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jeudi 12 novembre 2009

Quel est donc le jeûne qui me plaît ? (Isaïe 58)

délier les attaches
J+M


L’exercice du jeûne -on l’a vu- est efficace pour tourner les cœurs vers l’essentiel, et purifier les excès des appétits divers. A ce titre, s’il est offert, accompagné de prière et d’actes de solidarité, il peut constituer une aide efficace pour les âmes du Purgatoire. Il est de plus accompagné de grandes joies pour celui qui le pratique.
Mais le mot jeûne, pris dans une dimension surnaturelle, au-delà des limites simples de la nature, là où intervient la grâce, peut revêtir d’autres aspects.
On peut jeûner et s’abstenir de nourriture mais aussi de télévision, mais aussi d’Internet (un jeûne qui, pour ma part, me coûte quelques combats), de tabac ….
Bref d’un tas de choses qui nous font vivre, mais aussi mourir.
Il y a enfin une dernière catégorie de jeûne que Dieu aime, et qui est très explicitement exprimée dans la Bible :

Votre jeûne se passe en disputes et querelles, en coups de poings sauvages. Ce n'est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd'hui que vous ferez entendre là-haut votre voix.
Est-ce là le jeûne qui me plaît ? Est-ce là votre jour de pénitence ? Courber la tête comme un roseau, coucher sur le sac et la cendre, appelles-tu cela un jeûne, un jour bien accueilli par le Seigneur ?
Quel est donc le jeûne qui me plaît ? N’est-ce pas faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ?
N'est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, recueillir chez toi le malheureux sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ?
Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement.
Ta justice marchera devant toi, et la gloire du Seigneur t'accompagnera. Isaïe 58:4-8.

« Délier les attaches du joug » est une expression particulièrement éclairante. Le joug plus lourd à supporter c’est celui de l’estime de soi, lorsqu’elle est hypertrophiée et qu’elle empêche l’homme d’humilier son âme.

L’expression « faire tomber les chaînes injustes » nous convie à entrer dans une lecture surnaturelle des injonctions naturelles de ce chapitre d’Isaïe. Elle est soulignée par un procédé d’insistance des plus efficaces : la triple répétition. Aussi il est permis de penser que sur le plan spirituel les œuvres de miséricorde qui sont décrites et traduisent toutes des expressions actives de la charité peuvent se transposer dans la dimension surnaturelle, et nous faire dénouer les liens de ceux qui séjournent hors de portée naturelle, c'est à dire au Purgatoire.

« Partager ton pain » ressemble fort à une invitation à offrir le Pain de vie de la communion pour les âmes qui n'y ont plus accès.
« Recueillir chez toi le malheureux » : accepte que le souvenir des chers défunts soit présent dans ton cœur, sans en chasser la mémoire parce qu’elle est trop lourde ou trop douloureuse ou trop angoissante.

« Couvrir celui que tu verras sans vêtement »
Il est peu probable que cela nous arrive au sens propre aujourd’hui (mais sait-on jamais), cela dit au plan surnaturel, être dépouillé de la vie et de la capacité de mériter pour soi est une forme de nudité que la prière charitable peut couvrir (cf billet d’hier et la réponse du Seigneur à l’offrande de son demi-manteau à St Martin).
Nos amis du Purgatoire apprécieront, à n’en point douter, que l’on les délie des liens qui les entravent et les privent de la vision béatifique de Dieu. Ils s’empareront alors de la promesse qui figure leur entrée dans la cité céleste et qui éclate à la fin des versets d’Isaïe :
Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement.
Ta justice marchera devant toi, et la gloire du Seigneur t'accompagnera.

Idée solidaire nº 12
Se souvenir des défunts dans la prière et les présenter au Seigneur lors de la Communion.
Jeûner- (au sens d’Isaïe) ou faire le sacrifice d’une émission de télé, ou d’une ballade sur Internet et les remplacer par un moment de lecture de la Bible pour eux.


Les armes du combat, d'après Isaïe 58,4-8 .

-Détache les chaînes de la méchanceté.
-Dénoue les liens.
-Que l’on rompe toute espèce de joug.
-Partage ton pain.
-Fais entrer dans ta maison les malheureux.
-Si tu vois un homme nu, couvre-le.

mardi 10 novembre 2009

La joie du jeûne


Oui, il existe une joie du jeûne, une joie de cette solidarité avec les pauvres, avec les petits, les humbles et les affamés. Il revêt des formes diverses et variées, du simple jeûne au pain et à l’eau, à celui plus difficile et strict qui exclut toute aucune absorption d’aliment ou de liquide comme celui qui est décrit dans le livre d’Esther. et qui précéda le relèvement de tout le peuple d'Israël. Le jeûne volontaire pour l'amour de Dieu, pratiqué depuis toujours (on en retrouve mention dans l'Evangile. Alors que les pharisiens s'étonnaient que les disciples du Seigneur ne le pratiquent pas ils s'entendirent répondre :
Les jours viendront où l'époux leur sera enlevé, alors ils jeûneront en ces jours-là. ). Cette réplique du Seigneur annonce bien que les chrétiens intégreront cette pratique, le jeûne est en effet une bénédiction que Dieu accorde gracieusement, il suffit de la demander.
Marie dans ses messages l’a souvent demandé, notamment à Medjugorje , où il est de tradition de jeûner 2 fois par semaine au pain et à l’eau.
La pratique du jeûne est un peu remisée, mise au placard dans notre religion. Elle est en revanche tout à fait considérée et respectée si elle concerne un régime, une diète, c'est à dire une activité de peu de substance spirituelle.

Jeûner pour l'amour de Dieu, en solidarité avec les pauvres, et au premier chef les plus pauvres des pauvres, les défunts qui ne peuvent plus rien pour eux-mêmes, est pourtant une aventure spirituelle simple et riche de découvertes, ne serait-ce que parce que cela dégage du temps pour la lecture de la Parole de Dieu, car l'homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole de Dieu. (Lc 4 :4) .
Le jeûne agrandit l'âme et lui donne des perspectives plus humbles, il est bon d'avoir faim, de ne pas assouvir instantanément ses pulsions, et de se contenter modestement de découvrir ses propres limites. Cela permet d'acquérir de la patience et de sortir de la tyrannie de l'instant.
Le jeûne revêt tout son sens s'il est précédé de la prière, accompagné de la lecture de la Parole et suivi d'une aumône.
A ce titre, ces pratiques pieuses et joyeuses peuvent être utiles à nos défunts qui profiteront de cette solidarité pour être libérés du poids de leurs possibles dérèglement en ce qui concerne l'appétit ou la gourmandise ; et des tristesses qui vont avec.
C’est donc un projet gagnant-gagnant, où tout le monde trouve son compte : le croyant qui entre dans la joie du jeûne, et les âmes qui par l’effet de cette solidarité entrent plus vite dans la joie du Ciel. Il existe en outre un nombre considérable de bénéfices adjacents, comme celui de de donner du repos à l’organisme du jeûneur et … qui sait, si cette pratique se généralisait, la planète tout entière s’en porterait-elle plus mal ?

Idée solidaire nº 10 : En ce mois de novembre, entrer dans la joie du jeûne en solidarité avec les âmes du Purgatoire
Les armes du combat :
Lc 17 :21
Et il leur dit : Cette sorte ne peut sortir en aucune façon, si ce n'est par la prière et par le jeûne. ...

Prière attribuée à St Ephrem le Cyrien
(Voir le magnifique commentaire de cette prière sur les site des Assomptionnistes)
PRIERE POUR LES JOURS DE JEÛNE

" Seigneur et maître de ma vie,
Ne m'abandonnez pas à l'esprit d'oisiveté, d'abattement,
De domination et de vaines paroles.
Mais accordez-moi l'esprit d'intégrité, d'humilité,
De patience et d'amour,
A moi votre serviteur.
Oui, Seigneur Roi,
Donnez-moi de voir mes fautes
Et de ne pas juger mon frère,
car Vous êtes béni dans les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.
Ô Dieu, purifie-moi, pêcheur.