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Cathédrale de Saragosse La Création d'Adam (Détail) |
Carême, 2º jour
Choisir d’être au désert avec Jésus
qui y prend des forces, c’est se préparer avec Lui à entrer dans une mission à
laquelle notre condition d’humains nous prédestine. Tout à la joie de la
contemplation de l’Esprit de Dieu en train de nous créer, il nous faudra aller
plus avant, et passer ainsi de la contemplation à l’adoration, car c’est cette
démarche qui nous fait grandir et devenir l’homme que Dieu pétrit chaque jour
par l’action délicate de ses mains, action que certains appellent providence.
On
a eu l’occasion sur ce blog d’évoquer la notion d’hypostasie, et on ne s’est
pas effarouché de ce mot peu courant mais bien utile pour exprimer la
juxtaposition de deux natures, celle de Dieu et celle de l’homme. Il concerne
la double nature de Jésus Christ, vrai Dieu et vrai Homme.
Or
ce remarquable privilège n’est-il pas déjà préfiguré dans la création d’Adam ?
En
effet dans le baiser que reçoit la terre et qui anime l’homme -au sens strict,
en lui donnant une âme- la nature divine et la nature humaine sont intimement
liées dans un élan d’amour.
La
reconnaissance filiale que devrait donc éprouver tout être humain au souvenir
de sa création a été gravement blessée par le péché originel, on le sait. Et
pourtant nous sommes toujours bel et bien appelés à devenir porteurs de
Dieu, unis à Dieu, et la vie éternelle que nous attendons n’est rien
d’autre qu’une restauration de cet élan hypostasique.
Bonne
nouvelle : l’image et la ressemblance que Dieu a désiré inscrire en
chaque être humain deviennent effectives dans le Christ qui les porte
parfaitement et nous les restitue. En quelque sorte, le Christ est ce
baiser d’amour de Dieu pour chaque homme qui nous rend notre liberté et notre
vocation à être porteurs de cette double nature.
Au
désert Christ se prépare à cette immense restauration car c’est en Lui que
chaque homme renaît. Lui qui est l’amour de Dieu, il se fait le
baiser créateur de Dieu pour chacun de nous. Et nous, sans lui nous ne serions
qu’une terre rendue inanimée par le péché, le refus ou la simple ignorance.
Enfin
si en toute rigueur la création eut lieu au Jardin, c’est souvent au désert que
nous trouvons Dieu pour être par lui recréés.
Il
y a toutes sortes de déserts et notre monde ne semble pas se lasser d’en
produire de nouveaux, comme ces déserts urbains où les sourires sont si rares
et les contraintes si fortes, ces déserts des campagnes déshumanisées et donc
dédivinisées où les portes des églises sont fermées et les gens ne se
connaissent plus, voire même ces désert des foyers où s’entassent des biens de
consommation et se raréfient les signes de piété et d’amour.
Par
chance, tout désert est propice au face à face avec ce Dieu qui nous aime d’un
tel amour.
Moïse
y a jadis rencontré un buisson ardent qui disait Dieu, définissant très
nettement le pacte hypostasique : de même que le feu, -divin-, ne consume pas
le buisson -terrestre- l’arrivée et l’installation de Dieu dans nos cœurs loin
de les consumer leur restitue leur vraie dimension.
Cette
règle est valable pour toute l’humanité : c’est dans nos déserts personnels,
intimes, ces lieux où nous nous dépouillons de nos certitudes et de nos pauvres
boussoles folles qui n’indiquent jamais le bon Nord, ces lieux de solitude et
d’errance mais aussi de disponibilité que nous avons le plus de chance de
trouver Dieu.
2º rose du désert :
je veux l'attirer et la conduire au désert, et je parlerai à son cœur.
faire de nos vies un lieu plein d'amour pour y fuir les déserts que tu évoques...
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