
J+M
Santa Isabel de Portugal [Zurbarán] 1640,
huile sur toile, 184 x 98 cm Musée du Prado
Parmi tous les privilèges de la sainteté, celui de
pouvoir contempler dès ici-bas la réalité des valeurs éternelles n’est pas le
plus mince. Or c’est ce qu’il advint à Sainte Elisabeth, reine du Portugal et
dont le célèbre miracle des roses donne un exemple frappant (São rosas, senhor....).
Car au fond on pourrait penser qu’en informant son mari sur le contenu de son
tablier, la sainte avait menti, ce qui n’est pas considéré comme une vertu,
bien au contraire. Elle portait, on le sait, des secours pour les nécessiteux.
Or sa réponse "Ce sont des roses, Seigneur"
pour désigner l'argent des aumônes, validée par le Ciel, pose un problème car
elle ne dépeint pas exactement ce qu’elle portait, mais dans un raccourci,
anticipe la réalité future de son geste. Donner à manger à ceux qui ont faim
est certainement une œuvre de miséricorde, qui permet de poser des gestes pour
l’éternité. Leur valeur devient alors éternelle. Les quelques biens matériels
qu’elle avait destinés à cette action sont devenus des roses célestes, plantées
dans un jardin qui n’a pas vocation à se flétrir.
On peut retenir de ce miracle plusieurs choses quoi
nous concernent aujourd’hui et maintenant.
- En premier lieu, la reine est devenue alchimiste par
amour, elle a été capable de transformer de la matière périssable en symbole
immortel. C’est cette alchimie que le chrétien est appelé a effectuer au long
de sa vie et qui est rendue possible par la grâce du baptême, elle est la
noblesse de sa vocation qui fait de lui un prophète, un prêtre et
un roi.
Prophète qui parle au
nom de Dieu, prêtre qui
offre le sacrifice de ses prémices (de sacrum, neutre de sacer « ce qui est sacré
» et facere « faire ; accomplir une cérémonie sacrée. Rendre sacré est
précisément ce qu’a fait Sainte Elisabeth qui a transformé un peu d’or
terrestre en roses immortelles et sacrées, agréables à Dieu).
Roi enfin en sa
qualité de fils du Roi des rois.
- Ensuite elle a été capable d’une acuité spirituelle
extraordinaire, qui lui a permis de reconnaître le Christ dans l’Autre, dans
les pauvres démunis et malodorants qui se traînaient devant son palais, car
c’est bien le Christ qui a opéré le prodige de transmuer en roses les secours
qu’elle portait.
- Enfin, son action a eu une portée exemplaire et
extraordinaire sur son mari, lequel n’ignorait pas ce qu’elle faisait et lui
avait tendu un piège pour la mettre en difficulté.
A n’en point douter, le sire portugais tout pétri de
machisme a dû passer un drôle de moment devant l´évidence de la sainteté de sa
femme alors qu’il s’apprêtait à lui donner une leçon d’économie domestique.
Rebondissement inattendu, mais logique, l’œuvre de charité simple devient spirituelle,
car corriger ceux qui se trompent (sous-entendu avec douceur mais fermeté) est
aussi une des œuvres de miséricorde que le chrétien doit accomplir pour remplir
son propre panier avant de le présenter au Seigneur lors de l’examen
appelé jugement particulier .
La triple portée de cette scène doit nous parler
aujourd’hui.
Les pièges de l’argent, de l’individualisme et de
l’égoïsme sont insidieux mais prégnants. A l’inverse, la vraie noblesse est à
la portée de tous, elle est dans le partage et l’accomplissement de la volonté
de Dieu.
Nous avons tous à anticiper la réalité future de nos
gestes, et avec notre temps, notre argent et nos efforts d’aujourd’hui nous
pouvons planter des roses pour éternité, ce soin n’est pas réservé aux
princesses.
Roses de prières et roses de sacrifices, roses
d’aumônes et roses de miséricorde. Aujourd’hui comme hier le pauvre est à nos
portes et a faim, qu’il soit pauvre de pain ou pauvre d’estime de soi, pire
encore, pauvre au point d’avoir oublié la noblesse de sa vocation et ne savoir
ni qu’il est fils de Dieu, ni même qu’il y a un Dieu.
La gloire du chrétien c’est sa rapidité à lui apporter
secours en lui montrant Dieu essentiellement à travers sa propre manière de
dire Dieu, c'est à dire en agissant avant tout par amour, en donnant l’exemple
du pardon et de la générosité.
En ces jours de novembre, il y a aussi une pauvreté à
soulager, ce sont les besoins des âmes du Purgatoire.
Âmes paradoxales, si pauvres qu’elles ne peuvent plus
rien faire pour elles-mêmes, si riches d’avoir déjà la certitude (que nous
n'avons pas) qu’elles seront un jour avec Dieu.
A l’exemple de sainte Elisabeth du Portugal, soyons
généreux avec elles, même – et surtout – si nous n’avons que quelques miettes à
offrir. Souvenons-nous de la multiplication des pains faite par le Seigneur.
Elle ne s’est pas faite ex nihilo, mais à partir du goûter qu’un
enfant a mis à la disposition du groupe des apôtres, un peu de pain et de
poisson.
Ces miettes serviront, après avoir été bénies par le
Seigneur, à alimenter une foule de 5000 hommes.
Si nous donnons au Seigneur une miette pour les âmes,
Lui il agira. Et nous aurons la joie insigne d’avoir contribué à l’arrivée au
Ciel de ceux qui nous ont fait arriver sur terre, ancêtres, amis, parents,
bienfaiteurs défunts.
Idées solidaire nº14 :
Apporter des miettes à
Dieu pour la foule des défunts, sachant qu’Il les multipliera.
Miette de temps : réciter une dizaine de chapelet, dire une courte prière en passant devant un cimetière…
Miette d’argent : faire dire une messe (17 € dans les diocèses de France), donner une aumône, répondre à une sollicitation pour une ONG ….
Miette de solidarité : poser un geste de miséricorde pour les âmes, qui peut aussi n'être que ce que qu’une simple écoute généreuse des souffrances d’un(e) importun(e)…
Il y a des tas de miettes qui ne demandent qu’à être bénies par Dieu, à nous de les trouver. Petit à petit nous apprendrons à donner de plus en plus, nous savons qu'un jour où il faudra bien tout Lui remettre, alors autant s'entraîner.
Miette de temps : réciter une dizaine de chapelet, dire une courte prière en passant devant un cimetière…
Miette d’argent : faire dire une messe (17 € dans les diocèses de France), donner une aumône, répondre à une sollicitation pour une ONG ….
Miette de solidarité : poser un geste de miséricorde pour les âmes, qui peut aussi n'être que ce que qu’une simple écoute généreuse des souffrances d’un(e) importun(e)…
Il y a des tas de miettes qui ne demandent qu’à être bénies par Dieu, à nous de les trouver. Petit à petit nous apprendrons à donner de plus en plus, nous savons qu'un jour où il faudra bien tout Lui remettre, alors autant s'entraîner.
Marc 6:41-42
Il prit les cinq pains et les deux poissons et, levant
les yeux vers le ciel, il rendit grâces. Puis, il rompit les pains, et les
donna aux disciples, afin qu'ils les distribuassent à la foule. Il partagea
aussi les deux poissons entre tous. Tous mangèrent et furent rassasiés,
Mat 25:40
Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous
avez fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que
vous les avez faites.
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