mardi 3 novembre 2009

Adoration


J+M
Suite des méditations sur la solidarité avec les défunts.

Chez les auteurs mystiques qui se sont penchés (ou élevés) sur le sujet du Purgatoire ; une constante : cette affaire concerne la bonté de Dieu qui n’éteint pas la mèche qui fume encore et admet parmi ses élus l’âme la plus noire, à condition qu’elle éprouve un parfait repentir au moment de sa mort. Reste à se blanchir, et c’est une autre histoire.
Mais il faut bien être certain que la providence de Dieu a tout prévu pour ses prédestinés (une remarque en passant, nous sommes tous, absolument tous prédestinés sinon Dieu n’aurait pas pris le risque de nous appeler à l’existence) de telle sorte que nous n’ayons point à passer par le Purgatoire à l’heure de notre mort. Cette étape est due à la miséricorde qui nous permet de rattraper nos erreurs, et surtout nos froideurs.
Combien d’heures passés en futilités, devant des programmes de télé abrutissants ou dans des discussions fumeuses, et combien d´heures passées à remercier Dieu pour la Croix qui nous sauve et le sacrifice de Son fils ? Cette simple comparaison montre que nous avons tendance à perdre de vue l’essentiel avec une désarmante facilité ; il va falloir essayer de récupérer cela tant pour soi que pour les autres, ceux qu’on aime et qui sont passés de l’autre côté.
Pas question de stresser. Dieu a tout prévu, il suffit d’entrer dans Sa miséricorde. Sachant que la charité efface une multitude de péchés, accourons à cette Charité qui est présente chez nous, sans nécessité de remuer Ciel et Terre : Jésus hostie est dans tous les tabernacles du monde ; il est si facile d’aller adorer comme le faisait notre ami Saint Fray Maria Rafael qui parlait de « son tabernacle » (mi sagrario) tant il s’impliquait dans cette relation d’adoration.
Adorons-Le.
Il est là, soleil de justice avec la guérison sans Ses rayons. Guérison pour nos froideurs, notre inconstance, notre insouciance. Pour notre incroyable capacité à devenir la brebis perdue.
Prenons 5 minutes après l’action de grâce, prenons un instant lors de nos courses en ville (je vous garantis que vous ne serez pas gêné par la foule ; et que si vous avez au passage un souci à confier au Seigneur vous serez écoutés attentivement).
Et si vous avez la chance d’habiter une paroisse où le St Sacrement est exposé, profitez-en et adorez-Le !
Adorons-le pour nous même, c’est un doux devoir, et pour les autres nos amis défunts en réparation solidaire. Les minutes que nous passons avec Lui valent sans doute de petites éternités de l’autre côté, tant la mesure de réponse du Seigneur est démesurée.

Idée solidaire 3 :

Passer un peu de temps en adoration devant le St Sacrement pour nos défunts qui, hors du temps, ne peuvent pas le faire.
******
Les armes du combat :

Luc 6 :38
Donnez, et vous recevrez : une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans votre tablier ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous.
Éphésiens 1:4
En lui [le Christ Jésus] Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant Lui.

lundi 2 novembre 2009

2 Novembre, jour des défunts

Cimetiere La Paz Obrages Bolivie Novembre 2006
J+M

Belle tradition, qui consiste à faire mémoire de ceux qui nous sont chers et qui ne sont plus. Enfin, plus de la même façon, parce que pour ce qui est d’« être», je crois sincèrement qu’ils « sont « plus que nous, se trouvant dans l’Eternité.
Visiter les tombes, les fleurir, se recueillir, prier avec eux et pour eux, c'est un travail de deuil et de maturation, une préparation à cet abandon, cet acte de confiance en Dieu au cours duquel nous lui remettrons notre vie à notre tour (hodie mihi, cras tibi).
Je déplore avec force l’intrusion dans notre paysage spirituel de l’abominable Halloween, mix recyclé de superstitions celtiques et de néo paganisme à la sauce orange saveur citrouille ; alors que nous avons la paisible possibilité en ce temps de Toussaint de nous recueillir et de nous réjouir, sachant que nos proches disparus nous accompagnent de leur présence invisible et de leur prière.
Ce détournement est avant tout regrettable chez les enfants qui perdent le Nord spirituel, confondent défunts et monstres et ne voient plus dans les cimetières, ces espaces saints qu’en espagnol on appelle campo santo le lieu où est semée l’espérance mais le théâtre de confuses opération dites « gothiques ».
Ce tour de passe-passe spirituel est à l’évidence, car nous n’ignorons pas ses desseins, signé de celui qui veut nous priver de l’espérance, (Sur le chemin du salut, sur le chemin charnel, sur le chemin raboteux du salut, sur la route interminable, …., la petite espérance s’avance. C’est elle, cette petite, qui entraîne tout. Car la foi ne voit que ce qui est. Ch. Peguy)
Cette espérance est aussi la nôtre. Il existe une sorte de doux devoir -espérer en la miséricorde de Dieu, doux devoir de croire en son propre salut (et à fortiori en celui des autres) qui donne leur sens à nos cimetières. Ne les perdons pas de vue en ces jours de fête.
Et comme jadis Esaü n’échangeons pas nos privilèges et notre héritage de fils de Dieu contre un triste plat de lentilles. Notre espérance est bien de ressusciter au dernier jour, semés corruptibles et ressuscités vêtus du lin spirituel du Paradis. L’espoir de revoir nos êtres chers est fondé, pas celui de les voir se diluer dans un magma primal où la Pacha Mama sud-américaine emboîte le pas des forces telluriques celto-orientales, des chenilles et des papillons. Non. Pas d’obscure réincarnation ; à la lumière de la fête de tous les saints nos défunts ressusciteront. Semés mortels ils seront engrangés immortels dans les greniers de Dieu.
La parole de Dieu est très claire là-dessus.
Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement, (Hébreux 9:27)
Nous les retrouverons tels qu’ils nous ont aimés, et non pas transformés en improbables énergies.
Et c’est précisément pour hâter ces retrouvailles qu’il nous appartient solidairement de les aider dans leur parcours de purification, par tous les moyens que la Providence mis à notre portée : la prière, l’aumône, les sacrifices (ramasser une petite épingle comme sainte Thérèse sans protester peut-être un sacrifice de grande valeur).

Idée solidaire 2 :
Donner des aumônes pour les défunts
Le Seigneur Lui-même nous y invite : Donne à celui qui te demande (Mat 5 :42)
Cette monnaie-là donnée à ceux qui sont pauvres parmi les pauvres (les défunts n’ont plus rien) a cours au paradis, à l’inverse de nos richesses. Et puis il y a partout des pauvres qui tendent la main ...

Les armes du combat :

Luc 16:9

Et moi, je vous dis : Faites-vous des amis avec les richesses injustes, pour qu'ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels, quand elles viendront à vous manquer.
Hébreux 9:27
Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement.

dimanche 1 novembre 2009

Chic c’est novembre.

C'est Ta croix qui nous sauve, Seigneur, béni sois-Tu
J+M
Un mois avec les âmes.
Chic c’est novembre. Un mois qui commence bien, avec la fête de tous les saints pour laquelle la liturgie de ce dimanche a revêtu le célébrant de beaux habits blancs, qui rappellent la couleur des vêtements des invités aux noces de l’agneau.
D’ailleurs cette affaire de beaux habits blancs sera le fil rouge si j’ose dire de ce mois qui est traditionnellement consacré aux âmes du purgatoire, dans la foulée du jour des défunts (le 2).
Voici l’affaire. Le Ciel est ouvert à tous, il est bien entendu que ce lieu saint n’a pas de portes, comme le dit Sainte Catherine de Gênes qui a eu le privilège non seulement d’y entrer de son vivant, mais encore de pouvoir en revenir et nous le raconter. Pas de portes, certes, mais des invités bien vêtus et surtout un Maître de maison éblouissant de sainteté, de beauté, de bonté, qui inspire à l’âme les désirs les plus doux : elles ont été crées par Lui et Pour lui.
Or, lors de leur atterrissage, une fois accomplies les démarches et formalités, que se passe-il lorsqu’une de ces âmes n’est pas trouvée dans l´état d’élégance et de propreté que requièrent un tel séjour ?
Là aussi, là encore, la Miséricorde divine a tout prévu, et il existe un lieu où les âmes vont de leur propre chef chercher cet éclat qui leur fait défaut. Elles y resteront jusqu’à ce qu’elles aient payé le dernier centime de leurs frais de nettoyage, ce qui peut prendre un certain temps. Ce qui est dommage c’est que, pressées d’entrer dans l’Eternité, ce temps leur semble bien long, surtout qu’elles le consacrent à un douloureux décapage.
La bonne nouvelle de toute cette affaire c’est qu’entre les Eglises (on s’en doutait) règne une certaine solidarité.
De même que celle du Ciel intercède et porte secours à celle de la Terre, l’Eglise de la Terre (c'est-à-dire nous) peut aider celle qui souffre au Purgatoire (à la Blanchisserie du Ciel).
Il est bien évident que nous n’allons pas limiter cette solidarité au seul mois de novembre, mais nous pouvons nous servir de ce pense-bête liturgique pour accélérer l’entrée dans le grand monde des invitées restées dans la buanderie. Dans cette démarche de solidarité tout est bon : la messe, les prières, les aumônes.
On va essayer d’être présent sur tous ces fronts tous les jours de ce mois, gardant à l’esprit la belle formule attribuée à la B. Marguerite Marie de la Visitation « jamais l’ingratitude n’est entrée dans le Ciel »
Idée solidaire 1 : Faire dire des messes pour les âmes à un prêtre d’un pays où la foi catholique n’est pas libre, ou encore à un missionnaire grâce aux bons offices de l’AED (Aide à l’Eglise en Détresse), ce qui permet de faire d’une pierre 2 coups
Lecture intéressante pour approfondir (avec imprimatur) : l’ouvrage du Père Abbé François-Xavier Schouppe,s.j. (1823-1904)
Le Dogme du Purgatoire illustré par des Faits et des Révélations Particulières
(Qu’on peut lire en ligne)
Les armes du combat :

Mt 25,35-36 :
Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire, j'étais un étranger et vous m'avez accueilli,nu et vous m'avez vêtu, malade et vous m'avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir.