
Je reste sur l'image de l'arbre qui
jaillit peu à peu du néant en obéissant à Ta voix, Seigneur,
Ta voix qui lui ordonnant de pousser, il
T'écoute et croît. Il sculpte le vide, le rien, en occupant, atome après atome,
cet espace que tu lui assignes pour vivre.
De quoi est-il fait ?
D’un peu de carbone et de soleil.
Un mélange étonnement proche du nôtre.
J’aimerais planter pour Toi, divin
Jardinier, un arbre à prières dans ma vie.
Chaque instant un peu de molécules
d’amour puisées à ton soleil, à celui de ton cœur, pour pousser là où tu m’as
semé Seigneur, divin Jardinier.
Créer dans le rien (ce que je suis) un
espace qui soit à Toi, en recevant la force de le faire de ton Tout.
Mes molécules ? La vie qui vient de
Toi. Aussi je veux en retour Te donner à chaque instant ma carcasse. Puisque je
reçois de Toi la vie, puisque Ton souffle forme, informe, trans-forme ma sciure menue et sans beauté, et lui donne
sans cesse sa sève et sa grâce. Merci Jardinier divin.
L’arbre me conduit à tout le règne
végétal.
Ta parole nous compare, non sans
raison, à une touffe d’herbe aussitôt flétrie que poussée
L'herbe se dessèche, la fleur se flétrit,
quand le souffle de Yahweh passe sur elle. Oui, l'homme est comme l'herbe (Isaïe, 40:7)
Mais l’herbe est aussi une merveille
Seigneur.
Face à la dureté du minéral, à
l’aridité d’un paysage sans la miséricorde d’une ombre sous laquelle se glisser
un instant, la plus petite herbe est un miracle, elle qui fore la dureté du sol
pour en tirer le trésor inouï d’un peu de sucre, de cellulose et de
chlorophylle.
(au fait ce miracle si universel et si
quotidien n’a pas encore été décrypté par la pompeuse et arrogante science,
cette idole.
Il n'a pas encore été reproduit en
laboratoire, alors que la plus petite feuille le fait à chaque instant).
Humble médiation de l’herbe qui s’offre pour la vie, la foison de vie qui T’obéit et pousse à ton commandement.
Humble médiation de l’herbe qui s’offre pour la vie, la foison de vie qui T’obéit et pousse à ton commandement.
Insectes, oiseaux, quadrupèdes, tous
vivent de l’herbe, qui surgit du sol avec grâce pour écrire une partition
stupéfiante de vie
Ce qui fait que je suis heureux de
n’être guère plus qu’un peu d’herbe si je t’obéis
Si je sers à assouvir la faim de ceux
qui Te cherchent et ne Te trouvent pas
Si j’offre un peu de fraîcheur à mes
frères altérés, un peu de suavité dans l’enfer minéral de ceux qui nient la vie
ou la réduisent à une obscure équation.
Je ne crains pas ton souffle, Divin
Jardinier, mais je l'attends de tout cœur.
Il est mon seul espoir et mon seul
désir
Car c'est pour Toi que je suis planté.
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