
J+M
Après le terrible choc de la semaine
passée, les angoisses et les interrogations, les pourquoi? de toute espèce qui
fusent au cœur, voici, peu à peu, et très lentement, le temps de quelques
réponses de Dieu qui, comme toujours, parle à l’intime et sans fracas. Comme
Élie sur le Carmel, nous savons que Dieu n’est pas dans le tremblement de Terre, mais bien dans le “murmure doux et léger, le bruit d’un léger silence”.
(I Rois 19 12)
Ce silence est nécessaire pour pouvoir
regarder dans la foi ce qui s’est passé dans l’île martyre et y discerner
malgré nos épaisseurs les signes subtils de la réponse de notre Dieu à la
violence des éléments.
La première interrogation c’est
l’antique question prophétique, reflet d’une angoisse congénitale devant la
destinée, le triomphe du Mal ou la souffrance des petits : le bras de Dieu est-il devenu trop court?
Clairement, la réponse est non. Nous
ne savons ni les tenants ni les aboutissants de ce drame, mais nous avons les
éléments qu’il faut pour le regarder dans la foi , certains que Dieu ne permet
le mal et la souffrance qu’à la condition expresse de pouvoir en retirer un bien supérieur. (Rom 8 : 28)
Ce bien supérieur existe heureusement
dans l’ océan de souffrance dans lequel est plongé le peuple haïtien, on y
trouvera dans la foi des éléments qui permettent de glorifier le Seigneur.
Ainsi la dignité et la solidarité du
peuple haïtien. Meurtri, ce peuple se reconstruit, pleure ses morts et avance
pour sa survie. On a signalé des actes de banditisme, et on les a stigmatisés
depuis nos salons européens, sans chercher à savoir quelle en est l’origine ni
au nom de quoi on s’érigerait en juges du malheur d’autrui. Il y a du
banditisme partout, il est toujours marginal. Devant ce grand fleuve qui
charrie de la boue et de l’or, comme le poète, préférons regarder l’or qui
représente le dynamisme et la solidarité des habitants de l’île.
En gardant humblement à l’esprit que
dans des circonstances moins difficiles, beaucoup d’entre nous seraient peut-être
prêts à s’entretuer pour moins encore qu’un peu de pain et d’eau pour leurs
enfants.
Les catholiques ont été frappés de
voir que l’archevêque est mort avec les 50 ou 100 000 mille haïtiens qui se
sont retrouvés soudain devant le tribunal du Christ. D’un point de vue spirituel,
on devine que le pasteur est allé avec son troupeau au-delà de la vallée de
l’ombre vers la Bergerie éternelle du cœur de Dieu. Ils ont payé de leur sang
le droit à l’attention internationale sur leur pays qui leur était le plus
souvent refusée par nous.
L’immense solidarité internationale qui
se déploie à présent est un défi, dans le village virtuel dans lequel nous
habitons, pour chacun d’entre nous. La souffrance de nos frères ne concerne pas
seulement les États et la Croix Rouge, mais qu’elle nous invite tous à une
réponse, et une réponse généreuse. Jésus a loué l’obole de veuve qui apportait
au Temple l’offrande de son nécessaire, il nous appartient d’agir de même, et
d’apporter généreusement à la reconstruction de Son Corps en Haïti (infiniment
plus précieux que tous les Temples) le fruit de nos efforts et de notre
solidarité.
Nous retrouverons ces martyrs des
forces telluriques le jour du jugement dernier, et Jésus aura leur visage pour
nous dire : j’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et
vous m’avez donné à boire.
Je suis sûr que Dieu a permis cette
souffrance pour révéler au monde qu’il est aux côtés de chaque enfant haïtien
qui cherche ses parents, de chaque parent haïtien qui cherche ses enfants comme
jadis Rachel "Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas qu'on la
console" (Mt 2, 18).
Car aussi profondément que l’homme
souffre, il a toujours été précédé par un Dieu qui s’est fait aimant et
vulnérable. Aujourd’hui il nous revient de consoler Dieu en Haïti, essayons de
ne pas rater ce rendez-vous.
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Les armes du Combat :
1 Rois : 19 11-13
Et voici, l'Eternel passa. Et devant
l'Eternel, il y eut un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et
brisait les rochers : l'Eternel n'était pas dans le vent. Et après le vent, ce
fut un tremblement de terre: l'Eternel n'était pas dans le tremblement de
terre. Et après le tremblement de terre, un feu : l'Eternel n'était pas dans le
feu. Et après le feu, un murmure doux et léger. Quand Elie l'entendit, il
s'enveloppa le visage de son manteau, il sortit et se tint à l'entrée de la
caverne.
Mt 25 : 35
Car j'ai eu faim et vous m'avez donné
à manger, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire, j'étais un étranger et
vous m'avez accueilli.
Luc 21 : 4
En vérité, je vous le dis : cette
pauvre veuve a mis plus que tout le monde. Car tous ceux-là ont pris sur leur
superflu pour faire leur offrande, mais elle, elle a pris sur son indigence :
elle a donné tout ce qu’elle avait pour vivre.
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Solidaires avec l’AED (Aide à l’Église en Détresse)
Solidaires avec l’AED (Aide à l’Église en Détresse)
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