mardi 23 juin 2009

Un peu d'herbe

Chêne liège, Alentejo, avril 2009

Je reste sur l'image de l'arbre qui jaillit peu à peu du néant en obéissant à Ta voix, Seigneur,
Ta voix qui lui ordonnant de pousser, il T'écoute et croît. Il sculpte le vide, le rien, en occupant, atome après atome, cet espace que tu lui assignes pour vivre.
De quoi est-il fait ?
D’un peu de carbone et de soleil.
Un mélange étonnement proche du nôtre.

J’aimerais planter pour Toi, divin Jardinier, un arbre à prières dans ma vie.
Chaque instant un peu de molécules d’amour puisées à ton soleil, à celui de ton cœur, pour pousser là où tu m’as semé Seigneur, divin Jardinier.
Créer dans le rien (ce que je suis) un espace qui soit à Toi, en recevant la force de le faire de ton Tout.
Mes molécules ? La vie qui vient de Toi. Aussi je veux en retour Te donner à chaque instant ma carcasse. Puisque je reçois de Toi la vie, puisque Ton souffle forme, informe, trans-forme  ma sciure menue et sans beauté, et lui donne sans cesse sa sève et sa grâce. Merci Jardinier divin.
L’arbre me conduit à tout le règne végétal.
Ta parole nous compare, non sans raison, à une touffe d’herbe aussitôt flétrie que poussée
Mais l’herbe est aussi une merveille Seigneur.
Face à la dureté du minéral, à l’aridité d’un paysage sans la miséricorde d’une ombre sous laquelle se glisser un instant, la plus petite herbe est un miracle, elle qui fore la dureté du sol pour en tirer le trésor inouï d’un peu de sucre, de cellulose et de chlorophylle.
(au fait ce miracle si universel et si quotidien n’a pas encore été décrypté par la pompeuse et arrogante science, cette idole.
Il n'a pas encore été reproduit en laboratoire, alors que la plus petite feuille le fait à chaque instant).
Humble médiation de l’herbe qui s’offre pour la vie, la foison de vie qui T’obéit et pousse à ton commandement.
Insectes, oiseaux, quadrupèdes, tous vivent de l’herbe, qui surgit du sol avec grâce pour écrire une partition stupéfiante de vie
Ce qui fait que je suis heureux de n’être guère plus qu’un peu d’herbe si je t’obéis
Si je sers à assouvir la faim de ceux qui Te cherchent et ne Te trouvent pas
Si j’offre un peu de fraîcheur à mes frères altérés, un peu de suavité dans l’enfer minéral de ceux qui nient la vie ou la réduisent à une obscure équation.

Je ne crains pas ton souffle, Divin Jardinier, mais je l'attends de tout cœur.
Il est mon seul espoir et mon seul désir

Car c'est pour Toi que je suis planté.

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