vendredi 18 septembre 2009

Dolores, Lola, Lolita

la Présentation de Jésus au Temple
J + M
J’ai été étonné la semaine dernière lors d’une rencontre à Lisbonne en voyant que la personne qui se présentait, Maria das Dores (Marie des Douleurs), s’était crue obligée de préciser aussitôt : un nom horrible n’est-ce pas ?
Peu de temps après ce fut la fête liturgique de Notre Dame des Douleurs (15 septembre) et je me suis souvenu de cette réflexion un peu honteuse de l’amie portugaise.
Le contexte de travail dans lequel je me trouvais alors ne m’a pas permis de le préciser formellement, mais, loin de trouver horrible ce nom, je l’associe dans mon cœur à des mystères si majestueux et remplis de beauté qu’il en perd sa dimension originale un peu effrayante.
Je me souviens de l’évangile de St Luc qui relate de façon très vivante la première mention du glaive qui devait traverser le Cœur de Marie. Or c’est une scène gaie, celle où l’on voit deux jeunes parents doublement heureux et honorés, car ils présentent au Temple, c’est à dire à la Résidence Officielle du Très Haut sur terre dans la conception hébraïque qui avait alors cours, un fils premier né (premier honneur), que tous deux savent être Fils de Dieu et Messie (honneur infiniment plus admirable). La modestie qui a entouré la vie terrestre du Christ était également de mise au temple, et personne ne semble avoir observé dans la hiérarchie de l’Institution quel illustre enfant venait humblement chez son Père. Les textes sacrés ne mentionnent aucune émotion particulière si ce n’est celle de deux anciens, deux personnes très âgées dont l’acuité spirituelle ne fut pas prise en défaut : la prophétesse Anne et le vieillard Siméon. Les paroles de ravissement de ce dernier illuminent à présent la liturgie de l’office du Soir (Complies); ceux qui le prient y trouvent force et paix.
Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s'en aller en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples,1umière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël.
(Luc 2, 29-32)
Il ajouta à l’adresse de Marie : « et à toi-même une épée te transpercera l'âme, afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées ». (Luc 2, 35)
Cette épée annonce bien sûr la Passion, qui est notre Relèvement après la Chute. Marie aussi se trouvait alors avec Jésus, environ trente ans après ce jour heureux de la Présentation. Lors de cet épisode ô combien primordial, là aussi l’acuité du grand nombre est prise en défaut, et personne ne reconnaît dans le Condamné le Fils de Dieu hormis une poignée de héros, ou plutôt d’héroïnes car pour la plupart ce sont des femmes.
La Douleur majuscule de Marie est féconde. Elle naît de la solidarité avec son enfant, le fruit de son sein, lorsqu’il est broyé de façon indicible, non tant par l’exécution publique et infamante à laquelle il avait accepté de se soumettre que par la haine de ceux qu’il était venu sauver.
Sa Douleur est associée par le récit évangélique à son enfantement spirituel, car c’est au pied de la Croix qu’elle reçoit, en Saint jean, tous les hommes comme ses enfants. Ainsi, tandis que Jésus, qu’Isaïe appelait Père du Monde à venir (ou Père éternel) accomplissait parfaitement la prophétie qui le décrivait et pendant qu’il nous fsaiait naître à l’Eternité, Marie aux pieds de la Croix nous engendrait à la vie de la grâce par sa maternité spirituelle. Le nouvel Adam et la nouvelle Eve donnaient des Fils au Très Haut.
C’est pourquoi ce vocable Marie des Douleurs, qui a donné le prénom de Dolores en Espagne (et son diminutif Lola avec tous ses dérivés) ainsi que Dores au Portugal traduit-il le sûr instinct des baptisés qui confiaient leurs filles dès leur plus jeune âge à la plus grande héroïne de tous les temps, Marie, intimement associée au Christ. Comment ne pas aimer ce prénom qui porte l’estampille de notre Passeport de citoyens des Cieux ?
Félicitations à toutes les Dolores, Lola, Lolita et Dores à quelques jours de leur fête.
Maria das Dores, Dolores, prie pour nous pécheurs. Toi, mère de Dieu et notre mère, fais-nous naître à la vie divine ! Amen
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Les armes du combat :
Philippiens, 6, 20
Pour nous, nous sommes citoyens des cieux.
Luc 2, 29
Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s'en aller en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples, lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël.

Isaïe, 9, 6
Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et l'empire est mis sur son épaule : on l'appellera l'Admirable, le Conseiller, le Dieu fort, le Père d'éternité, le Prince de la paix.

1 commentaire:

  1. Un prénom peu porté en France où le dolorisme lié à son sens nous échappe un peu... voire nous rebute ! merci de tes éclaircissements qui adoucissent cette impression !

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