagent une odeur infâme alors qu’elles dégustent les baies qu’elles gâtent irréparablement ?
Or les similitudes avec la vie spirituelle sont patentes. Les mûres, petit trésor savoureux et sucré, sont nos bonnes intentions. Vite corrompues par toutes sortes de ravageurs, les vices et défauts, laisser-aller et appétits peu avouables.
Les épines sont les préoccupations qui en rendent la réalisation difficile, voire impossible.
Quant aux punaises puantes ; elles peuvent représenter les calomnies et médisances que nous pouvons dire, entendre ou subir, elles laissent en tous cas le même parfum lorsqu'on ne "veille pas à la porte de ses lèvres".
Pour arriver à tirer quelque chose de bon de cette cueillette ; quel travail épuisant ! Certes courir les chemins creux dans une grande frénésie d’enfance retrouvée est grisant, mais le résultat est maigrelet, à peine quelques menus bocaux ! Il faut vraiment avoir envie des mûres d’un terroir particulier !
Ne faut-il pas laver, trier, épépiner cette cueillette au prix d’un effort considérable ; la triturer, la sucrer et la cuire, la stériliser avant de pouvoir en tirer enfin la confiture parfumée et délicieuse attendue ?
Il y a, ai-je pensé hier, beaucoup à faire avant qu’une bonne intention arrive à produire son fruit.
Et sans Ta grâce, ô notre Divin jardinier, nous ne serions qu’épines et baies pourries.
Heureusement, au prix d’une patience infinie et d’une Providence inépuisable, Tu daignes Toi-même faire mûrir et cueillir nos maigres bonnes résolutions pour en tirer le meilleur, les rendre présentables et les emporter dans Ton royaume.
Pour cela aussi Seigneur je veux te remercier ce jour !
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Les armes du combat :
Saint Matthieu 7,15-19
Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus sur la montagne, il leur disait : ” Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans ce sont des loups voraces. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. On ne cueille pas du raisin sur des épines, ni des figues sur des chardons. C’est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits, et que l’arbre mauvais donne des fruits détestables.