
Ce 13 mai revêt une triple importance
pour le chrétien du Portugal et du monde entier (c’est ça l’avantage d’être
catholique, c’est à dire universel).
En
effet trois fêtes confluent ce jour, illuminant la méditation dans une nette
perspective de réjouissance. Elles ont un point commun : blancheur et
élévation.
La
première est la fête liturgique de l’Ascension.
En
toute rigueur, si l’on s’en tient à une lecture superficielle du fait de
l’Ascension, on pourrait imaginer que c’est un événement triste, puisqu’il
marque une rupture dans la présence physique et visible de Dieu sur nos chemins.
Mais si l’on y regarde de plus près il n’y a aucune raison de refuser la joie
qui sourd des promesse faites par le Seigneur lui-même qui nous assure avant de
monter rejoindre son Père et le nôtre, cf Jean 20 :17) qu’il est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde.
Nous
sommes contemporains du Christ au même titre que ceux qui le virent sous sa
forme humaine il y a vingt siècles, Il est dans notre vie, palpable par la foi
et l’amour tout comme il le fut jadis en Palestine, et sans doute même plus,
car la communion Le rend encore plus proche qu’Il ne l’était à ses disciples et
amis. Le Christ qui affirme qu’Il est avec nous ne ment pas, il faut simplement
L’accueillir et l’aimer à l’intime de soi pour découvrir la vie qu’Il veut nous
donner, comme l’ont reçue les éclopés de la vie et de la grâce qu’Il soignait
sur les routes de la terre sainte.
L’Ascension
démultiplie donc si l’on peut s’exprimer ainsi les grâces que Jésus accorde aux
hommes, car elle Lui restitue sa vraie stature de Fils de Dieu sans le
dépouiller de sa condition d’homme. Homme et Dieu, Il est doublement attentif
aux hommes non encore divinisés par Lui. Avec une double pitié Il se rapproche
de nous, joignant à Sa puissance au sein même de la Trinité une perception
humaine et solidaire de nos besoins.
Première élévation donc, celle du Christ montant vers son
Père et notre Père, nous ouvrant le chemin des cieux et nous
attirant dans son sillage.
Deuxième
tableau à méditer en ce grand jour de fête, celui de la lande de Fatima au
centre du Portugal.
Il
y a 93 ans, un 13 mai comme aujourd’hui Marie est venue dans l’histoire des
hommes parler à des enfants. Elle leur a indiqué un chemin qui passe par la
joie, le sacrifice et la solidarité avec les hommes, tous les hommes, y compris
ceux qui refusent l’idée même de Dieu ou celle de la rédemption. Les enfants
l’ont compris et admis, et sous la tutelle maternelle de Marie, ont gravi le
chemin de l’héroïsme avant l’âge de 10 ans.
A
ce jour, deux de ces trois enfants (Jacinthe et François) ont été inscrits sur
le livre des saints et la troisième, Lucie, qui devait décéder à l’âge de 97
ans au printemps 2005 figurera sans doute un jour à leur côté mais en condition
d’adulte.
Retenons
de cette date anniversaire du 13 mai que Marie, messagère de Dieu, intervient
dans notre histoire au même titre que Jésus, pour nous élever et nous arracher
à la succion de la boue, si l’on veut bien considérer que le péché est un
enlisement dans des sables mouvants.
Son
message à trois enfants très jeunes ni particulièrement disposés ni
particulièrement instruits en a fait des saints à une vitesse fulgurante tout
en les remplissant de la plus belle des sollicitudes pour le genre humain : en
effet ils n’ont jamais cessé de prier et de s’offrir pour les pécheurs.
Marie
les a donc conduits très haut sans les déconnecter aucunement de la vie et de
la condition humaine. Lucie a pris une autre voie mais sa solidarité
personnelle s’est exprimée au moyen d’une vie de carmélite vivant dans l’oblation et l’intercession.
La
hauteur à laquelle sont parvenus les enfants de Fatima là encore nous concerne
tous, car elle indique un jalon sur notre propre parcours d’hommes qui ne
peuvent en aucune façon s’élever sans les autres ou déconnectés des autres.
C’est le désir de partager les grâces venues d’En Haut et la sollicitude pour
les pécheurs (les enfants ont eu la révélation de l’enfer, ce qui les a rempli
de compassion pour les âmes qui risquaient d’y tomber) qui a fait de ces trois
jeunes portugais du début du XXº siècle des référents pour notre époque.
Fatima
est devenu le lieu ou Marie parle au monde actuel, où elle annonce la victoire
de son Cœur Immaculé.
C’est
donc un lieu où le Ciel se fait proche, où plus exactement la distance entre le
Ciel et la terre apparaît dans sa vérité : elle est infime, le simple battement
amoureux d’un cœur en réponse à l’amour de Dieu peut admettre en sa présence
selon la promesse du Christ.
On
comprend pourquoi le pape a tenu à s’y rendre. Où mieux qu’à Fatima (ou plus de
500 000 personnes l'ont acclamé et suivi tout ce jour) peut-il parler de la
proximité du Ciel et de la joie du salut ? Cette journée du 13 mai invite toute
la catholicité à s’élever vers Dieu en se laissant porter par l’ascenseur
céleste inauguré par Jésus Christ, monté vers son Père et Notre Père, pour
inscrire notre nom dans le livre des Cieux et nous revêtir par avance d’un
vêtement de fête dépassant en blancheur tout ce que nous pouvons imaginer ou
rêver.
par contre, vous n'avez pas pu aller à Fatima, mais j'imagine que tu as suivi l'événement avec ferveur... tes propos le prouvent
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