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mardi 24 novembre 2009

Chercher Ton visage

le visage du Christ. Icône.Roumanie.


Chercher Ton visage
inlassablement
au fond de nos propres cœurs.
Là où il est profondément enfoui,
Te chercher.

Que trouverons-nous dans cette quête
si ce n’est des rictus, des caricatures,
rien qui n’évoque Ta beauté ?

Que trouverons nous en Te cherchant ?
Peut-être au fond de nous le souvenir
de ta voix qui nous a convoqués hors du néant au début de notre
histoire personnelle.

Mais en Te cherchant nous avons la certitude
car Tu es en nous, plus intime et fidèle que nous-mêmes.

Ton visage est celui que contempla Véronique
Poussière et sang, sueur et larmes.
Il nous dessine : c’est nous que nous voyons ;
en voyant Ta souffrance, nous savons ce que nous sommes.

Idée solidaire n°18 :

Embellir le visage du Christ grâce aux âmes du Purgatoire.
Les âmes sont la Gloire du Sauveur. Toute âme sauvée est un joyau qui
resplendit sur sa couronne.
"Ah! Voici comment je serai la providence du bon Dieu: Il aime tant les
âmes du Purgatoire et il ne peut les délivrer à cause de sa justice!
Eh bien! Moi, je lui donnerai ces âmes qu'Il aime et je demanderai à
tout le monde de Lui en donner par des prières et par de petits
sacrifices".
Sœur Marie de la Providence à l'âge de 12 ans

jeudi 19 novembre 2009

Un oiseau mazouté



C’était je crois un Guillemot de Troïl. Un oiseau de mer d’ordinaire farouche aperçu de loin et surtout connu par les planches des livres qui tapissaient ma chambre quand j’avais 20 ans et que la passion de l’ornithologie m’habitait. Mais là il était bien vivant, incongru dans cet enchevêtrement de planches et de cordes rejetées avec la laisse de la nuit. Son aspect était pathétique et mouillé. Oui mouillé, ce qui est tout de même étonnant chez ces oiseaux qui toujours hantent l’eau mais en sont protégés par une combinaison étanche faite de plumes et de secrétions grasses dont ils s’enduisent abondamment. Il y avait dans son apparence un je ne sais quoi d’indifférent à l’homme qui m’alerta. Je m’en approchai il ne s’envola pas : il était mazouté et ne pouvait plus bouger.
Je le pris dans mes mains, m’étonnai de sa légèreté et partis un peu tremblant en quête d’un centre de secours pour oiseaux, ce qui n’est pas chose aisée. L’animal avait était complètement frigorifié, il semblait avoir jeûné au-delà de ses forces et sa maigreur avait quelque chose d’improbable.
Le mazout avait fait de son plumage une masse compacte et répugnante.
Visqueuses et froides, comme une sorte de feutre imbibé d’huile ses plumes le minéralisaient, lui faisaient perdre sa qualité d’animal à sang chaud. Elles étaient devenues ses pires ennemies, il aurait fallu les arracher pour rendre à sa chair un aspect vivant.
Bien sûr aucun centre n’en voulait, après la récente marée noire les capacités d’intervention s’étaient épuisées. Je tentais de le tirer d’affaire tout seul et le mis sous la douche avec du liquide vaisselle plein les plumes. Rien n’y fait, il fallait de toute évidence pour le débarrasser de cette pollution un solvant bien plus efficace que celui que j’avais à la maison.
Entouré dans une serviette l’oiseau fut finalement conduit dans un centre dépendant de la faculté des sciences du musée maritime.
Il fut pris en charge par une personne très sympathique qui l’introduisit dans une sorte de lave-vaisselle dont seule sa tête émergeait. Elle m’en expliqua le fonctionnement et la difficulté, j’en fus étonné.
L’effort pour enlever la crasse chimique tombée sur cet oiseau est considérable et sans cette intervention il était absolument impossible que le guillemot s’en sorte.
Je me souviens en ce moment de cette histoire par analogie, bien sûr. Nous avons du mal à comprendre les affaires de la vie spirituelle, et les comparaisons intelligibles sont les bienvenues. L’oiseau représente nos âmes, le mazout c’est le péché (le mien, le tien, celui du monde).
Le purgatoire c’est la machine qui lave et rend à la vie les pauvres âmes mazoutées, qui peuvent alors reprendre leur essor vers l’infini de Dieu, figuré par l’océan. La seul solvant pour enlever les péchés ce n’est ni le liquide vaisselle, ni un vague repentir, c’est le sang du Christ intégralement versé pour chacun d’entre nous.

Les Armes du combat :

He 9 : 14 combien plus le sang de Christ, qui, par un esprit éternel, s'est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant !


Idée solidaire nº 17 :
Offrir à Dieu le sang du Christ pour les âmes du Purgatoire, selon la formule de la sainte d’Helfta (voir le précédent billet) et particulièrement à la messe pendant l’Offertoire.
- La prière de l’ange enseignée à Fátima :

Très Sainte Trinité,
Père, Fils et Saint-Esprit,
je Vous adore profondément
et je Vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ
présent dans tous les tabernacles du monde,
en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences
par lesquels il est Lui-même offensé.
Par les mérites infinis de Son Très Saint-Cœur
et du Cœur Immaculé de Marie,
je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs.

lundi 16 novembre 2009

En la fête de Sainte Gertrude d'Helfta



Comme une halte à mi-parcours sur l’étape du mois de novembre, mois des âmes, leurs amis entrent dans la joie de la célébration liturgique de sainte Gertrude fêtée le 16 novembre (on le faisait jadis le 15 ou le 14, peu importe).
Sainte Gertrude est allemande, c’est une bénédictine du moyen Age (deuxième partie du 13ème siècle) qui nous est incroyablement proche, comme le sont tous ceux qui sont dans le cercle intime de Dieu quand on le cherche de toutes ses forces.
Sa vie et son œuvre "Le Héraut de l’Amour divin" sont longuement expliquées dans de belles et nobles et hagiographies, je n’ai rien à ajouter, si ce n’est le témoignage de la forte impression que m’a produite sa pensée, claire et forte.
Sa vie mystique, sa relation quasi permanente avec le Seigneur nous valent des pages précieuses d’un enseignement lyrique, mais bien documenté, étayé par une connaissance fine des textes patristiques et de la Bible.

Sa vision du purgatoire, qu’elle ne désigne presque pas sous ce vocable, (elle parle de Purification) est extrêmement intéressante car sa perception du Cœur de Jésus le montre désireux de suppléer lui même aux défauts et imperfection des âmes. Cette notion mérite qu’on s’y arrête car elle jette une lumière très bienvenue sur l’importance de nos actions, qui doivent toutes trouver leur source dans l’amour de Dieu. A ce titre, il est bon de se plonger dans ses écrits, dont la saveur surannée peut surprendre, mais dont la beauté cherche - et parvient - à exprimer un reflet de celle de l’amour de Dieu pour nous.

Idées solidaires nº16 :
2 prières pour les âmes avec Sainte Gertrude parmi bien d'autres (elles sont réputées capables de délivrer des multitudes d’âmes à chaque récitation faite avec amour)

1º Prière de sainte Gertrude pour les âmes du purgatoire (on y retrouve l’excellence de la notion de suppléance, qui fait que Dieu offre pour nous l’immensité de ses mérites, et rend efficaces nos demandes).

Très doux Seigneur Jésus, je te prie de bien vouloir exaucer, par les mérites de ta très sainte vie, cette prière que je t’adresse pour les défunts de tous les temps, et spécialement ceux pour qui l’on ne prie jamais.

Je te demande de suppléer à tout ce que ces âmes ont négligé dans l’exercice de tes louanges, de ton amour, de la reconnaissance, de la prière, des vertus et de toutes les autres bonnes œuvres qu’elles auraient pu accomplir et qu’elles n’ont point faites, ou qu’elles ont accomplies avec trop d’imperfection.

Amen.

5 Notre Père - 5 Je vous salue Marie.

2º Prière de sainte Gertrude pour les âmes du purgatoire
Père éternel, je vous offre le Sang très précieux de votre divin Fils Jésus, en union avec les messes célébrées aujourd’hui dans le monde entier, pour toutes les saintes âmes du purgatoire, pour les pécheurs du monde entier et de l’Église universelle, en particulier ceux de ma famille ! Amen !

dimanche 15 novembre 2009

Ton Cœur comme une source

ô Jésus, Fontaine inépuisable de charité, j’ai confiance en Vous
J+M



Dans nos aridités 
Seigneur, Tu te fais Source.
Dans nos douleurs
Tu es douceur immortelle.
Dans nos trahisons
Tu consoles et restaures
La fidélité perdue.

Bien incapable de t’aimer,
Aussitôt qu'avec peine nous avons balbutié
Un vague désir de ta présence
Te voici, tu accours
Tel le plus doux des pères.
Le Roi de gloire se penche
Vers l’humanité qui l’ignore.

A présent vers Toi nos âmes gémissent
Accablées par leur ingratitude
Et tu nous offres à nouveau ton Cœur
Comme une source
Pour irriguer le désert
Qu’ont été nos vies, nous qui avons adoré
Tous les faux dieux, tous les veaux d’or
Et qui voudrions tout de suite ton Ciel en rétribution.


Les armes du combat :

Jean 2 20-21

Les Juifs dirent : Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours tu le relèveras! Mais il parlait du temple de son corps.

Jean 19 : 34

mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il sortit du sang et de l'eau.

Ezéchiel 47 : 1-2

Il me ramena vers la porte de la maison. Et voici, de l'eau sortait sous le seuil de la maison, à l'orient, car la face de la maison était à l'orient; l'eau descendait sous le côté droit de la maison, au midi de l'autel. 2 Il me conduisit par le chemin de la porte septentrionale, et il me fit faire le tour par dehors jusqu'à l'extérieur de la porte orientale. Et voici, l'eau coulait du côté droit.

Ezéchiel 47 : 12

Sur le torrent, sur ses bords de chaque côté, croîtront toutes sortes d'arbres fruitiers. Leur feuillage ne se flétrira point, et leurs fruits n'auront point de fin, ils mûriront tous les mois, parce que les eaux sortiront du sanctuaire. Leurs fruits serviront de nourriture, et leurs feuilles de remède

Idée solidaire nº15

Donner à boire à ceux qui sont dans un Purgatoire aride, parce que peu arrosé des larmes du repentir et de la reconnaissance. Leur bilan est un désert où ne poussent guère que des épines, et aucun des arbres de la charité dont les fruits sont savoureux et les feuilles sont des remèdes. La source du Cœur de Jésus, qui sort du nouveau Temple est ce qui convient le mieux pour ces âmes-là.
Il est donc solidaire de prier avec elles en disant “ ô Jésus, Fontaine inépuisable de charité, j’ai confiance en vous” ou toute autre invocation à ce Divin Cœur.

samedi 14 novembre 2009

La reine qui anticipait

 Isabel de Portugal Zurbarán 1640, óleo sobre lienzo, 184 x 98 cm
J+M


Santa Isabel de Portugal [Zurbarán] 1640, huile sur toile, 184 x 98 cm Musée du Prado

Parmi tous les privilèges de la sainteté, celui de pouvoir contempler dès ici-bas la réalité des valeurs éternelles n’est pas le plus mince. Or c’est ce qu’il advint à Sainte Elisabeth, reine du Portugal et dont le célèbre miracle des roses donne un exemple frappant (São rosas, senhor....). Car au fond on pourrait penser qu’en informant son mari sur le contenu de son tablier, la sainte avait menti, ce qui n’est pas considéré comme une vertu, bien au contraire. Elle portait, on le sait, des secours pour les nécessiteux.
Or sa réponse "Ce sont des roses, Seigneur" pour désigner l'argent des aumônes, validée par le Ciel, pose un problème car elle ne dépeint pas exactement ce qu’elle portait, mais dans un raccourci, anticipe la réalité future de son geste. Donner à manger à ceux qui ont faim est certainement une œuvre de miséricorde, qui permet de poser des gestes pour l’éternité. Leur valeur devient alors éternelle. Les quelques biens matériels qu’elle avait destinés à cette action sont devenus des roses célestes, plantées dans un jardin qui n’a pas vocation à se flétrir.
On peut retenir de ce miracle plusieurs choses quoi nous concernent aujourd’hui et maintenant.
- En premier lieu, la reine est devenue alchimiste par amour, elle a été capable de transformer de la matière périssable en symbole immortel. C’est cette alchimie que le chrétien est appelé a effectuer au long de sa vie et qui est rendue possible par la grâce du baptême, elle est la noblesse de sa vocation qui fait de lui un prophèteun prêtre et un roi.
Prophète qui parle au nom de Dieu, prêtre qui offre le sacrifice de ses prémices (de sacrum, neutre de sacer « ce qui est sacré » et facere « faire ; accomplir une cérémonie sacrée. Rendre sacré est précisément ce qu’a fait Sainte Elisabeth qui a transformé un peu d’or terrestre en roses immortelles et sacrées, agréables à Dieu).
Roi enfin en sa qualité de fils du Roi des rois.
- Ensuite elle a été capable d’une acuité spirituelle extraordinaire, qui lui a permis de reconnaître le Christ dans l’Autre, dans les pauvres démunis et malodorants qui se traînaient devant son palais, car c’est bien le Christ qui a opéré le prodige de transmuer en roses les secours qu’elle portait.
- Enfin, son action a eu une portée exemplaire et extraordinaire sur son mari, lequel n’ignorait pas ce qu’elle faisait et lui avait tendu un piège pour la mettre en difficulté.
A n’en point douter, le sire portugais tout pétri de machisme a dû passer un drôle de moment devant l´évidence de la sainteté de sa femme alors qu’il s’apprêtait à lui donner une leçon d’économie domestique. Rebondissement inattendu, mais logique, l’œuvre de charité simple devient spirituelle, car corriger ceux qui se trompent (sous-entendu avec douceur mais fermeté) est aussi une des œuvres de miséricorde que le chrétien doit accomplir pour remplir son propre panier avant de le présenter au Seigneur lors de l’examen appelé jugement particulier .

La triple portée de cette scène doit nous parler aujourd’hui.
Les pièges de l’argent, de l’individualisme et de l’égoïsme sont insidieux mais prégnants. A l’inverse, la vraie noblesse est à la portée de tous, elle est dans le partage et l’accomplissement de la volonté de Dieu.
Nous avons tous à anticiper la réalité future de nos gestes, et avec notre temps, notre argent et nos efforts d’aujourd’hui nous pouvons planter des roses pour éternité, ce soin n’est pas réservé aux princesses.
Roses de prières et roses de sacrifices, roses d’aumônes et roses de miséricorde. Aujourd’hui comme hier le pauvre est à nos portes et a faim, qu’il soit pauvre de pain ou pauvre d’estime de soi, pire encore, pauvre au point d’avoir oublié la noblesse de sa vocation et ne savoir ni qu’il est fils de Dieu, ni même qu’il y a un Dieu.
La gloire du chrétien c’est sa rapidité à lui apporter secours en lui montrant Dieu essentiellement à travers sa propre manière de dire Dieu, c'est à dire en agissant avant tout par amour, en donnant l’exemple du pardon et de la générosité.

En ces jours de novembre, il y a aussi une pauvreté à soulager, ce sont les besoins des âmes du Purgatoire.
Âmes paradoxales, si pauvres qu’elles ne peuvent plus rien faire pour elles-mêmes, si riches d’avoir déjà la certitude (que nous n'avons pas) qu’elles seront un jour avec Dieu.
A l’exemple de sainte Elisabeth du Portugal, soyons généreux avec elles, même – et surtout – si nous n’avons que quelques miettes à offrir. Souvenons-nous de la multiplication des pains faite par le Seigneur. Elle ne s’est pas faite ex nihilo, mais à partir du goûter qu’un enfant a mis à la disposition du groupe des apôtres, un peu de pain et de poisson.
Ces miettes serviront, après avoir été bénies par le Seigneur, à alimenter une foule de 5000 hommes.
Si nous donnons au Seigneur une miette pour les âmes, Lui il agira. Et nous aurons la joie insigne d’avoir contribué à l’arrivée au Ciel de ceux qui nous ont fait arriver sur terre, ancêtres, amis, parents, bienfaiteurs défunts.


Idées solidaire nº14 :
Apporter des miettes à Dieu pour la foule des défunts, sachant qu’Il les multipliera.
Miette de temps : réciter une dizaine de chapelet, dire une courte prière en passant devant un cimetière…
Miette d’argent : faire dire une messe (17 € dans les diocèses de France), donner une aumône, répondre à une sollicitation pour une ONG ….
Miette de solidarité : poser un geste de miséricorde pour les âmes, qui peut aussi n'être que ce que qu’une simple écoute généreuse des souffrances d’un(e) importun(e)…
Il y a des tas de 
miettes qui ne demandent qu’à être bénies par Dieu, à nous de les trouver. Petit à petit nous apprendrons à donner de plus en plus, nous savons qu'un jour où il faudra bien tout Lui remettre, alors autant s'entraîner.


Marc 6:41-42


Il prit les cinq pains et les deux poissons et, levant les yeux vers le ciel, il rendit grâces. Puis, il rompit les pains, et les donna aux disciples, afin qu'ils les distribuassent à la foule. Il partagea aussi les deux poissons entre tous. Tous mangèrent et furent rassasiés,

Mat 25:40

Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites.

vendredi 13 novembre 2009

C’est la Croix qui nous porte

c’est la Croix qui nous porte

La Croix, en ce vendredi, comme une évidence :
c’est la Croix qui nous porte, la Croix qui nous sauve.
Cette Croix comme une arche, nous contient tous, nouveaux Noé
appelés à voir la Colombe nous annoncer de nouveaux rivages
C’est la Croix aussi qui conduit les défunts
à travers l’immensité des abîmes jusqu’au port de Son cœur.

Sur la Croix, le très gracieux et très aimable enfant de David n’avait plus figure humaine
et sur les gibets de nos avis, de nos opinions, de nos lâchetés,
Sa Parole est pareillement défigurée et trahie.


Idée solidaire nº 13

Réciter le Chemin de Croix pour les âmes ou encore regarder un crucifix avec un cœur contrit et reconnaissant, non pas comme un objet, mais comme un sceau sur une lettre d’amour.
Le faire en solidarité avec les âmes pour qui nous prions en ce mois de novembre, mois des âmes, mois des fiançailles du Christ avec toute leur cohorte immense qui se purifie pour entrer dans les noces éternelles.
Trop peu de chrétiens  regardent la Croix avec toute la reconnaissance due au Maître de la vie, qui a accepté pour chacun d'entre nous une injuste condamnation, suivie d’une exécution atroce. Or c’est par elle que nous sommes sauvés, il ne faut donc pas hésiter, en compensation de toutes ces froideurs, à montrer beaucoup d’attachement à cette croix dans une démarche solidaire de réparation et d’amour.


+++++

Les armes du combat :

Colossiens 2-15 :

Il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d'elles par la Croix. 

jeudi 12 novembre 2009

Quel est donc le jeûne qui me plaît ? (Isaïe 58)

délier les attaches
J+M


L’exercice du jeûne -on l’a vu- est efficace pour tourner les cœurs vers l’essentiel, et purifier les excès des appétits divers. A ce titre, s’il est offert, accompagné de prière et d’actes de solidarité, il peut constituer une aide efficace pour les âmes du Purgatoire. Il est de plus accompagné de grandes joies pour celui qui le pratique.
Mais le mot jeûne, pris dans une dimension surnaturelle, au-delà des limites simples de la nature, là où intervient la grâce, peut revêtir d’autres aspects.
On peut jeûner et s’abstenir de nourriture mais aussi de télévision, mais aussi d’Internet (un jeûne qui, pour ma part, me coûte quelques combats), de tabac ….
Bref d’un tas de choses qui nous font vivre, mais aussi mourir.
Il y a enfin une dernière catégorie de jeûne que Dieu aime, et qui est très explicitement exprimée dans la Bible :

Votre jeûne se passe en disputes et querelles, en coups de poings sauvages. Ce n'est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd'hui que vous ferez entendre là-haut votre voix.
Est-ce là le jeûne qui me plaît ? Est-ce là votre jour de pénitence ? Courber la tête comme un roseau, coucher sur le sac et la cendre, appelles-tu cela un jeûne, un jour bien accueilli par le Seigneur ?
Quel est donc le jeûne qui me plaît ? N’est-ce pas faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ?
N'est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, recueillir chez toi le malheureux sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ?
Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement.
Ta justice marchera devant toi, et la gloire du Seigneur t'accompagnera. Isaïe 58:4-8.

« Délier les attaches du joug » est une expression particulièrement éclairante. Le joug plus lourd à supporter c’est celui de l’estime de soi, lorsqu’elle est hypertrophiée et qu’elle empêche l’homme d’humilier son âme.

L’expression « faire tomber les chaînes injustes » nous convie à entrer dans une lecture surnaturelle des injonctions naturelles de ce chapitre d’Isaïe. Elle est soulignée par un procédé d’insistance des plus efficaces : la triple répétition. Aussi il est permis de penser que sur le plan spirituel les œuvres de miséricorde qui sont décrites et traduisent toutes des expressions actives de la charité peuvent se transposer dans la dimension surnaturelle, et nous faire dénouer les liens de ceux qui séjournent hors de portée naturelle, c'est à dire au Purgatoire.

« Partager ton pain » ressemble fort à une invitation à offrir le Pain de vie de la communion pour les âmes qui n'y ont plus accès.
« Recueillir chez toi le malheureux » : accepte que le souvenir des chers défunts soit présent dans ton cœur, sans en chasser la mémoire parce qu’elle est trop lourde ou trop douloureuse ou trop angoissante.

« Couvrir celui que tu verras sans vêtement »
Il est peu probable que cela nous arrive au sens propre aujourd’hui (mais sait-on jamais), cela dit au plan surnaturel, être dépouillé de la vie et de la capacité de mériter pour soi est une forme de nudité que la prière charitable peut couvrir (cf billet d’hier et la réponse du Seigneur à l’offrande de son demi-manteau à St Martin).
Nos amis du Purgatoire apprécieront, à n’en point douter, que l’on les délie des liens qui les entravent et les privent de la vision béatifique de Dieu. Ils s’empareront alors de la promesse qui figure leur entrée dans la cité céleste et qui éclate à la fin des versets d’Isaïe :
Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement.
Ta justice marchera devant toi, et la gloire du Seigneur t'accompagnera.

Idée solidaire nº 12
Se souvenir des défunts dans la prière et les présenter au Seigneur lors de la Communion.
Jeûner- (au sens d’Isaïe) ou faire le sacrifice d’une émission de télé, ou d’une ballade sur Internet et les remplacer par un moment de lecture de la Bible pour eux.


Les armes du combat, d'après Isaïe 58,4-8 .

-Détache les chaînes de la méchanceté.
-Dénoue les liens.
-Que l’on rompe toute espèce de joug.
-Partage ton pain.
-Fais entrer dans ta maison les malheureux.
-Si tu vois un homme nu, couvre-le.

mardi 10 novembre 2009

La joie du jeûne


Oui, il existe une joie du jeûne, une joie de cette solidarité avec les pauvres, avec les petits, les humbles et les affamés. Il revêt des formes diverses et variées, du simple jeûne au pain et à l’eau, à celui plus difficile et strict qui exclut toute aucune absorption d’aliment ou de liquide comme celui qui est décrit dans le livre d’Esther. et qui précéda le relèvement de tout le peuple d'Israël. Le jeûne volontaire pour l'amour de Dieu, pratiqué depuis toujours (on en retrouve mention dans l'Evangile. Alors que les pharisiens s'étonnaient que les disciples du Seigneur ne le pratiquent pas ils s'entendirent répondre :
Les jours viendront où l'époux leur sera enlevé, alors ils jeûneront en ces jours-là. ). Cette réplique du Seigneur annonce bien que les chrétiens intégreront cette pratique, le jeûne est en effet une bénédiction que Dieu accorde gracieusement, il suffit de la demander.
Marie dans ses messages l’a souvent demandé, notamment à Medjugorje , où il est de tradition de jeûner 2 fois par semaine au pain et à l’eau.
La pratique du jeûne est un peu remisée, mise au placard dans notre religion. Elle est en revanche tout à fait considérée et respectée si elle concerne un régime, une diète, c'est à dire une activité de peu de substance spirituelle.

Jeûner pour l'amour de Dieu, en solidarité avec les pauvres, et au premier chef les plus pauvres des pauvres, les défunts qui ne peuvent plus rien pour eux-mêmes, est pourtant une aventure spirituelle simple et riche de découvertes, ne serait-ce que parce que cela dégage du temps pour la lecture de la Parole de Dieu, car l'homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole de Dieu. (Lc 4 :4) .
Le jeûne agrandit l'âme et lui donne des perspectives plus humbles, il est bon d'avoir faim, de ne pas assouvir instantanément ses pulsions, et de se contenter modestement de découvrir ses propres limites. Cela permet d'acquérir de la patience et de sortir de la tyrannie de l'instant.
Le jeûne revêt tout son sens s'il est précédé de la prière, accompagné de la lecture de la Parole et suivi d'une aumône.
A ce titre, ces pratiques pieuses et joyeuses peuvent être utiles à nos défunts qui profiteront de cette solidarité pour être libérés du poids de leurs possibles dérèglement en ce qui concerne l'appétit ou la gourmandise ; et des tristesses qui vont avec.
C’est donc un projet gagnant-gagnant, où tout le monde trouve son compte : le croyant qui entre dans la joie du jeûne, et les âmes qui par l’effet de cette solidarité entrent plus vite dans la joie du Ciel. Il existe en outre un nombre considérable de bénéfices adjacents, comme celui de de donner du repos à l’organisme du jeûneur et … qui sait, si cette pratique se généralisait, la planète tout entière s’en porterait-elle plus mal ?

Idée solidaire nº 10 : En ce mois de novembre, entrer dans la joie du jeûne en solidarité avec les âmes du Purgatoire
Les armes du combat :
Lc 17 :21
Et il leur dit : Cette sorte ne peut sortir en aucune façon, si ce n'est par la prière et par le jeûne. ...

Prière attribuée à St Ephrem le Cyrien
(Voir le magnifique commentaire de cette prière sur les site des Assomptionnistes)
PRIERE POUR LES JOURS DE JEÛNE

" Seigneur et maître de ma vie,
Ne m'abandonnez pas à l'esprit d'oisiveté, d'abattement,
De domination et de vaines paroles.
Mais accordez-moi l'esprit d'intégrité, d'humilité,
De patience et d'amour,
A moi votre serviteur.
Oui, Seigneur Roi,
Donnez-moi de voir mes fautes
Et de ne pas juger mon frère,
car Vous êtes béni dans les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.
Ô Dieu, purifie-moi, pêcheur.