samedi 19 mars 2011

Passion du Seigneur vue par Marie d'Agreda

Marie d'Agreda

Paroles de Marie à la vénérable Marie d'Agreda
Paragraphes 1264 à 1267
1264. Le renoncement (reniement) de Pierre causa une plus grande douleur à notre divin Maître que le soufflet qu'il reçut; car autant le péché était contraire et odieux à son immense charité, autant et plus les souffrances lui étaient agréables et douces, parce qu'elles lui servaient à vaincre nos propres péchés. Après ce premier renoncement, Jésus-Christ pria le Père éternel pour son apôtre, et disposa que la grâce et le pardon de ses trois renoncements successifs lui seraient ménagés parle moyen de l'intercession de la bienheureuse Marie. Cette auguste Princesse voyait de son oratoire tout ce qui se passait, ainsi que je l'ai indiqué. Et comme elle avait dans son sein le propitiatoire et le sacrifice,
(1) Joan., XVIII, 16. — (2) Ibid.. 17.
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c'est-à-dire son adorable Fils lui- même sous les espèces eucharistiques , elle lui adressait ses amoureuses prières, exerçant des actes sublimes de compassion, de reconnaissance et. d'adoration. Quand elle eut connu le renoncement de saint Pierre,
le renoncement de saint Pierre elle pleura amèrement , et elle n'arrêta point ses larmes qu'elle n'eût su que le Très-Haut ne lui refuserait point ses grâces, et qu'il le relèverait de sa chute; Cette tendre Mère sentit aussi dans son corps virginal toutes les douleurs et toutes les blessures de son Fils, et aux mêmes endroits que lui. Et lorsque le Seigneur fut garrotté avec les cordes et les chaînes, elle éprouva aux mains un mal si violent, que le sang en jaillit comme si elles eussent été fortement litres; et il en arriva de même pour les autres blessures qu'il recevait sur sa personne sacrée. Comme à ces souffrances corporelles se joignait la douleur qui déchirait son âme en la vue des tourments qu'endurait notre Seigneur Jésus-Christ, elle finit par verser dans cet amoureux martyre des larmes de sang, prodige qu'opéra te bras du Seigneur. Elle sentit aussi le soufflet qui fut donne à son très-saint Fils comme si la même main sacrilège eût frappé en même temps et le Fils et la Mère: Pendant tous ces mauvais traitements que le Sauveur subissait, elle imita les saints anges à glorifier et à adorer leur Créateur avec elle, pour réparer les outrages que les pécheurs lui faisaient; et communiquant aux mêmes anges ses profondes et douloureuses réflexions, elle s'entretenait avec eux du triste sujet de sa compassion , de ses amertumes et de ses larmes
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Instruction que la grande Reine de l'univers m'a donnée.
1265. Ma fille, la lumière divine que vous recevez pour connaître les mystères renfermés dans ce que mon très-saint Fils et moi avons souffert pour le genre humain et pour apprécier le peu de retour qu'il nous rend pour tant de bienfaits, vous appelle à de grandes choses. Vous vivez dans une chair mortelle, et par conséquent vous êtes exposée aux mêmes ingratitudes; mais la force de la vérité que vous comprenez, produit souvent en vous des mouvements de surprise, de douleur et de compassion, en raison du peu de réflexion que font les mortels sur de si hautes merveilles, et à la vue des biens qu'ils perdent par leur lâcheté. Or, si vous êtes dans ces sentiments, quelles doivent être les pensées des anges et des saints sur ce sujet? Que dois-je penser moi-même sous les yeux du Seigneur, envoyant le monde et les fidèles dans un état si dangereux et dans un oubli si déplorable, après que mon très-saint Fils a souffert une mort si cruelle, tandis qu'ils peuvent m'invoquer comme leur Mère et leur avocate, et quand son admirable vie et la mienne leur servent d'exemple? Je vous dis en vérité, ma très-chère fille, que mon intercession et les, mérites que je représente au Père éternel de son Fils et du mien, peuvent seuls apaiser sa juste colère, et,empêcher qu'il ne détruise le monde et qu'il ne punisse
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rigoureusement les enfants de l'Église, qui savent la volonté du Seigneur, et ne l'accomplissent point (1). Mais je suis fort indignée d'en trouver si peu qui s'affligent avec moi, et qui consolent mon Fils dans ses peines, comme dit David. (2) Cette insensibilité sera ce qui couvrira d'une plus grande confusion les mauvais chrétiens au jour du jugement; parce qu'ils connaîtront alors avec une douleur irréparable qu'ils ont été non-seulement ingrats, mais inhumains et cruels envers mon très-saint Fils, envers moi et envers eux-mêmes.
1266. Réfléchissez donc, ma fille, à vos obligations, élevez-vous au-dessus de tout ce qui est terrestre et au-dessus de vous-même; car je vous appelle et vous choisis, afin que vous m'imitiez et m'accompagniez là où les créatures me laissent si seule, après tant de faveurs que mon très-saint Fils et moi leur avons faites. Considérez avec toute l'attention dont vous êtes capable combien il en a coûté à mon Seigneur de réconcilier les hommes avec son Père et de leur mériter son amitié (3). Gémissez de ce que tant d'hommes vivent sans y songer, et semblent travailler de toutes leurs forces à détruire et à perdre ce qui a coûté le sang et la mort de Dieu même, ce que je leur ai procuré dès ma conception , et ce que je ne cesse de solliciter et de tâcher d'obtenir pour leur salut. Pleurez amèrement de ce qu'il se trouve dans la sainte Église plusieurs successeurs de ces pontifes
(1) Joan., IV, 25. — (2) Ps. LXVIII, 21. — (3) Colos., I, 22.
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hypocrites et sacrilèges, qui sous prétexte de piété condamnèrent Jésus-Christ; de ce que l'orgueil et beaucoup d'autres grands péchés sont autorisés et applaudis; de ce que l'humilité, la vérité, la justice et les vertus sont opprimées; et de ce qu'il n'y a que la cupidité et que la vanité qui triomphent. Bien peu de personnes connaissent la pauvreté de Jésus-Christ,. bien moins de personnes encore veulent l'embrasser. Les progrès de la sainte foi sont arrêtés par l'ambition excessive des puissants du monde, et chez un grand nombre de catholiques elle est oiseuse et stérile; tout ce qui doit avoir vie est mort, et tout marche à une ruine irréparable. Les conseils de l'Évangile sont oubliés, les préceptes transgressés, la charité presque éteinte. Mon Fils et mon Dieu a présenté ses joues avec une patience et une douceur ineffable pour être frappé (1). Qui est celui qui pardonne une injure pour l'imiter? Au contraire le monde a fait des lois pour se venger, et non-seulement les infidèles, mais aussi les enfants de la foi et de la lumière les pratiquent.
1267. Je veux que, connaissant l'énormité de ces péchés, vous imitiez ce que j'ai fait dans le cours de la passion et durant toute ma vie; car j'exerçais pour tous les hommes tous les actes de vertu contraires aux différents vices. Pour les blasphèmes et les injures que l'on adressait à mon adorable Fils, je le bénissais et le louais; pour les infidélités que l'on pratiquait à son égard, je croyais en lui, et ainsi de toutes les
(1) Thren., III, 30.
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autres offenses. C'est ce que je veux que vous fassiez dans le monde où vous vivez et que vous connaissez. Que l'exemple de Pierre vous fasse fuir aussi les dangers auxquels exposent les créatures; car vous n'êtes pas plus forte que cet apôtre de Jésus-Christ, et si votre fragilité vous fait parfois tomber, pleurez aussitôt comme lui, et ayez recours à mon intercession. Réparez vos fautes journalières par la patience dans les adversités, recevez-les avec joie, sans trouble et sans aucune distinction , quelles qu'elles puissent être; suit les maladies, soit les insultes des créatures, soit les agitations et la lutte des passions que vos ennemis invisibles feront naître dans votre âme (1). Il y a dans tout cela de quoi souffrir, et vous devez vous y résigner avec foi, espérance et magnanimité. Croyez bien qu'il n'y a point d'exercice plus profitable pour l'âme que celui des tribulations ; elles éclairent, détrompent et éloignent le coeur humain des choses terrestres, et le portent au Seigneur, qui vient au-devant de lui; car il habite avec les affligés, il les délivre et les protège (2).

samedi 20 novembre 2010

Irak : l’AED lance une neuvaine à Notre Dame du Perpétuel Secours


S’il-vous-plaît, priez pour nous


« S’il-vous-plaît, priez pour nous. C’est un temps vraiment difficile pour l’Irak actuellement. C’est le chaos. Les gens souffrent tellement de la peur. Il y a de la rage et de la détresse, et ils ne savent pas où se tourner »,
supplie Mgr Bashar Warda, archevêque chaldéen d’Erbil.
Alors prions !
L’AED lance une large neuvaine à Notre Dame du Perpétuel Secours, puisque c’est dans l’église du même nom que le 31 octobre 2010, 2 prêtres, 44 fidèles (chiffre variable selon les sources) ont trouvé la mort, auxquels il faut ajouter de nombreux blessés.
Nous vous proposons de débuter cette neuvaine ce dimanche 21 novembre 2010, puisque nous fêterons le Christ, Roi de l’univers dont Saint Paul dit : « Dieu a voulu que, dans le Christ, toute chose ait son accomplissement total. Il a voulu tout réconcilier par lui et pour lui, sur la terre et dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix. » (Col 1,19-20)
En pénétrant dans l’église, les assaillants ont mitraillé la Croix en se moquant et en disant aux fidèles : « Dîtes-lui de vous sauver ! » Dans l’Evangile de ce dimanche, on retrouve les mêmes paroles dans la bouche d’un des malfaiteurs crucifié en même temps que Jésus : « N’es-tu pas le Messie, sauve-toi toi-même, et nous avec ! »
Ensemble, prions Marie d’intercéder auprès de son Fils, le Christ, Roi de l’univers, pour que l’Irak retrouve la paix.
L’AED propose de commencer la neuvaine le 21 novembre 2010, fête du Christ-Roi.

Prière proposée par l’AED pour la neuvaine à Notre Dame du Perpétuel Secours
,
Donne la paix à la terre d’Irak

Ô Notre Dame du Perpétuel Secours
Nous confions à ton cœur et à ton amour
Le peuple irakien et l’Eglise de cette terre.

Garde-les de toute injustice,
De toute division,
De toute violence et de toute guerre.
Garde-les de la tentation
Et de l’esclavage de la vengeance.
Sois avec eux !

Aide-les à vaincre le doute par la foi,
La peur par la confiance,
La haine par l’amour.

Ô Mère du Christ,
Sois leur réconfort
Et donne force à tous ceux qui souffrent :
Aux persécutés,
Aux réfugiés.

Donne la paix à cette terre divisée
Et à tous, la lumière de l’espérance.

Prière inspirée de Jean-Paul II

vendredi 29 octobre 2010

Le désert

J+M

Je t’emmènerai au désert et là je parlerai à ton cœur (Osée 2:14)


Dans ces lieux que j’habite à présent on n’imagine pas abruptement le désert. Ici tout n’est que verte rotondité, exubérante végétation, troupeaux paissant avec un acharnement paisible de verts pâturages qui eussent parfaitement convenu au Roi David. Loin des steppes castillanes qui, elles, évoquent parfois, par leur démesure et leur lumière une étendue désertique, les monts cantabriques en Espagne sont à la fois féconds et peuplés. Il ne s’agit donc en l’espèce d’une rêverie sur un paysage imprégnant un cœur distrait, mais bien de la contemplation d’une sorte de désert intime.
Cela a été traité à l’infini, je ne m’étendrai pas sur la désolante propension du cœur humain à produire des déserts. A désertifier les labours de la grâce et à dé-forester la capacité de paradis qu’il y en a nous. Les outils de coupe sont inventoriés, la raison (celle que l’on vit brièvement trôner sur nos autels en France pendant la Terreur), la matérialité, l’égoïsme … Comme celui des démons qui se réfugièrent jadis dans tout un troupeau de porcs, leur nom est légion. Mais force est de reconnaître que le désert gagne, il est partout.
Et l’aventure spirituelle ne consiste pas à nier le désert ou à en faire reculer les limites car cela seuls quelques héros en ont le privilège, mais à l’accepter.
Accepter son propre désert d’amour.
Désert intime et ravageant. Nous restons de marbre devant la Croix. Devant une Pietà. Devant le miracle eucharistique. Devant l’infinie souffrance humaine brassée par la vie. Nous justifions tout, acceptons tout. Expliquons tout.
Et peu à peu notre cœur devient un désert où ne pousse aucun fruit de compassion, de partage, de simple solidarité.
Désert liturgique. Accablant silence de nos cœurs faits pour la philocalie et la louange. Rien.

Et soudain, Miracle, Tu es là
Tu opères en nous le vouloir et le faire, et dans nos aridités tu fais couler le fleuve de Ton Cœur Ouvert.
Et la steppe exulte et fleurit, conformément à Ta Parole.
Nos âmes sont couvertes de ta rosée.

Tu es Merveilleux Seigneur !



vendredi 20 août 2010

L’autre rive du pont

Quitter Lisbonne

Période troublée pour l’auteur de ce blog : erratisme, déménagement et peu d’accès à Internet expliquent un long silence. La rentrée prochaine me trouvera en Espagne, et ce seront d’autres images qui viendront alors –Dieu voulant- illustrer les réflexions de ce carnet de bord où s’échouent prières et coups de cœur spirituels.
Dans l’attente, ces dernières journées du mois d’août à Lisbonne sont marquées du sceau de la saudade, cette nostalgie pas forcément triste mais bien imprégnante !
C’est un pas dans la foi, sans que le chemin soit évident qui m’attend. Mais ce pas est décisif, il s’effectue avec la joyeuse certitude qu’Il est là, tous les jours jusqu’à la fin du monde (Mat 28 :20). Le Christ avec nous, dans les rencontres et les joies, dans les séparations et les bourrasques, que la barque tangue ou qu’elle file droit avec le vent en poupe.
La photo qui illustre ce propos résume l’image que j’emporterai de la capitale portugaise, dominée par la statue de Cristo Rei, au bout du pont appelé « 25 avril » devenu pour la circonstance métaphore et même projet de vie.
Il m’a été doux d’habiter une ville surmontée d’une pareille icône, doux de savoir chaque jour que Christ est le vrai et seul pontife, au sens de constructeur de pont, car son Sacrifice nous permet de gagner les rivages de Son Royaume.
Comme sur cette image, la brume ne permet pas de contempler tous les détails du chemin qu’il faut emprunter. Mais la certitude que Jésus attends de l’autre côté du pont est remplie de promesses et rend le pas du pèlerin assuré.
Je souhaite à tous les lecteurs de ces lignes d’approfondir cette réalité pour la rentrée, qu’elle soit précédée ou non d’un de ces grands changements qui nous font progresser sur les chemins de la confiance.
Qu'elle nous prépare au détachement qu’il faudra bien rendre un jour effectif, quand l’autre rive du pont à emprunter ne sera déjà plus de ce monde.

dimanche 4 juillet 2010

Du pain et des roses

 Rainha Santa Isabel, Nós Vos pedimos, Senhor, por intercessão desta Santa Rainha  as graças de que tanto precisamos  em modo particular a paz nos nossos corações e nos nossos lares.
J+M

Une remarque en préalable. Le Portugal, terre d'exil et de voyageurs, a pour saints principaux deux exilés. Ainsi Saint Antoine, lisboète de souche, est connu paradoxalement comme St Antoine de Padoue. Quand à Sainte Elisabeth du Portugal que le pays fête ce jour, elle naquit en Espagne dans la famille royale d’Aragon, devint reine, mère et sainte au Portugal avant de rendre son âme à Dieu sur la route en tentant, comme elle n’avait cessé de la faire, de rétablir la paix dans sa turbulente famille de princes ennemis.
Cette interculturalité chrétienne n’est-elle pas le signe de l’universalité de ceux qui affirment avec Saint Paul “pour nous, notre patrie est dans les cieux” ? (Phil, 3:20) . Elle n’exclut certainement pas l’amour de la patrie terrestre, et ne le dilue en aucun cas dans une globalisation anonyme : être chrétien c’est bien se doter au contraire d’un message universel, que tous peuvent entendre.
C’est pourquoi une Elisabeth qui quitte sa patrie pour aller devenir reine dans un royaume voisin illustre le destin de l' âme. Elle actualise prophétiquement la noblesse de la vocation de tout homme, qui devra un jour quitter ce monde pour régner avec le Roi des rois et lui devenir semblable. A condition d’avoir accepté et reçu l’amour de Dieu, et d’avoir décidé de lui ressembler.
Elisabeth nous montre que cet appel est possible dans tous les états de vie. On se souviens de l’exhortation de saint François : fleuris où tu es semé. Semée dans une famille princière, exposée aux dangers incessants de l’intrigue et de la fortune, elle considéra tout ceci à sa juste valeur pour n’aspirer qu’aux biens du Ciel qu’elle fit fleurir autour d’elle pour ceux qui l’approchaient.

Le prêtre qui ce matin rappelait sa mémoire au Portugal employait un raccourci intéressant : Mère et Sainte, et d’autant plus sainte que mère, et d’autant plus mère que sainte. Tous les états qu’elle a connus ont été en effet autant de tremplins pour s’élancer avec fougue vers le Ciel. Elle qui souhaitait être moniale dut se marier, elle qui souhaitait venir en aide aux pauvres dut lutter contre les exigences de son mari. Amoureuse de la paix, elle dut voir son fils aîné s’opposer à son père, allant jusqu’à prendre les armes contre lui, puis un de ses petits-enfants, prince d’une autre contrée, déclarer la guerre à son pays.

Le pain et les roses sont donc à l’honneur aujourd’hui 4 juillet, intimement associés à la fête de sainte Elisabeth du Portugal dont ce blog a déjà évoqué la figure ici et . Le pain bien sûr puisqu’il représente à juste titre l’alimentation, et par extension ce qui est nécessaire pour vivre. Mais ce n’est pas tout. Même Jésus dira à Satan qui le tente que l’homme ne vit pas seulement de pain. Il y a aussi les roses, tout aussi nécessaires. Les roses qui représentent la nature dans sa beauté, celle qui réjouit les yeux. Elles symbolisent aussi les vertus, lesquelles embaument la vie du croyant comme le font les fleurs.
La fête de ce jour ne dissocie pas le pain et les roses, et c’est tant mieux. Car le don que faisait perpétuellement la reine de sa vie et de sa fortune en venant au secours des nécessiteux ne leur donnait pas seulement de quoi vivre, mais bien aussi une raison de vivre. En voyant leur détresse soulagée, les pauvres pouvaient croire à la vérité de la Bonne Nouvelle du salut. A ce titre, les roses que sainte Elisabeth vit un jour apparaître miraculeusement dans son manteau représentent l’amour dont elle se faisait la messagère, le canal visible. C’était cela sa sainteté à elle, se faire transparente à Dieu pour que les hommes puissent Le voir à l’œuvre à travers ses actions.
On retiendra que cet amour lui fit un jour laver, puis donner un baiser aux plaies d’une malheureuse dont tous s’écartaient du fait de ses ulcères nauséabonds. Ce baiser aussitôt la guérit.

Devenir soi-même pain et devenir soi-même rose, c’est imiter ce que fit le Seigneur dont l’amour est devenu nourriture, capable d’alimenter chaque jour ses fidèles. Le sacrifice sur l’arbre de la Croix au plan symbolique anéantit l’œuvre des ténèbres qui commença elle aussi sous un arbre. Jésus est devenu lui-même le fruit qui pendait de l’arbre de la Croix et dont le corps donné en nourriture à ceux qui l’aiment guérit des morsures du serpent. Et c’est son sang qui a fait fleurir, comme le dit la liturgie, les roses du salut.

Sainte Elisabeth du Portugal, entièrement donnée au Christ au point d’œuvrer les mêmes miracles que lui, fut, elle aussi pain pour son peuple, qu’elle nourrit et à qui elle enseigna par l’exemple d’une vie configurée à celle de Jésus. Le Portugal qui célèbre sa fête par du pain et des roses récapitule donc fidèlement son message à travers deux symboles simples dont la portée est universelle.

mardi 15 juin 2010

Dire oui

J+M


Jésus , Tu as dit Oui de toute éternité
Oui au Père qui T’engendre
Oui à l’Autre, que Tu aimes
Oui au bonheur
Oui à la solidarité
Oui à la vie !

Tu dis Oui aux hommes, et, ce disant, ils sont.
Ils sortent du néant à l’appel de Ton souffle ; nous sommes nés
De Ta parole aimante et pleine de compassion.
Tu nous appelles par un nom connu de Toi seul, un nom ami, qui parle au cœur et le fait frémir.

Qui résisterait à Ta voix ?

Tu as dit Oui, et ce Oui est devenu toute la beauté, toute la lumière et le salut tout entier.

Et nous, nous ne savons rien d’autre que Non.
Non à la vie, à un amour personnel, à un Dieu personnel qui dit Oui, que ta volonté soit faite, ainsi soit-il.
Tout cela décline le Oui que tu dis au Père et qui efface la somme de nos Non, refus menus comme des fourmis ;
Tristes comme des insectes dévorant les récoltes des enfants qui ont faim.

Je veux réapprendre à Te dire oui, moi aussi
Oui dans la lumière
Oui dans le silence des appétits
Oui à l’aventure de Te découvrir chaque matin, à l’intime comme dans la plus vaste des majestés ;
Oui comme Marie qui T’accueille et ouvre à nouveau la porte de l’Antique Jardin.

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Les armes du combat :

Et toutes les promesses de Dieu ont trouvé leur « oui » dans sa personne. Aussi est-ce par le Christ que nous disons « amen », notre « oui », pour la gloire de Dieu.

dimanche 13 juin 2010

Anniversaire

St Antoine. La prêche aux poissons
13 juin


En la fête de Saint Antoine, patron de Lisbonne où je réside encore pour une poignée de semaines, ce blog fête son premier anniversaire. Bilan : une centaine de billets, et surtout une pluie de grâces ininterrompue. Je remercie le Ciel pour tout ce qu’il me donne à travers les frères et sœurs qui me lisent, commentent ou prient avec moi.
La fête du saint lisboète, plus connu comme Saint Antoine de Padoue me rappelle une anecdote :
Saint Antoine prêcha jadis, dit-on, à des hérétiques qui se bouchèrent les oreilles pour ne point l’entendre. Il s’adressa alors aux poissons du port, qui sortirent tous la tête de l’eau pour entendre la prédication du saint homme, donnant ainsi une leçon magistrale aux habitants des lieux.
Internet et la tenue d’un blog actualisent tous les jours ce genre de miracle. Nous, poissons habitués des eaux troubles, nous trouvons parfois au détour de la Toile, d’un clic inattendu, de lumineuses exhortations.
Tel ce lien vers Il est vivant , journal rempli de bonnes nouvelles et de témoignages destiné à un public de jeunes chrétiens ou celui de Cybercuré qui m’a tellement impressionné (le webmestre est un curé autodidacte qui a tout appris d'Internet à 78 ans et ne se sert que de la main gauche). Il reçoit des milliers de visites chaque mois !
Oui, je me sens heureux de remercier Saint Antoine qui associé à cette aventure depuis l’origine, m’a permis comme les poissons de sortir la tête hors de l’eau du quotidien et d’entendre beaucoup de belles paroles.

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Les armes du combat :
D'heureuses paroles jaillissent de mon coeur quand je dis mes poèmes pour le roi d'une langue aussi vive que la plume du scribe !