
C’était je crois un Guillemot de Troïl. Un oiseau de
mer d’ordinaire farouche aperçu de loin et surtout connu par les planches des
livres qui tapissaient ma chambre quand j’avais 20 ans et que la passion de
l’ornithologie m’habitait. Mais là il était bien vivant, incongru dans cet
enchevêtrement de planches et de cordes rejetées avec la laisse de la nuit. Son
aspect était pathétique et mouillé. Oui mouillé, ce qui est tout de même
étonnant chez ces oiseaux qui toujours hantent l’eau mais en sont protégés par
une combinaison étanche faite de plumes et de secrétions grasses dont ils
s’enduisent abondamment. Il y avait dans son apparence un je ne sais quoi
d’indifférent à l’homme qui m’alerta. Je m’en approchai il ne s’envola pas : il
était mazouté et ne pouvait plus bouger.
Je le pris dans mes mains, m’étonnai de sa légèreté et
partis un peu tremblant en quête d’un centre de secours pour oiseaux, ce qui
n’est pas chose aisée. L’animal avait était complètement frigorifié, il
semblait avoir jeûné au-delà de ses forces et sa maigreur avait quelque chose
d’improbable.
Le mazout avait fait de son plumage une masse compacte
et répugnante.
Visqueuses et froides, comme une sorte de feutre
imbibé d’huile ses plumes le minéralisaient, lui faisaient perdre sa qualité
d’animal à sang chaud. Elles étaient devenues ses pires ennemies, il aurait
fallu les arracher pour rendre à sa chair un aspect vivant.
Bien sûr aucun centre n’en voulait, après la récente marée
noire les capacités d’intervention s’étaient épuisées. Je tentais de le tirer
d’affaire tout seul et le mis sous la douche avec du liquide vaisselle plein
les plumes. Rien n’y fait, il fallait de toute évidence pour le débarrasser de
cette pollution un solvant bien plus efficace que celui que j’avais à la
maison.
Entouré dans une serviette l’oiseau fut finalement
conduit dans un centre dépendant de la faculté des sciences du musée maritime.
Il fut pris en charge par une personne très
sympathique qui l’introduisit dans une sorte de lave-vaisselle dont seule sa tête
émergeait. Elle m’en expliqua le fonctionnement et la difficulté, j’en fus
étonné.
L’effort pour enlever la crasse chimique tombée sur
cet oiseau est considérable et sans cette intervention il était absolument
impossible que le guillemot s’en sorte.
Je me souviens en ce moment de cette histoire par
analogie, bien sûr. Nous avons du mal à comprendre les affaires de la vie
spirituelle, et les comparaisons intelligibles sont les bienvenues. L’oiseau
représente nos âmes, le mazout c’est le péché (le mien, le tien, celui du
monde).
Le purgatoire c’est la machine qui lave et rend à la
vie les pauvres âmes mazoutées, qui peuvent alors reprendre leur essor vers
l’infini de Dieu, figuré par l’océan. La seul solvant pour enlever les péchés
ce n’est ni le liquide vaisselle, ni un vague repentir, c’est le sang du Christ
intégralement versé pour chacun d’entre nous.
Les Armes du combat :
He 9 : 14 combien plus le sang de Christ, qui,
par un esprit éternel, s'est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il
votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant !
Idée solidaire nº 17 :
Offrir à Dieu le sang du Christ pour les âmes du
Purgatoire, selon la formule de la sainte d’Helfta (voir le précédent billet) et
particulièrement à la messe pendant l’Offertoire.
- La prière de l’ange enseignée à Fátima :
Très Sainte Trinité,
Père, Fils et Saint-Esprit,
je Vous adore profondément
et je Vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ
présent dans tous les tabernacles du monde,
en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences
par lesquels il est Lui-même offensé.
Par les mérites infinis de Son Très Saint-Cœur
et du Cœur Immaculé de Marie,
je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs.
Père, Fils et Saint-Esprit,
je Vous adore profondément
et je Vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ
présent dans tous les tabernacles du monde,
en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences
par lesquels il est Lui-même offensé.
Par les mérites infinis de Son Très Saint-Cœur
et du Cœur Immaculé de Marie,
je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs.
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