
De la poussière il relève le faible,
il retire le pauvre de la cendre
pour qu'il siège parmi les princes (Ps 112 : 7)
Le carême est cette
période privilégiée où nous pouvons, par la médiation, la prière, l’aumône,
secouer la poussière qui nous colle à l’âme avec l’aide de Dieu. Nous y sommes
tombés tous solidairement avec Adam, qui était argile animée par le Souffle de
Dieu, et par sa chute a vu le pourcentage de poussière de son être croître dans
des proportions alarmantes. Mais aussitôt que l’homme tomba, Dieu lui fit la
promesse de son relèvement.
Le psaume 112 célèbre cette promesse
et donne des détails passionnants, à lire sur plusieurs niveaux, polyphonie
harmonieuse et paisible où s’entendent les voix de la terre, du Ciel, et du
dessein de Dieu.
Le premier sens est littéral : l’homme
est le faible par excellence, celui qui, mû par la force de la gravité, est
toujours est attiré par le bas, la poussière, la terre d’où il fut tiré. Dieu,
inlassablement, l’aime, ce qui lui permet, s’il en a le souhait, de se relever.
A nouveau debout il peut retrouver la position de prière, les bras tendus vers
le Ciel qui sera, il le sait malgré ses débilités, sa patrie pour toujours.
C’est là qu’il siègera parmi les princes, les « premiers » au sens strict,
c’est à dire les anges, créés avant l’homme, et surtout avec le Prince de paix,
le Roi des Rois, Jésus Christ Notre Seigneur.
Dans une perspective mystique on
trouvera encore bien des beautés - sources d’émerveillement -dans ces versets.
En ces jours de mars, on se souvient
de Joseph, charpentier de Nazareth, que l’Evangile mentionne comme un
descendant de David en Mat 1 : 16 : Jacob engendra Joseph,
l'époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ.
Joseph et Marie, de la lignée de
David, le roi-prophète étaient des princes. Leur compagnie est quotidienne pour
le croyant par la prière et la contemplation. Marie nous donne accès à Jésus
autant de fois que nous le lui demandons, elle nous Le donne en nous disant
comme à Cana « Faites tout ce qu’Il vous dira » (Jean 2, 5).
Ainsi, sans mystères ni miracles tonitruants, nous nous retrouvons dans le
Royaume dès cette vie, siégeant au milieu des princes, redevenus princes nous-mêmes
après avoir retrouvé notre noblesse, nous qui sommes fils de Dieu et non pas du
Néant, de l’évolution absurde et aveugle ou du hasard.
On trouvera encore dans la voix
liturgique des résonances de ces versets : de la poussière de son péché, triste
flamme bien vite éteinte qui ne laisse que cendre et mort, l’homme est relevé
par la main bienveillante de Dieu et sa propre volonté qui sait que Dieu n’est
que pardon, pour être placé dans la compagnie des princes. Ce miracle
intervient pour le chrétien autant de fois qu’il assiste à l’eucharistie. C'est
le lieu où sa condition finie devient infinie en Dieu qui l’admet à son
sacrifice en présence de la Cour céleste. Tout entière émerveillée, elle
assiste à ce don capable de redire au Père dans les mêmes termes
l’offrande totale du Fils à la Croix.
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